Portrait - Une juriste «chevronnée»

France Charbonneau<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir France Charbonneau

France Charbonneau, responsable de la commission d'enquête sur la construction, est une femme aux nerfs d'acier qui ne s'en laisse pas facilement imposer. On lui doit notamment la condamnation pour double meurtre de Maurice «Mom» Boucher.

Mme Charbonneau, 60 ans, avait mené à terme le deuxième procès pour meurtre de Boucher, le chef de l'escouade de guerre des Hells Angels, en 2002. Outre l'attention médiatique et la pression inhérente à un procès contre le principal responsable de la guerre des motards au Québec, Mme Charbonneau avait dû affronter le tir nourri de l'un des plus redoutables plaideurs au Québec, Jacques Larochelle.

Croyante de son propre aveu, sans être «une Jesus freak», comme elle l'a déjà dit en entrevue à La Presse, elle s'est toujours sentie protégée. Elle n'a jamais eu peur de Boucher ni d'aucun accusé dans sa carrière. D'ailleurs, lors du procès, le chef des Nomads avait murmuré qu'elle n'était «pas son genre». «Ça tombe bien, vous n'êtes pas mon genre non plus!», avait-elle rétorqué.

France Charbonneau est rompue aux causes exigeantes. Durant le procès retentissant de Boucher, ses journées de travail commençaient à 6h du matin pour se terminer à 23h.

Contrairement au juge à la retraite Michel Bastarache, Mme Charbonneau connaît les arcanes des procès impliquant des témoins. Elle sera en mesure de discipliner les avocats quérulents et de cuisiner d'éventuels témoins hostiles ou louvoyants.

Dans sa carrière à titre de procureure de la Couronne, de 1979 à 2004, Mme Charbonneau a plaidé 82 causes de meurtre. Elle n'en a perdu qu'une seule. Le premier ministre, Jean Charest, a jugé ce bilan «impressionnant», qualifiant Mme Charbonneau de juriste «chevronnée».

«Je n'ai que de bons commentaires à faire sur France Charbonneau», a commenté aussi sur les ondes de RDI Bernard Roy, le procureur en chef de la commission d'enquête sur le scandale des commandites.

France Charbonneau a été nommée juge à la Cour supérieure, dans le district judiciaire de Montréal, le 26 février 2004. Elle a été nommée à la tête de la commission sur recommandation du juge en chef de la Cour supérieure, François Rolland. Durant ses années à la Couronne, elle fut notamment conseillère juridique de l'escouade Carcajou, de 1997 à 2000. Elle a également enseigné le droit pénal appliqué à l'enquête policière à la Faculté de droit de l'Université Laval. Elle fut admise au Barreau en 1978, à une époque où les femmes devaient batailler fort pour assurer leur place dans la communauté juridique.
4 commentaires
  • paumier1 - Abonné 20 octobre 2011 08 h 52

    Dommage

    Dommage de gâcher un si beau talent. Si Mme Charbonneau avait vraiment du nerf, elle refuserait de participer à cette mascarade commandée par le premier ministre. Justement parce qu'elle est experte. Si elle reste et trouve une façon de rendre ce cadre efficace, je serai le premier à lui envoyer des fleurs ! J'aimerais qu'elle réussisse mais les apparences sont contre elle... :(

  • Marc O. Rainville - Abonné 20 octobre 2011 12 h 01

    First step

    La juge Charbonneau est une ancienne de Carcajou. Les membres de cette brigade avaient les dents longues. Ils ont certainement conserrvé le goût du sang. Attendons de voir qui elle nomme à ses côtés.

  • - Inscrit 20 octobre 2011 19 h 40

    Commission fantôme

    Sans pouvoir de contraindre les témoins à comparaître, cette commission n'a aucun sens. Il vont envoyer des « Faire part » à des bandits et ils espèrent que ces derniers vont y répondre en se présentant, avec le risque de s'incriminer??? Quelle farce et je suis stupéfait que Mme Charbonneau participe à cette mascarade.

  • Louis Belliard - Inscrit 21 octobre 2011 20 h 14

    Souiller sa toge ?

    Le ridicule ne tue pas. C'est déjà prouvé depuis longtemps. M. Charest veut en refaire la preuve.

    Je présume que la juge Charbonneau ne savait pas à quelle mascarade elle aurait à participer avant d'accepter le mandat.

    Va-t-elle couvrir la collusion dans les contrats gouvernementaux avec sa toge ?

    La commission Bastarache n'a pas volé très haut. Peut-on voler plus bas ?

    Nous verrons.