La policière Jeanne Bruneau craignait pour sa vie

Alain Magloire a été abattu au centre-ville de Montréal le 3 février dernier.
Photo: Capture d'écran Alain Magloire a été abattu au centre-ville de Montréal le 3 février dernier.

La policière Jeanne Bruneau a craint d'être tuée par Alain Magloire, et elle s'apprêtait à ouvrir le feu sur lui lorsque les renforts sont venus à la rescousse.

Mme Bruneau a poussé «un soupir de soulagement» à l'arrivée des renforts. Elle a cru que la manoeuvre de ses collègues du SPVM, qui ont renversé Alain Magloire avec leur véhicule à basse vitesse, allait leur permettre de prendre le contrôle de la situation.

M. Magloire a été projeté sur le capot. Un policier a alors tenté de le maîtriser, mais il s'est retrouvé au sol. M. Magloire s'apprêtait à le frapper lorsqu'il a été tué par un collègue de l'agente Bruneau, le 3 février dernier.

Mardi à l'enquête du coroner, Jeanne Bruneau a indiqué qu'elle était en droit d'ouvrir le feu sur Alain Magloire car il menaçait sa vie, celles de ses collègues et des passants.

Mme Bruneau et son coéquipier sont les premiers policiers à avoir repéré Alain Magloire sur la rue Saint-Denis, à la suite d'un appel au 911. Il s'est avancé vers la voiture, côté passager, en brandissant son marteau pour frapper la policière au visage. «Il me regardait et il s'enlignait vers moi. À ce moment-là, je pensais mourir», a dit Mme Bruneau lors de son témoignage.

D'instinct, Jeanne Bruneau s'est recroquevillée dans son siège et elle a dégainé son arme de service. «J'avais le doigt sur la détente. J'étais prête à faire feu. Je hurle de toutes mes forces de reculer. Il a comme été saisi, il a fait un pas de recul et il a continué à marcher.»

La policière l'a suivi à distance, en le sommant de lâcher son arme. M. Magloire était «indifférent» à la présence policière. Selon la policière, il a dit: «tire- moi, je m'en câlisse».

Il a continué de marcher jusqu'à la rue Berri, où il a été encerclé par les policiers. Une première tentative pour le maîtriser avec du poivre de Cayenne a échoué. «Il continuait d'avancer et de charger vers nous, a dit Mme Bruneau. À ce moment, j'étais justifiée de tirer. Il mettait ma vie et celle des autres policiers en danger. Il fallait que ça arrête.»

Une équipe munie d'un pistolet à impulsion électrique (Taser) était en route lorsque Magloire a été abattu.

D'autres détails suivront.