«Monsieur TPS» radié de l’Ordre des ingénieurs pour cinq ans

Gilles Surprenant a été reconnu coupable d'avoir contrevenu à six articles du Code de déontologie des ingénieurs et à un article du Code des professions.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Gilles Surprenant a été reconnu coupable d'avoir contrevenu à six articles du Code de déontologie des ingénieurs et à un article du Code des professions.

L’ex-ingénieur de la Ville de Montréal Gilles Surprenant a été radié pour cinq ans de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Surnommé « Monsieur TPS », Gilles Surprenant avait admis avoir touché plus de 600 000 $ en pots-de-vin de la part de différents entrepreneurs.

En février dernier, M. Surprenant avait été reconnu coupable d’avoir enfreint sept articles du code de déontologie des ingénieurs dans le cadre de projets d’égouts et de canalisations réalisés entre 2000 et 2009. En plus d’accepter des pots-de-vin et des cadeaux, M. Surprenant avait participé à la mise en place d’un système de gonflement des prix et a modifié clandestinement les devis de plusieurs projets.

Âgé de 64 ans, M. Surprenant ne travaille plus pour la Ville depuis 2009 et il a pris sa retraite, mais il est demeuré membre de l’Ordre des ingénieurs.

Dans sa décision rendue publique mercredi, le Conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs souligne que les infractions commises par M. Surprenant sont graves, que sa conduite a porté ombrage à l’ensemble de la profession et que compte tenu de son expérience, il ne pouvait pas ignorer ses obligations déontologiques. Cependant, le Conseil de discipline dit avoir tenu compte du fait que M. Surprenant n’avait pas d’antécédents judiciaires et qu’il avait bien compris la gravité des gestes posés. C’est pourquoi le Conseil a accepté la proposition de radiation de cinq ans suggérée par les deux parties.

Lors des audiences, la procureure du syndic adjoint avait d’ailleurs souligné que la collaboration de M. Surprenant avait permis de faire avancer plusieurs enquêtes du Bureau du syndic.

Rappelons que le Conseil de discipline avait été plus sévère à l’égard de l’ex-ingénieur de la Ville de Montréal Luc Leclerc, qui, en janvier 2015, avait écopé d’une radiation de 10 ans. Alors qu’il travaillait pour la Ville, M. Leclerc avait reçu quelque 500 000 $ en pots-de-vin.

Lors de son passage à la commission Charbonneau, Gilles Surprenant avait lui-même remis les 122 800 $ qu’il lui restait des pots-de-vin reçus au fil des ans.

4 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 20 janvier 2016 15 h 30

    Et les autres frais?

    Qu'en est-il des frais encourus pour la tenue de la Commission Charbonneau?

    • Sylvain Auclair - Abonné 21 janvier 2016 07 h 40

      Le plus qu'un tribunal professionnfelle peut infliger, c'est 12 500 $ par chef d'accusation.

  • Raynald Richer - Abonné 20 janvier 2016 17 h 25

    Impunité

    Une radiation de 5 ans pour un ingénieur corrompu déjà à la retraite, ridicule.

    L'impunité ou l'absence de responsabilité chez les dirigeants des sociétés privées ou publiques et l'inégalité dans la distribution de la richesse sont les deux fléaux majeurs de nos sociétés modernes. Les exemples sont nombreux et tapissent régulièrement nos médias. Pensons, par exemple, au dirigeant de Wokswagen congédié avec une indemnité de départ de 90 millions.

    Mais est-ce vraiment deux fléaux différents ou est-ce plutôt que ce sont deux faces du même problème ? C'est sûrement une question qu'il faudra abordée un jour, si on veut réussir à sauvegarder ce qui reste de nos "démocraties".

    • Sylvain Auclair - Abonné 21 janvier 2016 07 h 40

      Le pire peine, c'est la radiation è vie. J'imagine que ça ne vous aurait pas satisfait.