Port du voile - Les motifs derrière les apparences

Les motifs pour lesquels une musulmane porte le voile sont multiples. Bien sûr, certaines le portent par conviction religieuse, mais d’autres le portent pour des raisons purement esthétiques.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les motifs pour lesquels une musulmane porte le voile sont multiples. Bien sûr, certaines le portent par conviction religieuse, mais d’autres le portent pour des raisons purement esthétiques.
Québec — La sociologue Leïla Benhadjoudja travaille depuis trois ans sur le féminisme des musulmanes francophones du Québec. Elle constate qu’un monde sépare la réalité de ces femmes de la perception qu’on peut avoir d’elles. Surtout lorsque le voile entre en ligne de compte.

« On ne peut pas faire de corrélation directe entre le port du voile et les rapports de domination qui peuvent exister dans un couple », souligne l’étudiante au doctorat basée à l’UQAM.
 
« Chez les femmes musulmanes, la représentation qu’on se fait du corps, du couple, de la famille peut différer, mais ça ne veut pas dire que ce sont des femmes soumises. C’est très paternaliste de dire ça. »
 
Les femmes voilées sont très minoritaires parmi les musulmanes du Québec, et parmi celles qui portent le hidjab, les trois quarts ne sont pas fondamentalistes.
 
Or, avec l’actualité internationale et des drames familiaux très médiatisés comme celui de la famille Shafia, les stéréotypes ont la vie dure. « Quand elles disent publiquement : “Je ne suis pas soumise, c’est mon choix”, il reste un soupçon. »
 
Un voile, plusieurs sens
 
Leïla Benhadjoudja a concentré ses recherches sur un groupe bien particulier : des musulmanes engagées qui militent au sein de différents organismes. Sur le « terrain », elle a noté à quel point le voile pouvait avoir un sens différent d’une femme à l’autre.
 
« Il y en a qui le portent par appartenance à une religion. D’autres, par appartenance à une communauté. Certaines le portent par pure spiritualité, d’autres par pure esthétique. » Par esthétisme ? « Bien sûr ! Il y a des voiles roses, rouges. Il y a des femmes qui se sentent belles avec leur voile. Ça, je sais, c’est difficile à comprendre, parce qu’ici, la norme est autre. »
 
D’une génération à l’autre, l’islam est souvent vécu de façon différente. « Certaines femmes [plus âgées] ont porté le voile par tradition. Les jeunes sont beaucoup plus dans une recherche spirituelle. On s’approprie la religion et on en fait quelque chose d’individuel. »
 
Elle suggère qu’au Québec, notre passé catholique nous fait réagir de façon particulièrement sensible au phénomène. « Le malentendu au Québec, c’est qu’on y a vécu une Révolution tranquille, dont une des luttes s’est faite contre le pouvoir de l’Église. Sauf que ces néo-Québécoises qui sont nées ici ou ailleurs n’ont pas vécu le même processus. Si pour certains Québécois, la religion représente un passé douloureux, ce n’est pas le cas pour les nouveaux Québécois, et c’est là qu’est le “clash”. »

Féminisme islamique
 
Quand même : que pensent ces femmes du port de signes beaucoup plus contraignants comme le niqab ou la burka ? « Il y a de tout. Il y a des femmes qui n’appuient pas le niqab. Il y en a qui croient que c’est le choix de celles qui veulent le porter… Vous savez, [les musulmanes], ce n’est pas une équipe de foot ! Ce n’est pas un parti politique avec une ligne de parti. Il y a de tout. Elles ont leurs opinions, ce sont des individus - j’ai presque envie de dire - comme les autres. »
 
Leïla Benhadjoudja souligne qu’il existe aussi dans le monde un courant de « féminisme islamique ». Ce mouvement est apparu au cours des années 1980 en Iran quand des croyantes ont voulu proposer une interprétation plus féministe du Coran.
 
