Outremont - Lacerte n'est pas un danger, dit la Cour

Pierre Lacerte a poussé un immense soupir de soulagement hier après que la Cour du Québec eut mis un terme aux procédures criminelles engagées contre lui à l'instigation de la famille Rosenberg.

M. Lacerte est un homme «excessif, méticuleux et passionné», reconnaît la juge Manon Ouimet. Mais il ne constitue pas un danger pour la sécurité du promoteur immobilier Michael Rosenberg et celle de sa famille.

M. Lacerte documente les problèmes de voisinage entre les citoyens d'Outremont et les fidèles de la communauté juive orthodoxe qui fréquentent une synagogue de la rue Hutchison. Michael Rosenberg, le dirigeant de Rosdev, visitait souvent ce lieu de culte fondé par son père, en face de la résidence de Pierre Lacerte.

À des centaines de reprises, M. Lacerte a photographié des voitures stationnées illégalement devant la synagogue, dont celle de Michael Rosenberg. Il a mis les photos en ligne sur son blogue, et il a porté les faits à l'attention du conseil d'Outremont avec un indéniable zèle.

Michael Rosenberg a contacté la police en 2008, en se disant victime d'une surveillance injustifiée, d'intimidation et de harcèlement. L'enquêteur responsable du dossier a informé Pierre Lacerte que le prometteur était prêt à retirer sa plainte en échange de la fermeture de son blogue controversé.

M. Lacerte a refusé. La Couronne a entrepris des procédures en vertu de l'article 810 du Code criminel, pour le forcer à garder la paix. Cette disposition vise à prévenir la commission d'infractions criminelles, en astreignant le fautif à une série de conditions (semblables à une probation).

La juge Ouimet doute fort que Michael Rosenberg et son fils Martin aient pu se sentir menacés par Pierre Lacerte. À preuve, ils ont continué de lui adresser la parole, voire de le narguer en présence de témoins après le dépôt de la plainte. «La plainte au criminel aurait-elle été utilisée comme outil de négociation? Le fait que la fermeture du blogue demeure un objectif poursuivi par les plaignants jette forcément une ombre sur l'existence d'une crainte réelle de subir des lésions personnelles de la part [de Pierre Lacerte]», écrit la juge Ouimet.

Pierre Lacerte a de quoi déranger les Rosenberg, mais il ne les vise pas en particulier, enchaîne la juge. Il documente des infractions aux règlements municipaux commis par des membres de la communauté juive orthodoxe, principalement des stationnements en double file et des travaux sans permis à la synagogue.

Pierre Lacerte et les Rosenberg n'ont pas fini d'en découdre devant les tribunaux. Ils se poursuivent mutuellement au civil dans cette affaire.