Reconnu coupable, Guy Lafleur connaîtra sa sentence le 18 juin

L'ancien hockeyeur étoile, Guy Lafleur, reconnu coupable hier d'avoir livré des témoignages contradictoires, connaîtra sa sentence le 18 juin.

Le juge Claude Parent, de la Cour du Québec, a dit ne pas croire Lafleur quand il soutient qu'il a tout simplement oublié de mentionner, devant le tribunal, les escapades de son fils Mark.

Le magistrat croit plutôt qu'il a voulu aider son fils à briser ses conditions de couvre-feu lui imposant de dormir chez ses parents quand il obtenait un congé du centre de désintoxication.

Guy Lafleur n'a démontré aucune émotion au moment de la lecture de la décision du juge Parent. Même si l'affaire le concernait, Mark Lafleur n'était pas dans la salle d'audience étant donné qu'il doit demeurer chez lui pour purger sa peine d'emprisonnement avec sursis.

La preuve a révélé que Mark Lafleur avait couché à l'hôtel avec sa nouvelle copine, à quatre reprises, à Pointe-Claire, tout près du domicile de ses parents. C'est d'ailleurs Guy Lafleur qui allait le reconduire.

Dans sa plaidoirie sur sentence, livrée immédiatement après l'annonce du verdict, la procureure de la Couronne, Lori Weitzman, a suggéré une peine d'emprisonnement avec sursis, c'est-à-dire de deux ans moins un jour et à purger dans la communauté. De son côté, Me Jean-Pierre Rancourt, l'avocat de Lafleur, a avancé qu'une amende serait bien suffisante et a fait valoir que son client n'avait rien fait pour lui-même, mais pour aider son fils.

«Pourquoi punir davantage Guy Lafleur?, a-t-il demandé au juge. Il l'a été pas mal jusqu'ici. Il a un dossier judiciaire ce qui l'empêchera de se rendre aux États-Unis où il a des affaires. Cette conséquence immédiate est très dommageable pour lui parce qu'il y allait régulièrement, chaque mois. Il y travaille pour le Canadien de Montréal, Bell Helicopter et d'autres affaires», a indiqué Me Rancourt.»

Dans le cas de témoignages contradictoires, la peine maximale est de 14 ans, ce qui écarte la possibilité d'une absolution. Toutefois, Me Rancourt reconnaît qu'il pourrait demander une dispense, mais l'obtention «peut prendre quelques années», a-t-il dit.

Du côté du Club de hockey Canadien, le vice-président aux communications et aux relations communautaires, Donald Beauchamp, a assuré que le verdict de culpabilité rendu contre Lafleur ne va rien changer. «Cette situation n'affectera pas son statut d'ambassadeur avec l'organisation des Canadiens», a-t-il avancé.

Pour ce qui est du verdict de culpabilité rendu contre son client, Me Rancourt a constaté qu'il avait eu un fort impact sur lui. «Il est très attristé. Il espérait un acquittement.»