Dans un article paru l’hiver dernier, elle explique que « cette lecture basée sur le Coran repose sur le principe d’égalité totale et absolue entre les sexes ». « Certaines intellectuelles musulmanes et féministes sont très critiques quant au “fiqh”, la jurisprudence islamique, car il a toujours été confié à des hommes. » Elle avance même à un certain endroit que ce féminisme islamique fait l’objet d’une sorte de « révolution tranquille ».
 
Par contre, elle juge très important de se fonder sur la réalité d’ici et non de l’Iran ou du Maroc pour réfléchir au port du voile. Les femmes qu’elle a rencontrées ici ne comprennent pas pourquoi « elles doivent se justifier par rapport à ce qui se passe en Afghanistan ».
 
Depuis que le débat sur la Charte a démarré, les plus étonnées sont les jeunes, celles qui sont nées ici. « En fait, elles tombent de leur chaise. Elles n’arrivent pas à y croire, parce que ce n’est pas le Québec dans lequel elles ont grandi. […] On leur renvoie l’image qu’elles ne sont pas tout à fait d’ici, pas tout à fait québécoises. »

Se faire entendre
 

Ces femmes, elle les a rencontrées à nouveau lors des récentes manifestations à Montréal. Certains slogans l’ont marquée comme « Pauline Marois, c’est à ton tour de nous laisser parler d’égalité » ou encore « Le Québec n’est pas la France ».
 
Parmi ces femmes, beaucoup n’étaient pas des habituées des manifestations et de l’action sociale. « Elles disaient : “Qu’est ce qu’on a fait de mal ? On n’a jamais causé de problèmes !” »
 
La bonne nouvelle, c’est que des débats comme celui qui nous anime actuellement peuvent amener ces femmes à davantage se faire entendre. « Je vois un changement. Je crois que certaines vont peut-être décider de se mobiliser. »

 

82 commentaires
  • Gaetane Derome - Abonnée 23 septembre 2013 00 h 59

    Merci pour votre article mais..

    J'aime bien votre article,il est interessant d'avoir le point de vue de ces femmes mulsumanes et rassurant de savoir que certaines portent meme le voile par coquetterie,ce sera d'autant plus facile pour ces dernieres de l'enlever sur les heures de travail..
    Je peux tres bien comprendre que ces femmes tiennent a leur culture,leur us et coutume mais nous avons aussi les-notres.On ne leur demande pas de tout abandonner mais seulement de faire un effort sur leurs heures de travail,et seulement a celles qui travaillent dans la fonction publique.
    Voyez-vous,si j'irais travailler dans un pays musulman je ne pense pas que je m'habillerai comme ici et dans certains pays je devrais me couvrir les cheveux..et pourtant je suis agnostique.

    • Nicolas Vincent - Inscrit 23 septembre 2013 09 h 25

      "rassurant de savoir que certaines portent meme le voile par coquetterie,ce sera d'autant plus facile pour ces dernieres de l'enlever sur les heures de travail"

      Elle est pas mal celle-là. Alors vous n'aurez vous-même aucun problème à laisser à la maison vos robes printanières et bijoux? Réécrivons la Charte dans ce sens!

      Vous illustrez au fond parfaitement le côté surréaliste du débat actuel. En se limitant au cas des femmes musulmanes qui portent le hijab, il y a au fond trois possibilités:

      1) Elles le portent par conviction religieuse et il s'agit d'un choix personnel: dans ce cas, d'un côté l'article de la Charte viole leur liberté de religion, de l'autre il n'a rien à voir avec l'égalité homme/femme. Il est tout à fait raisonnable de penser qu'il amènera un retrait accru de ces femmes du reste de la société.

