Affaire Villanueva - Jean-Loup Lapointe a remis ses habits de patrouilleur

Le policier Jean-Loup Lapointe a été réintégré dans ses fonctions de patrouilleur, au cœur de Montréal, alors que l'enquête du coroner sur la mort du jeune Fredy Villanueva n'est pas encore terminée.

L'avocat de la famille Villanueva, Peter Georges-Louis, a eu la surprise de sa vie, le 29 août dernier, lorsqu'il a vu le policier Lapointe patrouiller dans le boulevard Saint-Laurent en vélo, en uniforme et avec son arme de service.

Me Georges-Louis était attablé au restaurant Maestro SVP en ce dimanche d'août qui marquait la fin de l'événement Mix'Arts. Pour l'occasion, le boulevard Saint-Laurent était fermé entre la rue Sherbrooke et l'avenue du Mont-Royal.

«J'ai manqué de m'étouffer quand j'ai vu l'agent Lapointe. Je n'en revenais pas. Ça n'a pas de bon sens qu'on puisse laisser ça passer. L'enquête du coroner n'est pas terminée, et il est déjà de retour en fonction», a relaté Me Georges-Louis.

Selon lui, Jean-Loup Lapointe est «un danger pour la sécurité de la population», et il ne devrait pas patrouiller dans un secteur aussi densément peuplé.

Aucune accusation


Daniel Rousseau, inspecteur à la division des communications du Service de police de Montréal (SPVM) confirme que Jean-Loup Lapointe a été réintégré à la brigade urbaine au début du mois d'août. «Il est de retour aux opérations parce qu'aucune accusation n'a été portée contre lui. Le SPVM a l'obligation de supporter moralement, psychologiquement et professionnellement l'ensemble de ses policiers», a-t-il dit.

L'agent Lapointe a abattu le jeune Fredy Villanueva, en plus de blesser deux de ses amis lors d'une intervention qui a mal tourné, le 9 août 2008, à Montréal-Nord. Aucune accusation criminelle n'a été portée contre lui à l'issue d'une enquête de la Sûreté du Québec (SQ).

Lors de l'enquête du coroner sur la mort de Villanueva, Lapointe a indiqué qu'il avait eu peur d'être désarmé et d'être tué par Fredy Villanueva et ses amis, alors qu'il tentait de procéder à l'arrestation, fort difficile, du frère de la victime, Dany.

Tâches administratives


L'agent Lapointe a été affecté à des tâches administratives après les incidents du 9 août 2008, mais il a pu récupérer son arme de service, un mois plus tard, en raison des craintes qu'il avait pour sa sécurité.

Rien n'empêche un policier impliqué dans un incident où il y a mort d'homme de reprendre la patrouille pendant une enquête du coroner, à la condition qu'il soit jugé apte à accomplir son travail.

L'inspecteur Rousseau assure que l'agent Lapointe est en état de faire son travail. «Si on le réintègre, c'est qu'on a confiance en notre employé», dit-il.