Un prêtre psychanalyste une fois de plus dans la tourmente

L’association lyonnaise La Parole libérée a lancé lundi un «appel à témoignages».
Photo: Klemen Misic Getty Images L’association lyonnaise La Parole libérée a lancé lundi un «appel à témoignages».

Paris — Le diocèse de Paris de l’Église catholique, une nouvelle fois aux prises avec des soupçons d’agressions sexuelles en son sein, a annoncé lundi avoir créé une commission pour entendre d’anciens patients dénonçant les pratiques d’un prêtre psychanalyste.

Cette commission, dont l’existence a d’abord été rendue publique par une association lyonnaise de victimes à l’origine de la révélation de scandales de pédophilie ces derniers mois, est active depuis septembre, a confirmé à l’AFP le diocèse.

Plusieurs médias avaient fait état au printemps de nouvelles accusations, dix ans après de précédentes plaintes, à l’encontre de Tony Anatrella, prêtre du diocèse de Paris accusé de recourir à des thérapies déviantes sur de jeunes hommes dans son cabinet de psychanalyste.

Plus les victimes se manifesteront, plus le diocèse de Paris sera à même de comprendre les pratiques de Tony Anatrella

 

L’AFP avait recueilli le témoignage de Fabien, qui avait évoqué une « bonne dizaine » de « séances spéciales » gratuites en 2010-2011 : « une demi-heure d’attouchements », suivie d’« une demi-heure de débriefing sur le ressenti, les émotions ».

Tony Anatrella a toujours farouchement nié avoir eu le moindre geste déplacé, en particulier à l’époque de trois plaintes pour « agressions sexuelles » qui s’étaient soldées par un non-lieu en 2008, notamment parce que les faits étaient prescrits.

Auréolé d’un certain prestige de Paris à Rome, ce « spécialiste en psychiatrie sociale » est toujours, à 75 ans, « consulteur » auprès de deux conseils pontificaux au Vatican.

En mai, l’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, avait demandé à un prêtre venu relayer de nouvelles accusations d’« encourager ces personnes à prendre contact personnellement et à porter plainte », assurant qu’il ne pouvait « agir sur la base de déclarations anonymes ou indirectes ».

Depuis, « des personnes nous ont contactés directement. Elles sont entendues par une commission », a affirmé à l’AFP la déléguée à la communication du diocèse, Karine Dalle. « On leur garantit la confidentialité des échanges et on mènera cette démarche à son terme », poursuit-elle. Interrogé sur d’éventuelles mesures conservatoires immédiates à l’égard du père Anatrella, le diocèse rappelle qu’il n’exerce plus de ministère pastoral.

L’association lyonnaise La Parole libérée a lancé lundi un « appel à témoignages ». « Plus les victimes se manifesteront, plus le diocèse de Paris sera à même de comprendre les pratiques de Tony Anatrella », souligne-t-elle.

L’avocat de Tony Anatrella, Benoît Chabert, assure quant à lui que le dossier judiciaire est vide.