La taupe au SPVM se serait suicidée

Ian Davidson, une présumée taupe au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a emporté dans sa tombe les secrets d'une fuite de renseignements sans précédent.

Davidson a été retrouvé mort hier matin dans un hôtel de Laval. Selon toute vraisemblance, il se serait suicidé avec un couteau; c'est la piste que le Service de police de Laval privilégie.

Davidson faisait l'objet d'une enquête interne du SPVM, avec la collaboration de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et de la Sûreté du Québec (SQ), depuis le mois d'avril dernier. Il aurait tenté de vendre à des membres de la mafia sicilienne des renseignements sur l'identité d'informateurs de police.

Davidson travaillait au sein du service des renseignements criminels du SPVM, et il était l'une des rares personnes à avoir accès à la liste de quelque 2000 informateurs et agents sources de la police. C'est après avoir pris sa retraite, en janvier dernier, qu'il aurait tenté de monnayer ses connaissances, mais sans succès.

En octobre dernier, il avait été arrêté à l'aéroport Montréal-Trudeau alors qu'il tentait de s'envoler pour le Costa Rica avec des informations importantes en sa possession. Aucune accusation n'avait cependant été portée contre lui.

Des sources au sein du SPVM confirment toutes qu'elles n'auraient jamais cru leur collègue capable d'une telle dérive.

Selon un ancien agent source qui a déjà infiltré les groupes de motards pour le compte de la SQ, cette fuite de renseignements plonge le SPVM dans l'embarras. «C'est un bris de sécurité majeur qui va affecter le lien de confiance entre le SPVM et les différents corps de police», dit-il sous le couvert de l'anonymat.

«Son suicide va permettre au SPVM de balayer sous le tapis une partie de la vérité, enchaîne-t-il. Combien de noms figuraient sur cette liste? Y a-t-il des copies? Et y a-t-il des agents d'autres corps de police, comme la SQ et la GRC, qui sont sur la liste?»

L'enquête du SPVM sur la fuite de renseignements se poursuit toujours. Des sources policières indiquent par ailleurs que le SPVM aurait pu tomber sur la piste de Davidson dans le cadre d'une autre enquête qui est toujours en cours.

À voir en vidéo

11 commentaires
  • Fabien Nadeau - Abonné 19 janvier 2012 07 h 16

    Question...

    Un suicide qui arrange tout le monde pourrait-il avoir été "arrangé"? Cherchez à qui la situation profite, vous allez faire avancer l'enquête. Je ne suis pas habituellement favorable aux théories de complot, mais là, franchement, j'ai des doutes qui bourdonnent comme des maringouins le soir avant une pluie d'été...

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 19 janvier 2012 08 h 33

    un suicide convénient

    On entendait hier certains détails comme quoi il se serait tranché la gorge ; ça demande beaucoup de "guts" de se suicider ainsi comparé à d'autres méthodes plus expéditives...

    Moi aussi j'ai des doutes...

  • bonasse - Inscrite 19 janvier 2012 08 h 43

    Pas de difference.

    Je suis consterné réalisant jusqu'à quel point les humains que nous sommes, placés dans certaines circonstances, allons devenir obsédés par le bien-être, la sécurité et la rédemption de notre propre petit cul éphémère, en oubliant complètement les conséquences, souvent très graves que ça implique pour les autres. C'est le propre de l'être humain que de pouvoir se rendre au summum de la lâcheté, de l'imposture et de la trahison.

    Il faut se préparer car ces tentations nous guettent tous: Quelqu'un qui ne vole pas parce qu'il a peur de se faire prendre est un voleur. Il ne manque que la bonne occasion.
    Quelqu'un qui ne trahit pas parce que ça n'est pas payant est un traître. Il ne manque que le pactole.
    Quelqu'un qui n'abandonne pas son navire parce qu'il n'est pas en péril est un lâche. Il ne manque que le récif.

    Il n'y a pas de différence entre un haut gradé des forces canadiennes (tueur en série), un sergent-détective au service des renseignements criminels (taupe à la retraite), ou un capitaine de navire de croisière (premier déserteur lors d'un naufrage).

    Alors je me la pose la question: "Est-ce que mes désirs et mes besoins, en tant que citoyen du monde pour quelques courtes années encore, tendent vers une morale communautaire, ou si au contraire je ne cherche qu'à satisfaire mon ti-cul insatiable?"

    Mais la morale finit toujours par nous rattraper : la honte nous fait désirer la mort.

  • Robert Sorbonne - Inscrit 19 janvier 2012 09 h 36

    Quelle tristesse !

    Quelle tristesse !

    Une histoire aussi simple que complexe à comprendre. Une réalité de notre société dont on ne peut malheureusement plus ignorer.

    Ce qui me dépasse est de savoir que l’individu Davidson avait été avisé par le corps policier que sa vie était menacée. Ce même organisme a pris la peine de l’aviser que son nom serait rendu public moins de 24 heures avant la tragédie. Étant rendu à ce point sérieux de l’enquête, pourquoi n’ont-ils pas pris la peine de l’incarcérer par mesures préventives ?

    Ici, l’utilisation du pluriel a pour but de nous sensibiliser que dans une telle circonstance, il n’y a pas seulement le corps policier qui avait la responsabilité d’assurer la sécurité de cet individu.

    Derrière cette histoire, il y a d’autres histoires. Malheureusement, le silence restera néant.

    Quelle tristesse ...

  • ElPuerco - Inscrit 19 janvier 2012 09 h 50

    @Guillaume L'altermontréaliste...

    "...convénient"???!!!

    il y a un mot bien français que tu aurais pu utiliser: COMMODE. Comme dans un "suicide commode"?

    Tu devrais utiliser le "Spellcheck" de ton ordi, ou encore mieux le logiciel de correction Antidote. Ça c'est vraiment "convénient"!!!

    Jérôme, un gars qui parle le bilingue "fluent".