Criminalité : le plus bas taux en 25 ans

La criminalité a reculé à son plus bas niveau en un quart de siècle au Canada en 2006 malgré des hausses marquées de certains crimes de violence. Saguenay, Trois-Rivières et Québec sont par ailleurs les trois villes les plus sûres au pays. Le taux de criminalité se situait à 7518 affaires par 100 000 habitants au Canada l'an dernier, en baisse de 3 % par rapport à 2005. Ce repli est attribuable à la diminution des délits sans violence, particulièrement la contrefaçon (50 000 crimes en moins), les vols inférieurs à 5000 $ et les introductions par effraction. Par contre, des augmentations ont été enregistrées pour les taux de tentatives de meurtre, voies de fait graves, voies de fait armées ou causant des lésions, vols qualifiés et enlèvements ou séquestrations.

Le Canada se maintient néanmoins sur une trajectoire positive puisque le taux de criminalité a fléchi du tiers depuis 1991, révèle la plus récente étude du Centre canadien de la statistique juridique.

D'un océan à l'autre, les forces policières ont enquêté sur 605 meurtres l'an dernier, soit 58 de moins qu'en 2005. Le taux d'homicide est de 1,9 par 100 000 habitants, en baisse de 10 % sur un an. Au chapitre des meurtres, le Québec offre le meilleur bilan du pays après l'Ontario. En effet, il faut remonter au «Vive le Québec libre!» du général de Gaulle, en 1967, pour trouver un taux d'homicide aussi bas que celui de 2006 (1,22 par 100 000 habitants). Deux villes de la province, Saguenay et Trois-Rivières, peuvent même se targuer de n'avoir connu aucun assassinat sur leurs territoires respectifs en 2006!

Montréal arrive au quatrième rang des villes les plus criminelles (toutes activités illicites confondues) parmi les agglomérations de plus de 500 000 personnes, tout juste derrière Winnipeg, Vancouver et Edmonton. Pour le taux d'homicide, par contre, la métropole se classe en queue de peloton (7e avec 1,4), suivie de la ville de Québec (8e et dernière, ex-aequo avec Hamilton). Malgré tout le battage autour des fusillades sinistres à Toronto, la capitale ontarienne affiche un bilan relativement sain avec un taux d'homicide de 1,8.

Tous types de délits confondus, Toronto est d'ailleurs la quatrième ville la plus sûre au Canada. C'est cependant à la région du Saguenay que revient la palme du taux de criminalité le plus faible, suivie de Trois-Rivières et Québec.

En règle générale, les provinces et les villes de l'Ouest sont confrontées aux pires problèmes de délinquance. Dans l'ordre, la Saskatchewan, le Manitoba, la Colombie-Britannique et l'Alberta affichent toutes des taux de criminalité largement supérieurs à la moyenne nationale, tandis qu'ils étaient inférieurs à la moyenne partout ailleurs sauf en Nouvelle-Écosse. À titre d'exemple, le taux de vols de voiture est trois fois plus élevé au Manitoba que dans le reste du pays. Le taux d'introduction par effraction au Manitoba, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique est environ une fois et demi celui du Canada. Les taux d'homicide y sont également plus importants que dans toutes les autres provinces. La préoccupation de l'Ouest pour la loi et l'ordre et l'importance que prennent ces questions dans l'arène politique trouvent ainsi certains fondements.

Du côté des jeunes

Du côté des jeunes de moins de 18 ans, le portrait est beaucoup plus mitigé. Le taux de criminalité des mineurs a augmenté de 3 % en 2006, soit la première hausse depuis 2003. Le taux de jeunes inculpés d'homicide était à son plus haut niveau depuis 1961 avec 3,3 meurtres par 100 0000 personnes. Seulement 84 jeunes ont été mis en accusation pour 54 meurtres. Il s'agit de chiffres modestes et soumis à d'importantes fluctuations annuelles, précise Statistique Canada.

Du côté des mises en accusation, les effets positifs de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents (LSJPA) continuent de se faire sentir. L'an dernier, moins d'un jeune délinquant sur deux a fait l'objet d'une mise en accusation officielle. L'un des objectifs de la LSJPA consiste d'ailleurs à soustraire du système de justice pénale les adolescents qui ont commis des délits mineurs ou sans violence. Pour les crimes de violence grave, il y a peu de place pour les mesures extrajudiciaires. Dans ces cas là, les trois quarts des jeunes ont été mis en accusation formellement.

