Demande de recours collectif contre Montréal

Les policiers du SPVM ont encerclé près de 500 personnes à l’angle des rues Sherbrooke et Saint-Denis, le 23 mai dernier, lors de la 30e manifestation nocturne du printemps à se dérouler à Montréal. Ils les ont ensuite arrêtées et détenues dans des autobus.
Photo: - Le Devoir Les policiers du SPVM ont encerclé près de 500 personnes à l’angle des rues Sherbrooke et Saint-Denis, le 23 mai dernier, lors de la 30e manifestation nocturne du printemps à se dérouler à Montréal. Ils les ont ensuite arrêtées et détenues dans des autobus.

Parce qu’il dénonce les agissements du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), un des manifestants détenus lors de la plus importante arrestation de masse du conflit étudiant espère intenter un recours collectif contre la Ville de Montréal.

Jean-Pierre Lord, un étudiant en travail social de l’Université du Québec à Montréal, a déposé une requête de recours collectif vendredi devant la Cour supérieure, qui devra déterminer si elle l’autorise ou non. Les 506 personnes potentiellement concernées par le recours devront toutefois s’armer de patience puisque la décision devrait être rendue d’ici un an ou deux.


Les faits remontent au mercredi 23 mai dernier. Plusieurs milliers de personnes prennent une fois de plus la rue à l’occasion de la 30e manifestation nocturne. Vers 1 h du matin, un groupe de plus de 500 personnes est encerclé par le SPVM et la Sûreté du Québec à l’angle des rues Saint-Denis et Sherbrooke. Les policiers procèdent alors à l’arrestation des manifestants sur place en les entassant dans les 17 autobus de la Société de transport de Montréal (STM) garés à proximité. Ils leur remettent également une contravention de 634 $ en vertu du règlement municipal qui concerne les attroupements illégaux.


Autobus surchauffés


M. Lord estime que ces arrestations ont été effectuées de manière arbitraire, mais il déplore surtout les conditions dans lesquelles les autres manifestants et lui ont été détenus. En plus d’avoir eu les mains liées pendant près de sept heures dans un autobus surchauffé, il raconte qu’il a été contraint d’uriner sur le plancher du véhicule parce qu’on lui a refusé l’accès aux toilettes.


« Comment se fait-il qu’on n’a pas été capable de penser aux besoins fondamentaux des humains, c’est-à-dire de l’eau et des toilettes ? », s’insurge-t-il, dénonçant une arrestation de masse planifiée selon lui depuis plusieurs jours.


S’il est autorisé, le recours collectif visera la Ville de Montréal et non le SPVM, parce que la Ville est « l’entité politique qui récolte les taxes, qui a l’argent et qui a le contrôle du Service de police », estime Me Marc Chétrit, l’avocat qui représente le requérant.


« Parmi les gens qui ont été arrêtés, plusieurs n’étaient même pas là pour manifester. Il y en a qui ont encore l’addition des bars desquels ils venaient tout juste de sortir. C’est assez clair qu’il s’agit d’arrestations arbitraires », insiste-t-il.


En ce qui concerne les affiliations politiques des deux hommes dévoilées dans La Presse d’hier, Me Chétrit tient à répéter l’objectif poursuivi par le duo. Bien que M. Lord soit président de l’association péquiste pour la circonscription de Sainte-Marie -Saint-Jacques et qu’il soit pour sa part membre du Parti libéral, l’avocat rappelle qu’ils ont tous les deux des droits protégés par les Chartes québécoise et canadienne. « Nos affiliations politiques ne devraient avoir aucune incidence sur la protection de nos droits fondamentaux. »

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