      2) Elles le portent par conviction religieuse de leur mari, non la leur: sur la base de leurs discours, j'ai l'impression que c'est ce que pensent les groupes féministes et Mme Marois. L'article semble débouter cette hypothèse, mais bon, passons. Quel sera l'effet de la Charte? Certaines femmes seront possiblement "libérées", leurs maris préférant le revenu additionnel au port du voile. D'autres se retireront vraisemblablement du marché du travail et resteront à la maison. Encore une fois, il est loin d'être clair pourquoi nous devrions nous attendre à un effet "bénéfique" de la Charte.

      3) Le port du voile est un choix de coquetterie personnelle: la Charte est, dans ce cas, une perte de temps et d'énergie monumentale. Elle devrait plutôt s'attaquer aux gilets serrés et tatous de tout genre.

      Et l'aspect laïc de l'État dans tout ça? Je continue à me demander pourquoi une musulmane sans voile ou un catholique sans croix serait nécessairement moins porté à promouvoir une "idéologie religieuse" dans ses actions au 12ème étage des bureaux de la SAAQ, mais bon, qqn m'expliquera peut-être un jour cette partie-là...

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 23 septembre 2013 10 h 55

      Les employés de bureau sont-ils concernés par la Charte ? Il me semble que le code vestimentaire doit s'appliquer uniquement à ceux qui ont affaire au public (et encore, pas tous).

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 23 septembre 2013 11 h 01

      Monsieur Vincent,
      à lire votre commentaire, on croirait qu'il s'agit non pas d'une Charte des valeurs québécoises, mais d'une Charte contre le voile islamique. La Charte interdirait le port de symboles religieux ostentatoires aux employés de l'État lorsqu'ils sont dans l'exercice de leurs fonctions. Su le voile est un symbole religieux ostentatoire, la Charte s'applique à lui. Si le voile est un choix de coquetterie personnelle, ça ne fait pas que la Charte est inutile et qu'elle doit s'attaquer "aux gilets serrés et aux tatous" ; ça fait tout simplement qu'elle ne s'applique pas au voile, tout en continuant de s'appliquer par ailleurs aux symboles religieux ostentatoires. (Maintenant je serais curieuse de savoir comment convaincre que le voile est un choix de coquetterie personnelle, ça me parait fort douteux.)

    • simon villeneuve - Inscrit 23 septembre 2013 11 h 09

      M.Vincent "Je continue à me demander pourquoi une musulmane sans voile ou un catholique sans croix serait nécessairement moins porté à promouvoir une "idéologie religieuse"..."

      Si vous assumer que la charte ne fait reference qu'a cela, oui vous avez raison.
      Malheureusement a mon avis, vous ne voyez qu'une minime facette du debat en ne faisant parler que du voile.

      SVilleneuve

    • Nicolas Vincent - Inscrit 23 septembre 2013 12 h 57

      Non, la Charte telle que présentée en ce moment s'applique à tous les employés de l'État, qu'ils soient ou non en contact avec le public. C'est clairement indiqué sur le site du gouvernement: http://www.nosvaleurs.gouv.qc.ca/fr/propositions/3

      Je réalise que plusieurs personnes ignorent toujours cette distinction, des semaines après le début des discussions sur le sujet. C'est triste. Mais il faut dire que les politiciens tentent plus souvent qu'autre chose d'obscurcir le débat...

    • Claude Bernard - Abonné 23 septembre 2013 14 h 15

      @ Mme. Collin et M. Villeneuveuve,

      Oui, malheureusement, la Charte semble viser principalement le voile islamique.
      Les seules victimes seront les femmes qui refuseront d'enlever leur voile et se retrouveront au chomage.
      Et pourquoi? Pour porter la neutralité de l'État à des sommets inégalés et dont la nécessité n'a pas été démontrée.

    • Nicolas Vincent - Inscrit 23 septembre 2013 14 h 43

      @Mme Pépin: comme je l'indique clairement dans mon texte, j'utilise le voile islamique simplement comme exemple, un exemple d'autant plus bien choisi qu'il est le sujet de l'article en question et celui que vous utilisez vous-même dans votre commentaire.
      De plus, en réponse à votre premier commentaire, je tiens à réitérer que l'article 3 de la Charte s'appliquerait à tous les employés de l'État, qu'ils soient ou non en contact avec le public.

