Fondation 2.0

Alice Mariette Collaboration spéciale
Le compte Twitter du pape François est suivi par des millions de personnes à travers le monde.
Photo: Gabriel Bouys Agence France-Presse Le compte Twitter du pape François est suivi par des millions de personnes à travers le monde.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Fidèle à sa mission d’aider spirituellement et financièrement le Grand Séminaire de Montréal, la Fondation souhaite accentuer sa présence sur les médias sociaux en vue d’élargir son audience. Page Facebook et chaîne YouTube facilitent le dialogue avec les habitants des régions et lui permettent de se connecter à la jeunesse.

Avec les nouveaux médias, montrer une autre réalité pastorale et faire connaître les activités sont les principaux objectifs du directeur de la Fondation du Grand Séminaire de Montréal, Sébastien Froidevaux. « Dans les grands médias, on parle souvent du pape, mais rarement de ce qu’il se passe au quotidien dans notre Église », estime-t-il. Arrivé à la direction en 2012, M. Froidevaux, âgé de 35 ans, pense que ces nouvelles plateformes permettent de susciter l’intérêt d’un public plus large. « Aujourd’hui, nous sommes parfaitement à l’aise avec le Web 2.0 », affirme-t-il.

De son avis, la page Facebook, créée en 2014, offre une belle visibilité et permet une interaction qui n’était pas possible avant. Chaque matin, une prière de la communauté de Taizé, en France, est publiée sur la page. Pour le reste, c’est le directeur lui-même qui publie les activités de la Fondation ou des informations sur les grands événements. Près de 1000 personnes sont actuellement abonnées à la page et M. Froidevaux affirme que de nouvelles s’ajoutent chaque jour. Un public diversifié, selon lui, composé autant de 18-35 ans que de plus de 60 ans. « Ce qui nous plaît, c’est de voir qu’il y a des jeunes qui nous suivent et que des gens vont voir régulièrement la page Facebook », commente-t-il.

En même temps que la création du compte Facebook, l’idée est venue à la Fondation d’avoir sa propre chaîne YouTube. Un studio d’enregistrement a alors été financé par les Chevaliers de Colomb et la famille Desmarais. « Les vidéos nous permettent de montrer ce qu’il se passe de beau et de vrai dans notre Église québécoise, témoigne M. Froidevaux. On essaie d’en mettre en ligne le plus souvent possible, sur différents thèmes. » Au lancement de la chaîne, des bulletins de nouvelles étaient publiés de façon hebdomadaire. Toutefois, le directeur admet que le manque de temps a contraint ces clips à devenir plus sporadiques, chaque trimestre ou au moment de grands événements. D’autres vidéos, de messes ou d’offices, sont aussi régulièrement publiées.

Filmer la réalité pastorale

Le 16 mai prochain, jour de la Pentecôte, la Fondation va diffuser les fruits d’un tournage dans le diocèse de Baie-Comeau. Sur la route 138, au départ de Tadoussac, jusqu’à Natashquan, le directeur et le vidéaste Armand Bastien sont partis à la rencontre des religieux, des prêtres et des laïcs de 18 paroisses. Pendant deux semaines, ils ont mené une trentaine d’entrevues. « On a fait près de 800 kilomètres, on s’arrêtait sur la route pour rencontrer et filmer les membres des différentes paroisses », témoigne M. Froidevaux. Dans le cadre de ce documentaire, ils sont aussi allés à Mani-Utenam et à Uashat. « On a de beaux témoignages de membres de la communauté autochtone qui nous parlent de leur foi catholique », ajoute-t-il.

Le tout va être compilé dans un documentaire d’une cinquantaine de minutes. La Fondation prévoit le rendre accessible sur sa chaîne YouTube, après la présentation officielle dans le diocèse de Baie-Comeau le 16 mai, en présence de l’évêque Mgr Jean-Pierre Blais. « Nous essayons aussi de rentrer en contact avec la chaîne Historia, pour voir si elle souhaite diffuser le documentaire », précise M. Froidevaux.

Le directeur confie vouloir continuer à aller filmer d’autres paroisses partout au Québec et à montrer d’autres « réalités diocèsales », en vue de lancer une série de documentaires. « Nous voulons présenter différents fonctionnements de paroisses et montrer aussi qu’il n’y a pas uniquement le diocèse de Montréal et les grands diocèses, explique M. Froidevaux. Il y a aussi ceux des régions éloignées. » Un autre tournage dans l’archidiocèse de Sherbrooke est déjà en préparation. « Début avril, nous allons filmer six communautés religieuses, parler de leur histoire, de leur spiritualité et aussi de leur implication dans la société québécoise dans le passé et dans le monde d’aujourd’hui », explique-t-il. Il cite, comme source d’inspiration, Les discrètes d’Hélène Choquette, documentaire paru en 2014 sur les Soeurs de la Providence.

D’autres projets sont prévus, notamment pour souligner le 375e anniversaire de la ville de Montréal en 2017. « Nous allons nous intéresser aux communautés qui ont fondé Montréal, révèle M. Froidevaux. Nous allons essayer de faire des tournages d’ici la fin de l’année, notamment avec les Religieuses hospitalières de Saint-Joseph. » La Fondation prévoit définir le plan de tournage à la mi-avril.

Nouvelle stratégie de communication

Alors que le compte Twitter du pape François est suivi par des millions de personnes à travers le monde et que sa première photo a été publiée sur Instagram, le samedi 19 mars dernier, la Fondation ne prévoit pas une présence sur ces deux plateformes. « Nous ne pensons pas que [Twitter et Instagram soient] les médias les plus appropriés pour nous, car il faut vraiment être très présent, même publier plusieurs fois par jour, estime M. Froidevaux. Mais c’est sûr qu’en voyant les avancements de la technologie, il faudra peut-être se mettre à la page d’ici deux ou trois ans, et peut-être qu’il y aura de nouveaux médias. »

Sébastien Froidevaux entend bien continuer à utiliser les nouvelles technologies. « Mon conseil d’administration m’a demandé de trouver une nouvelle stratégie de communication sur plusieurs années pour mieux faire connaître la Fondation, confie-t-il. Je suis en train de contacter plusieurs entreprises de médias pour voir quelle est la meilleure à adopter. » L’équipe souhaite aussi profiter de l’année prochaine, le 375e de la Ville de Montréal, pour être plus présente dans les médias.