L’Égypte adopte une réforme controversée du droit de manifester

La loi interdit, entre autres choses, la tenue de rassemblements dans les lieux de culte. Ci-dessus, des jeunes fuyant les gaz lacrymogènes lancés lors d’une manifestation vendredi.
Photo: Agence France-Presse (photo) Mohamed el-Shahed La loi interdit, entre autres choses, la tenue de rassemblements dans les lieux de culte. Ci-dessus, des jeunes fuyant les gaz lacrymogènes lancés lors d’une manifestation vendredi.

Le Caire — Le président égyptien par intérim a promulgué dimanche une loi controversée autorisant les autorités installées par l’armée après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi à interdire des réunions ou des manifestations susceptibles de menacer la sécurité publique.

 

Le texte, qui provoque depuis des semaines l’ire des défenseurs des droits de l’homme, prévoit des peines d’un à cinq ans de prison ferme pour des délits allant du port de la cagoule à celui d’armes lors de défilés ou de rassemblements, a annoncé au cours d’une conférence de presse le porte-parole de la présidence, Ehab Badaoui.

 

La loi oblige en outre les organisateurs à informer les autorités de leur manifestation au moins trois jours ouvrables avant sa tenue. Ils doivent également fournir leurs coordonnées, le lieu ou le trajet du cortège, leurs revendications et les slogans qui seront scandés. Le ministère de l’Intérieur peut ensuite décider d’interdire le rassemblement s’il représente une « menace pour la sécurité », a expliqué M. Badaoui.

 

La loi interdit aussi la tenue de rassemblements dans les lieux de culte et le départ de manifestations de tels lieux, alors que les défilés islamistes partent traditionnellement des mosquées en Égypte.

 

Liberticide?

 

Interrogé dimanche par l’AFP, le premier ministre, Hazem Beblawi, a précisé que l’État n’attendait pas des organisateurs qu’ils « demandent l’autorisation » des autorités, mais qu’« ils les informent ». « Cette loi ne restreint pas le droit de manifester, mais vise à protéger les droits des manifestants », a-t-il insisté.

 

Dans le pays où le gouvernement réprime depuis la mi-août de manière extrêmement violente les manifestants islamistes qui réclament le retour au pouvoir de M. Morsi, la loi prévoit, en cas de violences de la part des manifestants, une « utilisation graduée de la force », allant des « avertissements verbaux au tir de chevrotines en passant par les canons à eau, les matraques et les gaz lacrymogènes ».

1 commentaire
  • Sylvain Auclair - Abonné 25 novembre 2013 12 h 29

    Comme le règlement montréalais

    L'importance des peines mise à part, on dirait un clone du désormais célèbre règlement P-6!