«Le dépeceur de Montréal» - Le SPVM fait le point

Le commandant Denis Mainville a un seul conseil à donner aux curieux qui seraient tentés de jeter un coup d’œil sur la vidéo de Luka Rocco Magnotta : ne le faites pas.
Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes Le commandant Denis Mainville a un seul conseil à donner aux curieux qui seraient tentés de jeter un coup d’œil sur la vidéo de Luka Rocco Magnotta : ne le faites pas.

Seulement quatre enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont visionné la vidéo dans laquelle Luka Rocco Magnotta aurait assassiné et profané le cadavre de Jun Lin, dont le commandant aux crimes majeurs, Denis Mainville. Malgré ses 29 ans de carrière, il s’est senti obligé de faire plus d’une pause avant d’arriver à la fin.

Le commandant Mainville a un seul conseil à donner aux curieux qui seraient tentés de jeter un coup d’oeil sur l’horreur à l’état brut : ne le faites pas. « Ça nous a pris quelques visionnements avant qu’on la voie dans son intégralité, parce que c’est très difficile. Ce sont des images qui nous demeurent en tête longtemps, et j’en ai vu d’autres, et mes enquêteurs aussi », a dit M. Mainville.


Jun Lin a été poignardé et coupé en une dizaine de morceaux devant la caméra. « Aux homicides, on est préparés à voir certaines choses difficiles, mais on n’est pas faits en béton », a dit M. Mainville.


Le SPVM a confirmé hier seulement que le pied et la main expédiés par la poste au Parti conservateur et au Parti libéral étaient ceux de Lin, grâce à des tests d’ADN. Les policiers cherchent encore à retrouver la tête, la main droite et le pied droit de l’étudiant chinois. En fin de journée, la police de Vancouver a fait savoir que des colis contenant un pied et une main étaient parvenus dans deux écoles, sans être en mesure de confirmer leur provenance.

 

Collaboration sans précédent


À la suite d’un appel d’un citoyen, le 29 mai, la police de Montréal a retrouvé le torse de Lin dans une valise et certains de ses membres dans des sacs. Les techniciens en identité judiciaire ont passé 18 heures à examiner les déchets (l’équivalent d’un camion à ordures) qui traînaient près de l’appartement de Magnotta, sur le boulevard Décarie dans Côte-des-Neiges. Ils y ont retrouvé l’arme du crime et des papiers au nom du présumé meurtrier.


L’homme le plus recherché de la planète avait pris la fuite trois jours auparavant pour se réfugier à Paris, puis à Berlin où il a été arrêté lundi grâce à la vigilance d’un employé d’un cybercafé.


Avec la collaboration d’Interpol, de la GRC, de la SQ, de l’Agence des services frontaliers du Canada, des policiers de Berlin et de Toronto et de la Brigade nationale de recherche des fugitifs, en France, le SPVM s’est engagé dans une traque aux répercussions planétaires. Selon les estimations du commandant Mainville, les policiers étaient en retard d’une douzaine d’heures sur leur suspect, dont ils avaient déjà validé l’identité dans la journée du 29 mai. « L’investissement de tous les corps de police a été vraiment sans précédent pour nous », a dit le commandant Mainville.


Luka Rocco Magnotta a comparu hier devant un juge berlinois. Il ne contestera pas son extradition au Canada, où il devra répondre de cinq accusations de meurtre prémédité, outrage à un cadavre, harcèlement criminel à l’égard du premier ministre Stephen Harper (l’ultime destinataire de l’un des colis), usage des Postes pour livrer un colis obscène et publication de matériel obscène.


Le film du meurtre sauvage est encore disponible dans Internet. Le propriétaire d’un site gore d’Edmonton, Mark Marek, qui a diffusé le premier la vidéo, pourrait être accusé de diffusion de matériel obscène. Le SPVM collabore avec le FBI pour tenter d’endiguer la propagation de la vidéo.


De nombreuses vérifications restent à faire quant aux allées et venues de Magnotta. Il a beaucoup voyagé dans les pays européens, où ses crimes ont éveillé l’attention d’enquêteurs locaux. Il a aussi vécu dans le Centre-Sud, à Montréal, et il était un assidu des bars et restaurants du quartier gai. Les enquêteurs du SPVM passeront en revue tous les dossiers de meurtres ou d’agressions non résolus pour voir s’il y a un lien potentiel avec Magnotta. « Des corps démembrés, il y en a eu d’autres au fil des ans », a dit M. Mainville.


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Avec l’Agence France-Presse

1 commentaire
  • Sébastien bouchard - Inscrit 6 juin 2012 06 h 55

    Le visonnement

    Si vous ne voulez pas que la population visionnent le video, première chose à faire arrêter d'en parler!! Vous faite seulement qu'entretenir la curiosité, ETC... Votre comportement de névrose ne fait que stimuler les autres. Il faudrait peut-être faire un peu de psychologie ou encore de psychanalyse ...