Benoît XVI se veut interlocuteur et missionnaire

Cité du Vatican — Au lendemain de la messe célébrée pour l'inauguration de son pontificat, le pape a reçu hier matin au Vatican les représentants des différentes religions.

Il a souligné à cette occasion la volonté de l'Église de «continuer à construire des ponts d'amitié» avec les autres religions et a appelé toutes les confessions et traditions religieuses à être «des artisans de paix».

Pour la première fois, il s'est adressé particulièrement aux représentants musulmans en saluant «les progrès du dialogue entre musulmans et chrétiens, aussi bien au plan local qu'international».

Un de ses premiers gestes jeudi dernier, deux jours après son élection, avait été d'adresser un message au Grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, pour l'assurer de sa volonté de «poursuivre le dialogue et renforcer la collaboration avec les fils et les filles du peuple hébreu».

Benoît XVI souhaite également oeuvrer à la reconstruction de «l'unité des chrétiens» divisés en plusieurs Églises ou «communautés ecclésiales».

Et il étend sa volonté de dialogue «à ceux qui suivent d'autres religions ou qui simplement cherchent une réponse aux questions fondamentales de l'existence et qui ne l'ont pas encore trouvée».

En fin de journée, le pape a effectué sa première visite officielle hors du Vatican depuis son élection.

Il s'est rendu en pèlerinage jusqu'à la basilique romaine Saint-Paul hors-les-murs, située à la périphérie de la capitale, pour prier sur la tombe de l'apôtre Paul, présenté par l'Église comme celui qui a annoncé l'Évangile aux «gentils» (nom alors donné par les juifs aux païens).

Il a annoncé à cette occasion sa volonté de suivre l'exemple du «pape missionnaire» Jean-Paul II et a demandé à Dieu de lui «donner la force d'annoncer l'Évangile dans le monde d'aujourd'hui».

Plusieurs milliers de personnes l'ont accueilli à son arrivée à la basilique, et il a pris un bain de foule.

Benoît XVI, homme très réservé, semble s'habituer à l'exercice. Une rencontre très chaleureuse avec ses compatriotes hier matin après l'audience accordée aux représentants des autres religions lui a permis de se détendre.

Arrivé en retard, il s'en est excusé en expliquant qu'il était «devenu italien». Le pape est également l'évêque de Rome.

Benoît XVI a ensuite raconté en allemand, sur le ton de la confidence, ses sentiments lors du conclave qui l'a élu pape.

«Quand, lentement, le déroulement du scrutin m'a fait comprendre que la guillotine s'approchait et me regardait, j'ai demandé au Seigneur de m'épargner ce sort. Mais évidemment, cette fois-ci, le Seigneur ne m'a pas écouté, a-t-il raconté. Je n'avais pas d'autre choix et j'ai dit oui.»