Boisbriand aux trousses de Zambito

L'ex-entrepreneur Lino Zambito a été assigné à résidence pour deux ans après s’être reconnu coupable de complot, fraude, corruption et intimidation pour 57 millions de dollars en contrats à la Ville de Boisbriand.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L'ex-entrepreneur Lino Zambito a été assigné à résidence pour deux ans après s’être reconnu coupable de complot, fraude, corruption et intimidation pour 57 millions de dollars en contrats à la Ville de Boisbriand.

La Ville de Boisbriand a l’intention de prendre « tous les moyens légaux » afin de récupérer les sommes qui lui ont échappé en raison du système de corruption mis en place par son ancienne mairesse, Sylvie St-Jean, et l’ex-entrepreneur Lino Zambito. Mais la municipalité des Basses-Laurentides risque de se buter à la résistance de ce dernier, qui n’a pas tout à fait enterré la hache de guerre.

La mairesse actuelle de Boisbriand, Marlene Cordato, a annoncé mercredi son intention de se prévaloir du Programme de remboursement volontaire de Québec pour récupérer les millions de dollars que sa ville a payés indûment pour des contrats publics. Sans détour, elle a fait référence à la réponse à l’accusation de Lino Zambito et à la peine imposée mardi à l’entrepreneur déchu, assigné à résidence pour deux ans après s’être reconnu coupable de complot, fraude, corruption et intimidation pour 57 millions de dollars en contrats à la Ville de Boisbriand.

« Maintenant que la sentence confirme le jugement de culpabilité de Lino Zambito devant le système de justice criminelle, nous allons veiller à ce que sur le plan civil, la même justice soit rendue pour tous les citoyens de Boisbriand », a laissé savoir la mairesse.

« Assez payé »

Mis au courant des intentions de Boisbriand pendant un entretien avec Le Devoir, l’ex-dirigeant des Constructions Infrabec a déclaré avoir « assez payé » pour ce qu’il a fait, notamment parce que les accusations qui sont tombées contre lui ont entraîné sa faillite. « J’ai été témoin à la commission Charbonneau, j’ai assumé mes torts et j’avais l’impunité par rapport à mon témoignage à la commission, a affirmé Lino Zambito. SiMme Cordato veut prendre ce genre de décision, ce qu’elle va faire, c’est enrichir ses procureurs », a-t-il pesté.

Or, le processus visant à récupérer les sommes que la Ville a payées en trop est déjà enclenché, a confirmé la mairesse. « On n’a pas encore lancé de poursuite envers qui que ce soit, mais comme à Laval et à Montréal, à la dernière séance du conseil, la semaine passée, on a donné un mandat à nos procureurs pour qu’ils prennent toutes les mesures nécessaires pour récupérer l’argent auprès des gens qui ont fait de la corruption et de la collusion », a-t-elle déclaré.

Le Programme de remboursement volontaire permet de récupérer des sommes payées injustement par un organisme public pour des contrats publics conclus après 1996. Il prévoit qu’une personne ou une entreprise visée par une mise en demeure soumette une proposition de remboursement dans les trente jours suivant la réception de celle-ci.