Perquisitions liées au conflit étudiants: onze personnes visées, cinq arrêtées

Une policière pénètre dans la maison du député Amir Khadir, à la suite de l'arrestation de sa fille Yalda Machouf-Khadir et de son petit ami à Montréal. Les deux suspects arrêtés comparaîtront au tribunal demain, puisqu’ils ont été interpellés sans mandat.
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson Une policière pénètre dans la maison du député Amir Khadir, à la suite de l'arrestation de sa fille Yalda Machouf-Khadir et de son petit ami à Montréal. Les deux suspects arrêtés comparaîtront au tribunal demain, puisqu’ils ont été interpellés sans mandat.

Les policiers montréalais ont mené une série de perquisitions aujourd'hui en lien avec certains incidents survenus dans le métro de Montréal, à l’Université de Montréal et au bureau de l’ancienne ministre de l’Éducation Line Beauchamp.

Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a indiqué que huit perquisitions ont été réalisées, principalement dans des résidences privées. En tout, 11 personnes étaient visées par l'opération, mais seulement cinq d'entre elles avaient été arrêtées en milieu d'après-midi, dont l'une des filles du député de Québec solidaire Amir Khadir, Yalda Machouf-Khadir.

Très impliquée dans la grève étudiante, elle a déjà été interpellée à trois reprises depuis le début du conflit, soit pour le blocage du pont Champlain, le blocage du pont Jacques-Cartier et l'occupation du cégep du Vieux-Montréal, où du vandalisme avait aussi été commis.

Les suspects arrêtés comparaîtront au tribunal demain, puisqu'ils ont été interpellés sans mandat, situation dans laquelle la comparution est toujours reportée au lendemain, de sorte que leur enquête sur le cautionnement ne pourra avoir lieu avant le prochain jour ouvrable, soit lundi.

Les autres suspects qui seraient toujours au large en fin de journée verront des mandats d'arrestation émis à leur endroit, de sorte que leur identité et des photos seront rendues publiques.

Les accusations auxquelles les suspects feront face varient selon les événements auxquels ils sont associés. Il s'agit de méfait, introduction par effraction, complot, intimidation d'un membre du Parlement, déguisement dans un dessein criminel, voies de fait sur un agent de la paix et faire craindre un acte terroriste.

«Le juge en décidera»

À Québec, appelé à réagir à l'arrestation de sa fille, Amir Khadir a rappelé que celle-ci, comme toutes les autres personnes interpellées, était innocente jusqu'à preuve du contraire, tout en précisant qu'elle était responsable de ses gestes.

«Si elle a fait quelque chose de grave, des méfaits, le juge en décidera et elle en paiera les conséquences.»

Il a d'ailleurs senti le besoin, en conférence de presse, d'établir une distance entre sa formation politique et tout geste répréhensible commis en marge de l'actuel conflit étudiant.

«Québec solidaire a toujours affirmé que les gestes de violence et d'intimidation n'ont pas leur place dans la lutte politique, dans le débat politique. Manifestants, militants, politiciens, représentants des médias et autres citoyens doivent pouvoir exprimer leur opinion sans crainte.»

Cependant, il n'a pas renié sa fille pour autant, bien au contraire: «Mes filles [...] ont une éducation qui les pousse à militer pour la justice, pour l'équité en société et j'en suis fier», a-t-il dit, après avoir précisé que son épouse, Nima Machouf, et lui-même seraient là pour soutenir leur fille dans cette affaire.

Mme Machouf, qui était au domicile familial de Montréal lorsque les policiers l'ont perquisitionné, a reconnu être inquiète pour le sort de sa fille de 19 ans, comme tous les parents dans la même situation, et bien qu'elle ait été surprise par la visite très matinale des agents de la paix, elle n'était aucunement étonnée par le fait qu'ils emmènent Yalda.

«Quand on fait de la résistance, ça vient avec. Je suis sûre que tous ces gens qui manifestent et qui tapent des casseroles à tous les soirs dans la rue s'attendent qu'un jour aussi, peut-être, la police va débarquer chez eux parce qu'ils ont désobéi.»

