Jour 1 pour la commission Charbonneau

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	La Commission doit notamment enquêter sur les allégations d’infiltration du crime organisé sur les chantiers de construction.</div>
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
La Commission doit notamment enquêter sur les allégations d’infiltration du crime organisé sur les chantiers de construction.

La Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction amorce ses travaux aujourd’hui avec le discours d’ouverture de la juge France Charbonneau.

Mme Charbonneau ne répondra à aucune question des médias par nécessité de préserver son indépendance judiciaire et pour ne pas nuire à la suite des travaux. Au terme de cette première déclaration publique, qui risque d’être fort suivie, la Commission retournera en mode « veille » jusqu’à ce qu’elle entende, à partir du 4 juin, les demandes des parties pour obtenir un statut officiel.


Mme Charbonneau sera accompagnée seulement du commissaire Renaud Lachance aujourd’hui. L’autre commissaire, Roderick Macdonald, sera absent puisqu’il doit subir une intervention chirurgicale prévue de longue date.


Les travaux de la Commission auront lieu dans des locaux spécialement aménagés au coût de 1,7 million de dollars, au 500, boulevard René-Lévesque Ouest. La salle compte 125 places, dont 70 réservées au public selon la règle du premier arrivé, premier servi, et 12 pour les journalistes. Une salle de presse avec diffusion en différé, pouvant accueillir un peu plus de 20 journalistes, a aussi été aménagée.


La Commission a été instituée en octobre 2011, après plus de deux ans d’obstination du gouvernement Charest. Ses premiers pas furent laborieux, les libéraux refusant dans un premier temps d’accorder à la juge Charbonneau le pouvoir de contraindre des témoins et de leur accorder l’immunité. Les critiques émises par les partis d’opposition et le Barreau ont finalement convaincu le premier ministre Jean Charest d’accorder les pleins pouvoirs à la Commission.


Encore récemment, une loi a été votée à l’Assemblée nationale, à la demande de la juge Charbonneau, afin d’octroyer aux enquêteurs des pouvoirs d’inspection, de saisie de documents et de perquisition.


La Commission doit enquêter sur les allégations de corruption et de collusion dans l’octroi des contrats publics dans l’industrie de la construction, l’infiltration du crime organisé sur les chantiers et le financement occulte des partis politiques sur une période de quinze ans. Son rapport final doit être remis en octobre 2013.

 

Quatre mois de retard


La Commission compte environ quatre mois de retard en raison de la collaboration difficile avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Les procureurs ont dû se tourner vers les tribunaux pour obtenir l’accès à une importante partie de la preuve récoltée par la police fédérale dans l’opération antimafia Colisée.


La GRC a remis la semaine dernière une centaine de vidéos de l’opération Colisée, et elle compte transmettre à la Commission d’autres documents dans les prochains jours.


L’arrestation récente pour des affaires de fraude et de corruption d’élus municipaux (Frank Zampino et Richard Marcotte), d’entrepreneurs connus en construction (Tony Accurso et Paolo Catania), de fonctionnaires municipaux et d’ingénieurs va compliquer le travail de la Commission. Ces témoins auront peu d’incitatifs à collaborer alors que des procès criminels leur pendent au bout du nez.

7 commentaires
  • Simon Chamberland - Inscrit 22 mai 2012 06 h 36

    Se faire voler la vedette

    Avec les manifs étudiantes, la commission sera moins présente dans les premières pages et les ouvertures de bulletin. C'est pratiquement une bénédiction pour Charest.

    Quoique les déchiqueteuses se sont tellement fait aller dans les nombreux et long mois avant que Charest ait l'autorisation de lancer cette commission que je doute qu'il y ait beaucoup de choses qui sortent.

  • daniel Beauchamp - Inscrit 22 mai 2012 06 h 55

    Des preuves?

    La commission Charbonneau nous annonce peut-être qu'elle a réussi à obtenir une partie impotante de la preuve mais elle ne l'a pas au complet! Je ne crois pas qu'on puisse arriver à des résultats concluants aves des demi preuves! Il serait plus juste qu'on nous dise que c'est l'ARC qui refuse de remettre ses preuves plutot que la GRC car des fiscalistes de l'Agence du Revenu seraient impliqués dans une histoire de blanchiment d'argent. Cette comission sera une vraie mascarade de désinformation!

  • Pierre Vincent - Inscrit 22 mai 2012 08 h 25

    Les travaux ont débuté il y a plusieurs mois

    En fait, la Commission Charbonneau n'en finit plus de commencer, et le discours d'aujourd'hui sera suivi, dans douze jours, du début des audiences sur les demandes de reconnaissance de statut des intervenants. Puis, dès le 22 juin, la Commission fera relâche publique pour trois mois et ne sera de retour sous le radar que vers la mi-septembre. On peut donc supposer qu'il y aura d'autres arrestations spectaculaires entretemps et que lorsque les véritables audiences publiques de la Commission, avec témoins et tout le tralala médiatique, nous serons presque rendus au Congé des Fêtes. Et les élections dans tout cela, quand donc auront-elles lieu? En 2012 ou en 2013? La Commission doit déposer son rapport au cours de l'automne 2013 et le mandat du gouvernement actuel est valide jusqu'en décembre, sauf s'il perdait sa faible majorité avant...

  • Serge Grenier - Inscrit 22 mai 2012 08 h 41

    Les jeunes sont plus sérieux

    J'aimerais que le courage et la détermination des jeunes donne le bon exemple aux vieux qui à date y vont pas trop fort pour s'attaquer à la mafia, à la corruption, à la magouille.

    Serge Grenier

    • Jean Charest - Inscrit 22 mai 2012 11 h 19

      On ne peut blâmer ces honorables citoyens d’être réticents à se tirer dans le pied, d’autant que cette commission pourrait à terme assécher bien des caisses électorales…

  • Jacques Beaudry - Inscrit 22 mai 2012 11 h 30

    pas capable

    Je suis incapable d'y croire. Comment prêter le moindre crédit à une bébelle montée par Charest pis sa gang de patenteux.