La cour donne raison à Joël Debellefeuille

Joël Debellefeuille a finalement réussi à prendre la police de Longueuil en défaut pour profilage racial, après trois années de bataille judiciaire.

M. Debellefeuille a été acquitté de toutes les accusations portées contre lui par la Cour municipale de Longueuil. Le juge Pierre-Armand Tremblay a conclu qu’il a été victime de discrimination fondée sur la couleur de sa peau et qu’il a été détenu illégalement lors de son arrestation, le 10 juillet 2009.


Les policiers de Longueuil ont intercepté M. Debellefeuille, un Noir, au volant de sa BMW pour une soi-disant infraction au Code de la sécurité routière. Ils lui ont remis deux constats d’infraction pour entrave et défaut d’avoir des papiers d’assurance à jour.


Les policiers ont consigné leurs explications dans le constat d’infraction. Le conducteur arrêté leur a remis des papiers au nom de Joël Debellefeuille. Or, Debellefeuille est un nom qui « sonne Québécois », alors que leur suspect est Noir. Ils en ont déduit qu’il ne leur remettait pas ses vrais papiers, ce pour quoi ils ont porté des accusations d’entrave contre lui.


Le juge Tremblay estime qu’il s’agit d’un cas flagrant de profilage racial. « Le fait de croire faussement ou par ignorance que le nom de famille “ Debellefeuille ” ne puisse être le patronyme d’une personne à la peau noire ne peut que dénoter un manque flagrant de connaissance de la société générale », écrit-il.


M. Debellefeuille est heureux du résultat. Il s’est engagé dans cette lutte pour sa famille et lui, mais aussi pour « toutes les personnes noires et racisées » qui sont « trop souvent la cible du racisme policier » et sans moyens pour se défendre.


M. Debellefeuille a porté plainte contre les deux policiers fautifs en déontologie. L’affaire doit être entendue le 22 octobre prochain. Le Centre de recherche-action sur les relations raciales a accompagné M. Debellefeuille dans cette affaire. Le directeur général de l’organisme, Fo Niemi, espère que la mairesse de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, et le nouveau directeur du service de police, Denis Desroches, prendront des mesures concrètes pour prévenir le profilage racial.