Dans le métro

Les événements du métro auxquels sont reliées les arrestations sont le fait d'avoir placé des objets sur la voie, notamment des sacs de briques, forçant l'interruption du service.
Des bombes fumigènes ont aussi été lancées dans le métro de Montréal. Le mois dernier, quatre personnes ont été arrêtées pour deux de ces attentats à la bombe fumigène du 10 mai dans le métro. Roxanne Bélisle, âgée de 23 ans, Vanessa L'Écuyer, 22 ans, Geneviève Vaillancourt, 25 ans, et François Vivier-Gagnon, 22 ans, ont depuis été remis en liberté moyennant de sévères conditions.

Ces jeunes font notamment face à des accusations d'incitation à craindre des activités terroristes, de complot et de méfait de plus de 5000 $, des chefs d'accusation passibles de peines d'emprisonnement allant de six mois à cinq ans.
D'autres attentats à la bombe fumigène commis le même jour sont toujours sous enquête.

Les autres événements sont survenus les 12 et 13 avril dernier; un groupe de personnes s'était livré à des actes de vandalisme dans le bureau de circonscription de la ministre de l'Éducation de l'époque, Line Beauchamp. La veille, des vandales s'en étaient pris à un pavillon de l'Université de Montréal.

Réaction d'Amir Khadir à l'arrestation de quatre personnes ce matin, dont sa fille:

33 commentaires
  • Gilles Arpin - Inscrit 7 juin 2012 09 h 27

    Il était temps...

    ... de responsabiliser ceux qui commettent des crimes, car c'est ce dont ils et elles seront accusés.

    • Richard Laroche - Inscrit 7 juin 2012 14 h 24

      Ceux qui n'obéissaient pas aux lois de Hitler étaient des criminels, et ceux qui lui obéissaient aussi.

      Tout dépend de qui fait la loi et que considère-t-on comme un crime.

      Vous semblez avoir une allégeance aveugle à un pouvoir corrompu. Ça me laisse perplexe.

    • Lise Boivin - Abonnée 7 juin 2012 15 h 11

      Vous parlez le la commission Charbonneau?

    • Lise Boivin - Abonnée 7 juin 2012 15 h 36

      Espérons que les criminels que découvrira la commission Charbonneau seront aussi responsabilisés. En effet les soupçons de corruption qui planent sur ce gouvernement sont pour quelque chose dans les «petits crimes» que ces soupçons suscitent.

    • Yves Claudé - Inscrit 7 juin 2012 15 h 42

      Est-il possible de responsabiliser … les vrais responsables ?

      Sans excuser ou cautionner aucunement des actions présumément menées par certaines personnes, on ne peut écarter cette classique question : « À qui profite le crime ? »

      On rétorquera peut-être qu’il serait parfaitement “grotesque” de poser une telle question, mais ce genre d’intimidation aurait peu de prise dans un examen attentif des quatre mois de crise qui ont déjà affecté la société québécoise.

      L’exploitation à la fois démagogique et intensive du moindre incident, que l’on tente de relier au mouvement étudiant, n’est qu’un des éléments attestant, de la part du pouvoir, de la planification et de la mise en œuvre d’une stratégie de tension et d’orchestration d’un “désordre” qui a largement démontré son efficacité en terme de gains politiques et bientôt électoraux.

      Comme une certaine sagesse le suggère, il serait déraisonnable de faire de quelques jeunes qui auraient commis des actions regrettables, des boucs émissaires de la crise, ou bien des martyrs d’une dérive militante qu’il importe de remettre en question.

      Yves Claudé

    • Chantal Mino - Inscrite 7 juin 2012 16 h 25


      Tout à fait Monsieur,

      Il est urgent de responsabiliser ceux qui commettent des crimes et de les rendre imputables des abus qu'ils commettent ... mais est un crime pour le simple citoyen, ce qui est normal pour la mafia ...