La guerre à la drogue continue par ailleurs de faire des victimes parmi les «poteux» inoffensifs. Bien qu'elles aient diminué légèrement, les infractions liées au cannabis représentent toujours 60 % de toutes les affaires de drogue. Pire encore, près d'un dossier de drogue sur deux (toutes substances et tous crimes confondus) se résume à une banale affaire de possession de marijuana.

Les épisodes d'enlèvement ou séquestration ont connu une hausse phénoménale. La police en recensait environ 500 au milieu des années 1980, comparativement à plus de 4000 en 2006, un bond de 700 %. Malgré la croyance populaire, les enfants ne sont pas plus en danger. En effet, le rapt de mineurs a diminué depuis 15 ans. De façon générale, les deux tiers de ces crimes sont perpétrés par le père ou la mère.

À l'opposé, l'agression sexuelle poursuit sa tendance à la baisse. Le taux de 2006 (68 agressions par 100 000 habitants) est en baisse de 7 % par rapport à 2005. Il s'agit d'un plancher historique sur plus de 20 ans.

L'étude du Centre canadien de la statistique juridique énumère enfin les principaux facteurs qui pourraient expliquer le taux de criminalité du Canada. Des études ont démontré par le passé une corrélation positive entre la recrudescence des crimes à motivation financière (vol qualifié, vol de voiture, introduction par effraction) et la montée de l'inflation. La recrudescence des homicide est associée pour sa part à la hausse du chômage et de la consommation d'alcool. Une récente série d'études de Statistique Canada réalisées à Winnipeg, Montréal et Regina révèle en dernier lieu qu'à l'intérieur des villes, les taux de criminalité les plus élevés sont observés dans les quartiers où les ménages affichent les revenus les plus faibles.
4 commentaires
  • armand belivo - Inscrit 19 juillet 2007 00 h 17

    Tabarnak! Je suis à la veille de me désabonner.Quand on me fout sur la gueule Toronto et le Saguenay en comparaison dans la même phrase je me dis....C'é qui çà Bryan Myles...? Calvaire!, je veux bien croire que c'est l'été mais tout de même...

    Montréal arrive au quatrième rang des villes les plus criminelles (toutes activités illicites confondues) parmi les agglomérations de plus de 500 000 personnes, tout juste derrière Winnipeg, Vancouver et Edmonton. Pour le taux d'homicide, par contre, la métropole se classe en queue de peloton (7e avec 1,4), suivie de la ville de Québec (8e et dernière, ex-aequo avec Hamilton). Malgré tout le battage autour des fusillades sinistres à Toronto, la capitale ontarienne affiche un bilan relativement sain avec un taux d'homicide de 1,8.

    Tous types de délits confondus, Toronto est d'ailleurs la quatrième ville la plus sûre au Canada. C'est cependant à la région du Saguenay que revient la palme du taux de criminalité le plus faible, suivie de Trois-Rivières et Québec.

  • Pierre Castonguay - Inscrit 19 juillet 2007 05 h 19

    Se réjouir certes ... mais beaucoup reste à faire

    La criminalité en baisse.

    L'article de Bryan Miles sur la baisse de taux de criminalité est fort réjouissant dans son ensemble et nous y adhérons avec satisfaction. Cependant depuis cinq années j'ai vécu l'enfer à Laval, Pont-Viau, rue Jubinville entre Grenon et Lévesques.
    Un locataire de mon voisin immédiat de droite (un couple formé d'une québécoise et d'un membre des minorités visibles) vendait des stupéfiants avec une activité nocturne intense pendant que le locataire du haut était en bris de probation et fut arrêté par la police pour retourner à son logement et y mettre le feu. Un locataire du second de mon voisin immédiat d'en face (couple de québécois) vendait des stupéfiants en collaboration avec ceux de gauche et furent évincés en même temps qu'un nouveau propriétaire résident est venu mettre fin à la saga de la drogue chez mon voisin de gauche. Mon second voisin de droite était aux prises avec une femme qui se prostituait pendant que son ami de coeur vendait de la drogue. Ce dernier l'a mis en contact avec un client qui lui a transmis le VIH tandis que le dit ami de coeur a abusé sa fillette sexuellement. J'ai vu toute la vie de cette jeune femme et sa fille s'écrouler. A la fin sans meubles et sans électricité et sans enfant on lui fournissait une extension électrique pour qu'elle se réchauffe à l'aide d'une chaufferette d'appoint tandis qu'ayant vendu tous ses meubles elle dormait à même le sol. Encore là, c'est l'arrivée d'un nouveau propriétaire résident qui mit fin à cette saga. Récemment mon voisin de droite immédiat a abrité un couple (québécoise et membre des minorités visible qui vendait de la drogue). L'histoire a pris fin quand le membre des minorités visibles qui provenait de Montréal Nord a été atteint de 4 balles (tandis qu'à quelques rues de chez moi, deux autres fusillades semblables ont eu lieu chez des membres de minorités visibles qui refusent tous de collaborer avec l'enquête policière.

