Deux policiers veulent changer la procédure disciplinaire

Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir

Deux dirigeants suspendus de leurs fonctions au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s'adressent aux tribunaux pour forcer le gouvernement à changer la façon qualifiée «d'archaïque et inéquitable» dont la police de Montréal traite les cas liés à la discipline.

Dans leur requête à la Cour supérieure, que La Presse a pu consulter, l'inspecteur-chef Giovanni Di Feo et l'inspecteur Jimmy Cacchione interpellent directement le ministre de la Sécurité publique Stéphane Bergeron, le procureur général du Québec et la Ville de Montréal.

Ils demandent que les règles disciplinaires du SPVM soient modifiées par Québec avant que leur dossier ne soit examiné par un comité de discipline. Sans quoi, ils craignent d'être jugés en secret, sans accès adéquat à la preuve, par des cadres choisis par leur chef Marc Parent, avec qui ils sont en froid.

L'inspecteur-chef Di Feo, cadre-conseil aux services à la communauté, et l'inspecteur Cacchione, responsable de l'aéroport Montréal-Trudeau, ont été suspendus le 17 juin dernier. Ils s'étaient retrouvés sur le radar d'une enquête de la Gendarmerie royale du Canada parce qu'ils avaient des contacts préoccupants avec des «personnes d'intérêt» de mauvaise réputation comme Luigi Coretti, ancien patron de l'agence de sécurité BCIA accusé de fraude.

MM. Cacchione et Di Feo ont été placés sur écoute électronique, et de nouveaux reproches disciplinaires leur ont été faits lorsqu'on les a entendus critiquer durement Marc Parent et son entourage lors de conversations privées.

Les deux cadres n'ont toujours reçu qu'une partie de la preuve retenue contre eux. Leur audience disciplinaire est constamment reportée, et l'association des cadres du SPVM a déjà dépensé 60 000 $ pour leur défense. Le comité de discipline qui doit les juger est formé de trois membres choisis par le directeur Parent.

 
3 commentaires
  • Raymond Turgeon - Inscrit 21 décembre 2013 09 h 24

    La turbidité peut mener aux pires excès

    Le règlement de comptes et même son apparence doivent être éliminés des processus disciplinaires.
    Une justice à géométrie variable est impensable. Et il s'agit ici de la Police, qui ne devrait pas se comporter comme un gouvernement parallèle.


    Raymond Turgeon

  • Martine Fortin - Inscrite 21 décembre 2013 09 h 34

    Archaique et inéquitable!!!

    Vous voulez être jugés selon votre goût, pour vos gestes répréhensibles. Par contre, les gens que vous arrêtez... vous les séparez immédiatement afin qu'ils ne puisse pas se parler et monter un dossier; a savoir quoi dire au juge.

    Par contre, quand c'est votre tour, vous n'êtes pas séparés, et il se passe des jours, pendant lequels vous jasez pour vous monter une défense cousue de fil blanc. De plus, vous demandez de voir un avocat avant de faire votre rapport.

    Désolée les gars, la justice doit fonctionner pareille pour tous. Nous n'avons plus aucune confiance aux cadres de la police. Un ménage doit continuer. Souvenez vous du cadre qui jasait avec l'agent 728; pas fort l'éthique et l'honnêteté.
    En 2014, la justice a deux vitesses (2 justices) c'est terminée.

    • Julie Blaquière - Inscrite 23 décembre 2013 08 h 41

      Dans notre système de justice tout le monde a le droit de se "défendre" ce qui est injuste c'est que certains n'en ont pas les moyens quand ils sont victimes du "système". L'"aide juridique" ne fait très souvent pas le poids devant les grosses firmes d'avocats payées en partie sinon complètement par les contribuables. C'est un jeu de pouvoir et de prestige qui n'est pas toujours plus beau à l'intérieur qu'à l'extérieur de nos institutions. Aujourd'hui il vaut mieux avoir un bon avocat (affaire Robinson) qu'un bon médecin. Malheureusment nos "soins légaux" ne sont pas encore couverts pourtant ça permettrait souvent d'éviter des "soins médicaux". :)