Le Barreau et la bâtonnière tentent un rapprochement

Suspendue depuis le début du mois juillet, la bâtonnière a répliqué il y a près d’une semaine avec une poursuite contre plusieurs administrateurs du Barreau.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Suspendue depuis le début du mois juillet, la bâtonnière a répliqué il y a près d’une semaine avec une poursuite contre plusieurs administrateurs du Barreau.

À couteaux tirés depuis un mois, le Barreau du Québec et la bâtonnière Lu Chan Khuong tentent un rapprochement pour éviter d’étaler leur querelle devant les tribunaux.

Dans un communiqué publié mardi, les avocats des parties annoncent qu’ils « ont convenu de suspendre temporairement les procédures et de participer à une conférence de règlement à l’amiable » qui sera présidée par le juge François Rolland de la Cour supérieure.

Suspendue depuis le début du mois de juillet, la bâtonnière a répliqué il y a près d’une semaine avec une poursuite contre plusieurs administrateurs du Barreau. Elle exige de réintégrer ses fonctions et réclame 95 000 $ à titre de dommages exemplaires.

L’audition de la cause devait se tenir mercredi au palais de justice de Québec.

Élue le 22 mai dernier avec l’appui de 63 % des membres du Barreau, Me Khuong s’est fait intimer l’ordre de démissionner par le conseil d’administration dès le 1er juillet, à la suite de la publication d’un reportage révélant qu’elle avait fait l’objet d’une plainte policière pour vol à l’étalage en avril 2014.

Le dossier a été déjudiciarisé en juin de la même année et Me Khuong n’a fait l’objet d’aucune accusation. Le Barreau du Québec a néanmoins estimé que l’incident était« incompatible » avec la fonction de bâtonnière.

Me Khuong a refusé de quitter son poste et est depuis suspendue.

Dans sa requête, la bâtonnière avance que des membres du CA ont « coulé » à la presse l’information portant sur son passé judiciaire dans le but de la mettre dans l’embarras et de forcer son départ.

Le Barreau nie cette allégation et, dans une sortie publique fort remarquée la semaine dernière, a accusé la bâtonnière de verser dans la théorie du complot.

1 commentaire
  • Colette Pagé - Inscrite 29 juillet 2015 10 h 34

    Gestion d'une beau gâchis !

    Comment exliquer autrement que par l'incompétence et un détournement du choix des membres la gestion maladroite, précipitée voire calamiteuse de ce dossier par les membres du C.A. ? Comment expliquer également le silence et l'absence d'enquête diligentée par le syndic pour indentier l'auteur de la fuite ? À qui profite cette fuite ? Une fuite unique en 20 ans d'existence du sytème de déjudiciarisation et le Barreau reste coï. Curieux silence ! Grand malaise ! Perte de crédibilité du Barreau qui aurait pu éviter toute cette crise en confiant sans délai un mandat au comité d'éthique. Comme l'occasion était trop belle pour se débarrasser de la bâonnière, il fallait faire vite et surtout qu'en période de vacances l'impact médiatique serait limité. Calcul stratégique ?