      Et qui dirige notre gouvernement aujourd'hui ? Quand c’est rendu que de s’exprimer librement pour l’intérêt public et manifester sont des outrages au tribunal ou des crimes parce qu’on se trouve sur la voie publique ou dans le bureau de Mme Beauchamp qui déjeune avec la mafia, quand c’est rendu qu’un bris physique matériel d’un meuble est plus criminel que d'intimider, déjeuner avec la mafia et prendre son argent pour la caisse électorale d’un parti, quand c’est rendu que du vol, qu’un viol, de l’intimidation par la justice, des agressions physiques par la police sur des manifestants pacifiques, de l’abus de pouvoir des dirigeants politiques, bref quand c’est rendu que toutes les valeurs de la mafia sont banalisé et mis normal au même titre que ceux qui commettent réellement des crimes et de la fraude et qui, grâce à cela ont des postes de pouvoir et se servent de notre justice pour assouvir leur besoin de pouvoir et de vengeance et font de l’$$$$$$$ effrontément avec l’argent des citoyen(ne)s qu’ils ne respectent pas, cela est très peu rassurant et rappelle la gouvernance sous Duplessis mais en y rajoutant la mafia.

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 7 juin 2012 09 h 34

    Police politique?

    Je conseille au SPVM d'avoir des motifs fondés pour avoir procédé à l'arrestation de la fille du député Amir Khadir, car cette arrestation s'apparente, on ne peut plus, à une instrumentalisation politique. Je rappelle que l'imputabilité existe également pour les forces policières et que les dirigeants du SPVM auront un jour des comptes à rendre à des élus moins corrompus que ceux qui gèrent actuellement le Québec.

    • Michel Richard - Inscrit 7 juin 2012 13 h 57

      Ils sont pas fous.
      Inquiètez vous pas, je suis sûr que si des policiers arrêtent la fille d'un député, dans la résidence de ce député, ils ont un dossier étoffé.
      Ça veut pas dire qu'ils ont raison ou qu'elle est coupable, mais il est certain que cette opération n'a pas été menée à la légère.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 7 juin 2012 22 h 19

      Vous êtes quelque peu présompteueux ou trop confiant dans l'indépendance de la police... J'ai l'âge de me rappeler de l'incarcération sans motif de Gaston Miron, Pauline Julien, Gérald Godin, Michel Chartrand, etc. Je vous suggère de visionner la reconstitution par les Zapartistes du "Procès des 5" sur http://webtv.coop Vous n'avez qu'à taper "zapartiste" dans leur moteur de recherche pour accéder aux vidéos. Ça vous ramènera sur terre.

  • Solange Bolduc - Inscrite 7 juin 2012 09 h 35

    Dans la mire des policiers et du gouvernement depuis combien de temps? Éclat politique ? Une autre façon d'intimider les étudiants qui oseraient perturber le Grand Prix ?

    Y a-il quelqu'un dans la salle qui peut m'expliquer pourquoi Amir Khadir s'est fait arrêter mardi dernier, et qu'une perquisition est menée ce matin même au domicile de ce dernier et que sa fille est arrêtée!

    Éclat politique !? Coïncidence ? Intimidation devant les étudiants qui oseraient perturber le Grand Prix, donc l'économie ?

    Très questionnable !!!

    • Loraine King - Inscrite 7 juin 2012 11 h 37

      La personne dans la salle qui peut vous répondre est Amir Khadir lui-même ! Il déclaré qu'il savait qu'il se joignait à une manifestation illégale ! Depuis quand peut-on poser des gestes illégaux en toute connaissance de cause sans devoir en subir les conséquences ?

      Quant à sa fille, on verra, mais je lis qu'il s'agit de récidive. Ce n'est pas sans précédent. On a déjà arrêté le fils d'un premier ministre du Canada pour lui faire subir un procès (plus d'une fois en fait).

    • Robert Doucet - Inscrit 7 juin 2012 20 h 48

      Il aime sa provoquer c'est bon pour son capital politique,il aime aussi lancer des souliers,parcequ il as le mal du pays

  • Jacques Morissette - Abonné 7 juin 2012 09 h 38

    Voilà que les policiers font de la politique.

    Combien de méfaits dont les policiers s'occupent sans que personne n'en entendent parler par les médias, sinon le jour des accusations. Ces gestes du SPVM dont on nous fait la parade sont de la politique déguisée en bonne intention.

  • André Michaud - Inscrit 7 juin 2012 09 h 39

    preuves et accusations

    Espérons qu'il y aura assez de preuves pour des accusations. Le message contre la violence doit être clair.

    • Lise Boivin - Abonnée 7 juin 2012 15 h 12

      La violence de l'anti émeute?