      @M. Villeneuve: voir mon commentaire ci-haut en réponse à Mme Pépin. Ceci étant dit, vous avez, ironiquement, copié-collé le passage où je faisais aussi référence à la croix catholique...

      Quoiqu'il en soit, soyons sérieux un moment: il faut vraiment jouer à l'autruche pour ne pas voir le jupon qui dépasse gros comme ça... Soyons au moins honnêtes, avouons que ce qui nous dérange vraiment, c'est la religion des autres. Un exemple? Il suffit de s'attarder à ces pirouettes d'artiste du gouvernement à propos de la taille acceptable des signes religieux ostentatoires: les Québécois catholiques de souche ne se verront pas embêtés par leur crucifix au cou, alors qu'à ce que je sache, kippa et hijab ne peuvent être "rappetissés" afin de plaire aux balises de taille décrites par M. Drainville. Et que dire du maintien du crucifix de l'Assemblée Nationale parce qu'il fait partie "de notre patrimoine et héritage"? Dans tout cette histoire, le gouvernement donne certainement l'impression de vouloir s'attaquer à certaines religions en particulier, tout en n'embêtant pas trop les chrétiens. Donc arrêtons de jouer à l'autruche: cela permettra au minimum d'évacuer l'hypocrisie de tout ce débat.

    • Gilles Théberge - Abonné 23 septembre 2013 15 h 34

      Monsieur Vincent pose une question «pourquoi une musulmane sans voile ou un catholique sans croix serait nécessairement moins porté à promouvoir une "idéologie religieuse"»...

      On ne parle pas de promouvoir on parle d'exhiber un signe de façon ostentatoire, ce qui en soit est un message non verbal univoque...

      Et madame Derome a raison de signaler qu'en travaillant dans un pays musulman, la question de l'habillement ne se pose même pas. En Arabie notamment et ailleurs dans ces contrées.

      Quand certainse journalistes, pensons à madame Galipeau de radio Canada ainsi que madame Ouimet de La Presse vont en reportage, elles prennent garde de passer inaperçues en se vêtant en conséquences.

    • Jean-Michel Poirier - Inscrit 23 septembre 2013 15 h 43

      Ce débat est à mon avis totalement ridicule. Cette charte est inutile, car une personne qui porte un couvre-chef (peu importe sa nature) ne démontre pas un sens du professionalisme et donc restreint ses possibilités sur le marché du travail. Est-ce que vous irez passer une entrevue pour un emploi avec une casquette ou un chapeau de paille. Non, car cela ne colle pas à l'image professionelle que les entreprises recherchent en général. Si on veut être juste, il faut voir les signes religieux en dehors de leurs significations. Un turban est un chapeau comme un autre, un Kirpan est un couteau comme un autre etc etc...
      Si l'état désire être Laïc elle devrait commencé par arrêter de financé des structures qui promouvoie la religion. Le seul exemple qui me vient en tête se sont les écoles juives.

  • Carl Brabant - Abonné 23 septembre 2013 01 h 23

    Un choix libre? Vraiment?

    Je me méfie des symboles ostentatoires qui pourraient promouvoir des idéologies sous un couvert religieux.

    Si le foulard était un signe religieux, en vertu du principe de liberté de religion, on devrait forcément être contre la charte qui intervient dans une liberté individuelle.

    Si, au contraire, on pense que le foulard est politique et qu'il est un outil d'affirmation de l'islam et de l'idéologie qu'il représente, on sent la nécessité de le contrer.

    Il est ironique de constater que le même texte religieux, le Coran, sert à l'imposition de la burka aux Afghanes, du niqab aux Saoudiennes et de variations de l'hijab pour les autres. On doit aussi se rappeler qu'Atatürk a interdit le voile en Turquie au début du XXe siècle, qu'il ne se portait plus dans l'Égypte de Nasser ou la Tunisie de Bourguiba et que Mohammed V au Maroc a enlevé le voile à sa fille autour de 1956.

