Dupuis menait grand train, selon la preuve

L’ancien directeur général de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis a plaidé non coupable mardi matin à l’ouverture de son procès pour fraude et fabrication de faux au palais de justice de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’ancien directeur général de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis a plaidé non coupable mardi matin à l’ouverture de son procès pour fraude et fabrication de faux au palais de justice de Montréal.

Jocelyn Dupuis disposait d’une clause « bar et buffet à volonté » à titre de directeur général de la FTQ-Construction (FTQ-C).

 

Selon la preuve de la poursuite, l’ex-syndicaliste menait un somptueux train de vie aux frais des travailleurs. Il a dépensé la rondelette somme de 225 000 $ pour une période comprise entre décembre 2007 et novembre 2008. C’est en moyenne 5200 $ par semaine.

 

Le comptable de la FTQ-C, Roland Brillon, a témoigné mardi au procès pour fraude et fabrication de faux documents de Jocelyn Dupuis. Pendant ses dix années à la direction générale de la FTQ-C, l’accusé a présenté des allocations de dépenses qui n’étaient jamais remises en question. Il était le seul dirigeant syndical à soumettre des reçus manuscrits, parfois même sans annexer le reçu de caisse du restaurant. « Ça fonctionnait de même pour M. Dupuis », a dit le comptable Brillon.

 

Le procureur de la Couronne, Jacques Dagenais, a présenté quelques extraits des allocations de dépenses au juge Denis Lavergne. À titre d’exemple, pour la semaine du 2 au 8 décembre 2007, M. Dupuis a réclamé le remboursement de frais de séjour et de restauration de près de 6800 $, en plus d’une somme de 500 $ pour ses déplacements dans la grande région de Montréal, totalisant… 1400 km.

 

M. Dupuis était encore en devoir, le 30 décembre, quand il a dépensé 1125 $ au restaurant Gibbys, avec trois invités. Les comparses ont siroté pour l’occasion deux bouteilles de Château Palmer, d’une valeur de 295 $ chacune. M. Dupuis a présenté une réclamation de 1545 $ pour ce souper, soit 425 $ de plus que la facture officielle du Gibbys, saisie par les policiers.

 

En mars 2008, M. Dupuis a dépensé un peu plus de 11 000 $ en raison de sa participation à un soi-disant congrès sur la côte ouest américaine. En compagnie de l’avocat de la FTQ-C, Robert Laurin, et du directeur de l’AMI, Rénald Grondin, il a couru les restaurants d’Hollywood et de Las Vegas.

 

Dépenses fictives

 

Le comptable Brillon ne s’interrogeait pas sur ces pratiques, et encore moins sur la nature des dépenses engagées par Jocelyn Dupuis pour représenter les membres de la FTQ-C. « On n’avait pas de politique à ce sujet-là. Je faisais confiance à la personne », a dit M. Brillon.

 

La juricomptable Pascale Boutin a analysé 169 reçus « irréguliers » soumis par Jocelyn Dupuis en guise de pièces justificatives pour le remboursement de ses dépenses à la FTQ-C. Elle estime qu’il a demandé près de 44 000 $ en dépenses fictives et qu’il a gonflé de près de 20 000 $ des dépenses réelles. À titre d’exemple, il pouvait réclamer 442 $ pour un repas qui coûtait 42 $ ou 1545 $ pour un repas qui coûtait 1125 $, comme ce fut le cas au Gibbys.

 

Un expert en calligraphie, Jean C. Dumont, a établi que les montants inscrits sur les reçus et les signatures de prétendues serveuses de restaurants étaient en réalité l’oeuvre de Dupuis.

 

Le procès de Jocelyn Dupuis se poursuit ce mercredi.

1 commentaire
  • LAURENT PRADIES - Inscrit 16 avril 2014 02 h 05

    il a ses chances !

    Ah ! de toute évidence, un bon candidat pour les prochaines élections, il devrait faire facilement 55 % !