Désiré Munyaneza toujours coupable

Dans un jugement unanime — trois contre zéro —, la Cour d'appel du Québec a débouté mercredi matin le ressortissant rwandais Désiré Munyaneza, reconnu coupable de sept accusations de crime de guerre, de génocide et de crime contre l'humanité en 2009, une première au Canada. Il avait écopé alors d'une peine de prison de 25 ans et en avait immédiatement appelé du verdict. 

La Cour a donné raison au tribunal de première instance qui avait jugé que face à la confirmation par «la quasi-totalité des témoins» dont la crédibilité a été réaffirmée de l’accusation du «rôle de leader» de Munyaneza pour les faits qui lui étaient imputés, le Rwandais «était à l’avant-scène du mouvement génocidaire».

La Cour a rappelé que Munyaneza avait admis l'existence «d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre la population civile d'origine tutsie» dans la préfecture de Butare.

L’avocat de M. Munyaneza Richard Perras a indiqué à l'Agence France-Presse qu’il étudiait le jugement afin «d’identifier les motifs qui permettraient de demander la permission d’en appeler à la Cour Suprême du Canada».

Désiré Munyaneza aussi occupe une sombre place dans les annales judiciaires canadiennes. Celui qui a fui le Rwanda en juillet 1994 et qui s'est établi au Canada en 1997 est le premier homme reconnu coupable de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide en vertu d'une loi fédérale adoptée en 2000 afin de lutter contre l'impunité dont bénéficiaient les criminels de guerre expatriés.

Il passera maintenant le reste de ses jours en prison, sans possibilité de libération conditionnelle avant au moins 16 ans.

Appréhendé par la GRC à Toronto en 2005 après cinq ans d'enquête, on estimait en 2009 que le procès de Désiré Munyaneza avait coûté 1,6 million aux contribuables et avait nécessité l'audition de 66 témoins en 19 mois sur trois continents, le bras de la justice passant par Montréal, Paris, Kigali et même par Dar es-Salaam.

Relire tous les textes de Brian Myles sur Désiré Munyaneza: http://bit.ly/1g8d7F5

Avec l'Agence France-Presse