Le cours d’éthique et de culture religieuse de nouveau en Cour suprême

Ottawa — La Cour suprême du Canada se penchera une nouvelle fois sur le cours d’éthique et de culture religieuse du Québec, un an après avoir refusé à des parents de Drummondville le droit d’exempter leurs enfants de ce programme.


Cette fois, c’est un établissement scolaire qui souhaite être dispensé du cours qui a remplacé l’enseignement moral, catholique ou protestant dans l’ensemble des écoles de la province en 2008. La Loyola High School, une école secondaire catholique de Montréal, souhaite offrir son propre programme. La demande lui a été refusée par Québec, sous prétexte notamment que le cours proposé repose sur une démarche confessionnelle plutôt que culturelle. La Cour supérieure du Québec a d’abord donné raison à l’établissement scolaire, mais c’est le gouvernement du Québec qui a gagné en appel.


Le cours d’éthique et de culture religieuse (ECR) vise à donner un aperçu global des différents rites et religions dans le monde, en y apportant une perspective historique. Il encourage également l’élève à réfléchir aux questions éthiques et sociales. Plusieurs parents avaient exprimé leur mécontentement lorsque Québec avait choisi de mettre fin à l’enseignement religieux traditionnel pour le remplacer par le cours d’ECR en 2008.


Dans son jugement, la Cour d’appel donnait raison à la ministre de l’Éducation de l’époque, puisque ses raisons pour refuser l’exemption ne constituaient pas à ses yeux de « simples prétextes ». En février 2012, la Cour suprême avait de son côté tranché que le programme était conforme à la Charte canadienne des droits et libertés et que d’enseigner les fondements des religions du monde ne portait pas atteinte à la liberté de religion des enfants ou de leurs parents.


Mais cette décision ne décourage pas le directeur de Loyola pour autant, puisque le cas des parents de Drummondville et celui de son école sont très différents, à son avis. « Nous ne disons pas que nous ne voulons pas enseigner ces choses, nous disons que nous voulons les enseigner différemment. Et c’est un argument très différent que de vouloir être complètement retiré de tout le processus », a expliqué Paul Donovan en entrevue.

4 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 14 juin 2013 07 h 40

    Le préambule

    «Le Canada est fondé sur la suprématie de Dieu et la primauté du droit».
    Préambule de la Charte Canadienne des Doits et Libertés.
    Bonne chance au CECR.

  • Gilbert Talbot - Inscrit 14 juin 2013 09 h 41

    Remplacer ECR par un vrai cours de philo pour enfants.

    On revient toujours se cogner sur le même problème : opposer laïcité et liberté religieuse. On peut éviter cette confrontation en sortant l'enseignement religieux de l'école publique et en le remettant entre les mains des parents et des communautés concernées.

    Par ailleurs les cours de philosophie pour enfants existent depuis longtemps déjà dans quelques commissions scolaires. Pourquoi ne pas les étendre à l'ensemble du Québec en les intégrant dans les programme de base ? La philosophie ne menace pas la liberté religieuse, au contraire, elle la fonde par son regard plus général, plus universel sur les questions fondamentales que les enfants aiment discuter. Un tel cours les préparerait mieux à la philosophie qui se donne déjà au cégep. Et pourquoi ne pas en donner aussi au secondaire ? Il n'est jamais trop tôt pour s'adonner à la philosophie et on en fait jusqu'à la fin de sa vie. (Une paraphrase d'Épicure).

  • Hubert Larocque - Abonné 14 juin 2013 10 h 32

    L'identité québécoise définie et réglée par la Cour suprême

    Quoi que l'on puisse penser du contenu et des visées du Cours d'éthique et...", tous devraient convenir que la Cour suprême est un tribunal non crédible en la matière et en toutes les matières touchant à notre histoire et à notre identité. Tout comme le Gouvernement fédéral, dont elle est la créature, elle ne reconnaît pas en fait notre existence comme peuple et combat tout ce qui peut donner substance et poids à notre identité particulière.
    Nous sommes toujours renvoyés à cette question fondamentale que personne n'ose franchement aborder et encore moins trancher, et voilà pourquoi nous piétinons et nous déclinons depuis 1760 et plus particulièrement depuis 1982 qui en est la répétition.

  • Minona Léveillé - Inscrite 14 juin 2013 11 h 39

    Transmission de connaissances ou endoctrinement?

    À l'époque où je croyais que le cours d'ECR était un cours au contenu standardisé dans lequel on donne aux jeunes des informations honnêtes et complètes sur les fondements des différentes religions du monde, (en incluant leurs côtés violents) et ou ils sont évalués sur leurs connaissances tout en apprennant à développer leur esprit critique, je l'approuvais pleinement.

    Puis, j'ai apris que le cours d'ECR s'étalait sur 11 ans, que tout son contenu n'était ni obligatoire ni soumis à évaluation, bref que tout était laissé à la discrétion d'enseignants peu formés et potentiellement influencés par leurs propres convictions religieuses (ce qui fait en sorte que le contenu du cours varie considérablement d'une classe à l'autre).

    J'ai appris aussi qu'on y faisait la promotion du relativisme moral et qu'on évacuait complètement les alternativers à la religion que sont l'athéisme, l'agnosticisme et le déisme (comme si la religion était indissociable de la morale). Enfin, j'ai appris que, de l'aveu même de ces concepteurs, le but premier du cours d'ECR est la promotion du multiculturalisme et des accommodements religieux, ce qui avait déjà été constaté par Joëlle Quérin, qui a publié en 2009 une l'étude "Le cours Éthique et culture religieuse: transmission de connaissances ou endoctrinement?"

    C'est pourquoi je suis désormais pour le retrait de ce cours. Les connaissances sur les différentes religions devraient être dispensées de façon impartiale et non idéologique dans les cours d'histoire et de géographie. De plus, les jeunes pourraient bénéficier d'un cours de philosophie et d'éthique, dans lequel ils seraient véritablement encouragés à développer leur esprit critique et pas seulement à nager dans le courant politiquement correct.