    Dans les cinq dernières années :

    J'ai perdu mon poste suite à du harcèlement d'une consultante à McGill.
    J'ai fait une dépression.
    Pendant ma dépression j'ai subi du harcèlement moral de mon épouse qui était excédée de me voir en dépression et de vivre dans un environnement urbain avec un tel niveau de criminalité tandis qu'elle était infidèle. J'ai envoyé mon fils vivre chez ma femme (en partie à cause des tensions que je vivais de l'environnement criminel dans lequel j'étais et ma peur qu'il lui arrive quelque chose.) Ma fille refuse de revenir me voir étant donné le voisinage. Ma femme séparée demande le divorce avec garde exclusive étant donné que je lui ai envoyé mon fils en fin mai.

    Toute ma vie est réduite en cendres et je suis en train de perdre ma maison.

    La criminalité de mon environnement immédiat alors que j'étais moi-même en dépression est en partie responsable de la fin de mon couple après 19 années de mariage.

    Alors vous comprendrez, que même si les nouvelles sont bonnes j'éprouve quelques difficultés à en éprouver toute la portée.

    Cette semaine, en allant chez mon avocat pour la demande de divorce de mon épouse j'ai failli à deux reprises de me jeter à l'eau en traversant le Pont-Viau. En arrivant à mon domicile, un homme saoul était en train d'essayer de s'en prendre à mon chien (le seul être vivant qui ne m'ait pas encore été enlevé). C'est qu'il demeure encore un junkie en face de chez moi et qu'il en sort toutes sortes de comparses en état d'ébriété. Lorsque le nouveau propriétaire a essayé de l'évincer (un avocat de l'aide juridique lui a écrit en alléguant que cet homme est malade) : il est donc protégé par le système juridique. Pourtant l'an passé des protagonistes le fréquentant ont offert aux pré adolescents de ma rue de vendre de la drogue.

    Alors lui est malade, et nous sommes en santé.

    Maintenant, connaissant le fond de toute l'histoire, croyez-vous que j'ai l'intention de cesser de critiquer nos politiciens...allez, ne riez pas, répondez-moi sérieusement...

    Le Harcèlement politique c'est :

    - Le fait de harceler un citoyen impliqué à son travail
    - Mettre fin à son emploi et voir à ce qu'en dépit de plus d'une vingtaine d'entrevues de recherche d'embauche, on ne fournissent pas de bonnes recommandations afin qu'il ne puisse pas se replacer
    - Créer par abstention de mesures, un environnement de vie qui corresponde à l'enfer pour ce citoyen
    - Favoriser la dissolution de son couple par ces mesures (perte d'emploi, dépression, environnement criminel)
    - Favoriser son isolement
    - L'inciter indirectement au suicide en espérant qu'il passe à l'acte le plus tôt possible

    Comme je n'ai pas d'argent pour me payer un avocat de poursuite, je ne prend aucune mesure contre Philippe Couillard qui ne prend aucune mesure bien qu'il connaisse très bien le dossier, pour que McGill me donne du travail et cesse de me harceler par action et abstention de soutien.
    On me paie à rien faire dans un environnement urbain infecte, parce que comme Félix Leclerc le dit : c'est la meilleure façon de tuer un homme.

    Pierre Castonguay
    60 Jubinville
    Laval QC
    H7G 3C7
    450-668-3349

  • jacques noel - Inscrit 19 juillet 2007 06 h 03

    Saguenay, Trois-Rivières et Québec: villes homogènes

    Comme par hasard les 3 villes les moins violentes au Canada sont aussi les 3 villes les plus homogènes du Canada. Plus une population est homogène, moins il y a de tensions raciales, moins il y a de violence.
    Qu'on pense aux villes japonaises ou coréennes, par rapport aux villes américaines.

  • Roland Berger - Inscrit 19 juillet 2007 11 h 54

    Société distincte

    Je sais, c'est usé, ça fait cliché. Mais les dernières statistiques sur la violence au Québec montrent que l'approche y est différente, qu'on pense plutôt à prévenir la délinquance qu'à la punir. Mais pourquoi donc ce Québec s'obstine-t-il à demeurer dans cette con-féfération ?
    Roland Berger
    London, Ontario