Le crash du 7 décembre 1998 face à Baie-Comeau - Le pilote manquait d'expérience

Au terme d'une analyse minutieuse, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) attribue l'accident d'avion mortel survenu en face de Baie-Comeau, le 7 décembre 1998, au laxisme de Transports Canada, à l'improvisation d'Air Satellite, à la faiblesse du pilote ainsi qu'au mauvais entretien de l'appareil.

La plongée de l'appareil dans les eaux du fleuve Saint-Laurent, à un mille marin du bout d'une piste de l'aéroport, a entraîné dans la mort sept personnes et en a blessé gravement trois autres.

L'appareil a piqué du nez après que le pilote eut amorcé un virage dans le but de revenir atterrir à Baie-Comeau, son point de départ, plutôt qu'à Rimouski, comme prévu.

Dans les mois précédant l'accident, Transports Canada avait jugé «plutôt faible» le pilote en question, notant qu'il éprouvait des difficultés liées au vol avec instruments, manifestait une nervosité inhabituelle dans des conditions de givrage et ne comptait que quatre jours d'expérience hivernale avant l'accident.

Le BST estime que la décision de décoller dans les conditions climatiques qui sévissaient ce jour-là «était discutable» et que le fait que l'appareil avait une surcharge de plus de 200 livres «a probablement contribué à une diminution de performances».

Pour ce qui est de Transports Canada, le BST note que les inspecteurs de ce ministère avaient relevé, lors de la dernière vérification réglementaire, des défectuosités mettant en cause la navigabilité de certains aéronefs d'Air Satellite.

Il signale de plus que le transporteur régional n'a pas exécuté les corrections exigées par Transports Canada, qui étaient pourtant «essentielles à la navigabilité de certains aéronefs», et qu'il a «remis en service des appareils qui n'auraient pas dû l'être».

Le BST indique ensuite, à mots couverts, que l'accident a eu pour effet de faire sortir de leur torpeur les inspecteurs de Transports Canada.

«Après l'accident, alors qu'un inspecteur de Transports Canada était en route vers Baie-Comeau pour suspendre le certificat d'exploitation de la compagnie, Air Satellite a volontairement remis ledit certificat et a suspendu ses opérations durant 15 jours», peut-on lire dans le rapport.

Aucun message de détresse

L'analyse du BST a en outre révélé qu'aucun message d'urgence en vol n'a été lancé et qu'aucun signal de radiobalise de repérage d'urgence n'a été émis, d'où le retard à obtenir du secours après l'écrasement.

La radiobalise n'avait pas été installée conformément aux exigences du fabricant et de Transports Canada, ce qui n'a pas été noté par les inspecteurs de Transports Canada, signale le Bureau de la sécurité des transports.

L'appareil a été localisé par un enfant qui observait le fleuve et l'hélicoptère de secours n'a pu décoller que 27 minutes après le signalement de l'accident car les pilotes étaient tous partis casser la croûte.

«Le temps d'intervention des secours a été plus long qu'il aurait pu l'être», commente le BST, de sorte que trois survivants ont été retrouvés en état d'hypothermie et qu'ils ont dû abandonner à son sort la copilote, qui était inconsciente et qu'un des survivants maintenait à flot à bout de bras. Son corps n'a jamais été retrouvé.

Les enquêteurs du BST signalent que la copilote, dont la tâche principale était d'effectuer les communications air-sol, aurait dû aviser la station d'information de vol de Mont-Joli de la décision de faire demi-tour. À défaut, le commandant de bord aurait pu faire connaître sa situation au contrôle de la circulation aérienne. Les enquêteurs émettent plusieurs hypothèses pour expliquer cette omission mais ne tranchent pas.

Pour ce qui est d'Air Satellite, le BST mentionne que «le fait que l'appareil a décollé avec plusieurs défectuosités et que de nombreuses irrégularités de maintenance ont été notées révèle un manque de surveillance de la part de la compagnie».

«Il semble que le directeur de la maintenance n'était pas en mesure d'assumer seul les responsabilités liées aux différents postes de gestion qu'il occupait», indique-t-on dans le rapport.

Plus encore, «le pilote et le copilote avaient peu d'expérience dans ces conditions difficiles et pouvaient difficilement, par conséquent, prendre des décisions efficaces avant et pendant le vol».

«Vu que l'équipage peu expérimenté a décidé de décoller dans des conditions difficiles, avec un appareil enneigé et en surcharge, à destination d'un aéroport où les conditions météo offraient peu de chances d'atterrir, il est permis de conclure que la direction des opérations n'a pas exercé un niveau de surveillance approprié», conclut le BST.
2 commentaires
  • MarisolLauzon - Inscrit 27 août 2011 19 h 20

    info!

    bla bla..je ne suis pas en accord avec tout ce qui a ete ecrit la!!

  • Jean-Michel Picard - Inscrit 7 décembre 2011 17 h 13

    Je n'aime pas les avions, ni les pilotes !

    Pourtant, des gens sont bien morts : dont le père de ma meilleure amie...