Le Taser comme «solution mitoyenne»?

Un policier muni d'un Taser était en route lorsqu'Alain Magloire a été abattu par un agent du SPVM, le 3 février dernier.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Un policier muni d'un Taser était en route lorsqu'Alain Magloire a été abattu par un agent du SPVM, le 3 février dernier.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est le parent pauvre dans le déploiement des armes à impulsion électrique (Taser), une réalité préoccupante pour le coroner Luc Malouin, chargé d’enquêter sur la mort d’Alain Magloire.

« Le problème de santé mentale va en grandissant. Il faut trouver une solution mitoyenne entre le laisser-aller et l’arme à feu, mais il ne faudrait pas que ça prenne 15 ans », a lancé mercredi le coroner Malouin, qui annonce de plus en plus la couleur de son rapport. « C’est bien beau de faire des recommandations, mais ça prend une volonté politique », a-t-il ajouté.

Le commandant Richard Thouin, responsable du comité sur l’emploi de la force au SPVM, a rappelé au coroner que le Taser était une arme « très controversée » au début des années 2000, ce qui explique son déploiement anémique.

La mort de Quilem Registre, qui avait reçu six décharges de Taser en 53 secondes, en 2007, avait eu l’effet d’une douche froide pour le SPVM. La police avait décidé de limiter l’utilisation du Taser et d’implanter un programme de formation élaboré pour les policiers autorisés à s’en servir.

Pas une baguette magique

« On veut s’assurer que, chaque fois qu’on le déploie, on a un encadrement qui est strict et bien fait, a dit le commandant Thouin. L’arme à impulsion électrique a ses contraintes. Ce n’est pas une baguette magique. »

Au total, le SPVM dispose de 75 armes à impulsion électrique. À titre de comparaison, le service de police de Toronto en compte 700, celui de Calgary, 468 et celui de Vancouver, 200. La Gendarmerie royale du Canada en compte 2800 dans tout le Canada.

Un policier muni d’un Taser était en route lorsqu’Alain Magloire a été abattu par un agent du SPVM, le 3 février dernier. M. Magloire se promenait avec un marteau dans les rues du centre-ville et refusait d’obtempérer aux ordres des policiers, qui le jugeaient agressif et sur le point de les attaquer.

Le policier équipé d’un Taser est arrivé quelques secondes seulement après que l’agent Mathieu Brassard eut tué le sans-abri.

Mardi, le policier Denis Côté, qui avait tenté une manoeuvre de diversion ratée en fonçant sur M. Magloire avec sa voiture, a indiqué que le Taser n’aurait été d’aucune utilité dans les circonstances.