Faible hausse des homicides au Canada

En 2011, 598 homicides ont été enregistrés au Canada, soit 44 de plus qu’en 2010. Il s’agit de la première hausse observée en trois ans, selon le rapport annuel de Statistique Canada.

Cependant, pour Rémi Boivin, professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, les chiffres concernés sont si faibles qu’une hausse inférieure à 10 % n’est pas très significative.


Avec 1,73 homicide par tranche de 100 000 habitants, le taux d’homicides est en hausse de 7 % par rapport à 2010. Avec 554 homicides, le taux observé l’an dernier était le moins élevé depuis 1966. « En dépit des fluctuations annuelles, le taux d’homicides est à la baisse depuis le milieu des années 1970 », note le rapport.

 

Le registre des armes


Il est à noter qu’avec 158 décès, le nombre d’homicides par arme à feu est à son plus bas depuis 50 ans. Pour M. Boivin, ce recul constant est attribuable aux précédentes politiques fédérales en matière de contrôle des armes à feu. Il cite notamment une étude de son collègue Étienne Blais, publiée dans le numéro de janvier 2011 du Journal canadien de la criminologie et de la justice criminelle. Ce dernier y conclut que l’adoption des lois C-51, C-17 et C-68, qui implantait le registre des armes à feu, a été suivie « de diminutions significatives des homicides commis par armes à feu », principalement ceux commis « à l’aide de fusils de chasse et de carabines ».


Dans le cas des affaires résolues, seuls 15 % des homicides sont attribuables à de parfaits étrangers. Dans 48 % des cas, la victime connaissait son tueur. Dans le tiers des affaires, ils appartenaient à la même famille.


Quatre-vingt-neuf homicides impliquaient des partenaires intimes. Sur ce total, 76 victimes étaient des femmes. « Le taux d’homicides sur des partenaires intimes de sexe féminin a augmenté de 19 % en 2011, soit une troisième hausse en quatre ans », précise le rapport. En revanche, avec une baisse de 50 %, le taux d’homicides sur les partenaires masculins est à son plus bas depuis 1961. Plus largement, les hommes représentent 70 % des victimes d’homicide et 90 % des coupables.


En hausse depuis les années 1990, les morts attribuables aux gangs continuent de reculer depuis le sommet de 138 homicides enregistrés en 2008, pour atteindre 95 victimes en 2011.


Trente-deux homicides supplémentaires ont été enregistrés au Québec. À l’échelle du pays, c’est le Manitoba qui enregistre le taux le plus élevé pour la cinquième année consécutive, suivi par la Saskatchewan et l’Alberta. Avec 39, 18 et 50 homicides, Winnipeg, Halifax et Edmonton enregistrent les plus hauts taux d’homicides du pays. À Montréal, on a recensé 54 homicides, et trois à Québec. Les deux villes se classent respectivement 16e et 29e.