    Dans l'histoire récente, l'intégrisme musulman et la neutralisation des courants musulmans libéraux correspondent à l'enrichissement en pétrodollars des pays du Golfe. Coïncidence, c'est depuis ce temps que le hijab est réapparu dans le monde musulman et qu'il est de plus en plus visible en occident.

    Dans un pays musulman, à moins d'être masochiste, une femme va porter le voile, le niqab ou la burka selon qu'elle affronte les frères musulmans, la police islamique, les talibans ou la volonté de son père ou de son mari. En occident, c'est plutôt la pression de sa communauté ou la volonté de son mari. Je n'exclue pas la possibilité d'une croyance religieuse sincère mais, de toute façon, le voile exprime publiquement l'adhésion de celle qui le porte à un islamisme radical. Le voile exprime également la primauté des valeurs d'un certain islamisme par rapport aux us et coutumes du pays d'accueil. De grâce, ne soyons pas naïf. Le voile est surtout un étendard publicitaire de l'islam!

    Par conséquent, la laïcité représente la moins pire méthode d'assurer une cohésion sociale et de consolider l'

    • Bernard Leblanc - Inscrit 23 septembre 2013 11 h 30

      Mme «gaetane derome» vous écrivez :«Je peux très bien comprendre que ces femmes tiennent a leur culture, leur us et coutume mais nous avons aussi les nôtres.».

      Saviez-vous madame Derome que 500 ans avant la naissance de Mahomet, le lien entre le foulard et la relation spirituelle des femmes à Dieu est d'origine chrétienne, à cause d’une interprétation de Saint-Paul? Voici un court extrait : (Première lettre de Paul aux Corinthiens 13-14) :«Jugez par vous-mêmes : est-il convenable qu’une femme prie Dieu sans être voilée ?»:.

      Alors cette lettre de Paul est le premier écrit issu des religions monothéistes à avoir lié le voile des femmes à leur relation à Dieu, en avançant des arguments strictement religieux, c’est-à-dire en incluant le voile dans une démonstration théologique. Dans les écritures monothéistes – la Bible hébraïque, le Nouveau Testament et le Coran – seule la première lettre de Paul aux Corinthiens justifie le port du voile par les femmes en l’appliquant aux rapports qu’ont les hommes et les femmes à Dieu.

      Ce texte génère tout un discours sur la tenue des femmes et imposait avoir durablement de se couvrir la tête dans tout le monde chrétien alors que le voile des femmes n’était auparavant qu’une pièce de vêtement d’origine païenne localisée dans les villes des pourtours de la Méditerranée aussi bien en Occident qu’en Orient.

      Dans le Coran, Dieu dit à Mohammed d’ordonner aux femmes de se couvrir et de rabattre leur vêtement sur leur poitrine pour que les hommes les respectent, mais le texte n’inscrit pas cette démarche dans le rapport que doivent avoir les femmes à la divinité : le voile n’est que social. La coutume, citadine et païenne, du voile des femmes acquiert donc avec Paul (v. 5-15/v. 62-64) un statut religieux qui est le propre du christianisme.

      Première épître de saint Paul aux Corinthiens, 11 : 2-16 :

      (Bravo à madame Porter, pour son texte qui a généré une profusion de beaux textes concernant le voile musulman.)

    • Louka Paradis - Inscrit 23 septembre 2013 16 h 29

      à B. Leblanc : Justement dit, ces croyances et coutumes remontent à une époque fort lointaine. Peu me chaut que ce soient St-Paul, Mahomet ou Adil Charkaoui qui dictent ces prescriptions aux femmes : c'est un patriarcat révolu. On doit vivre maintenant et ici, c'est-à-dire selon les coutumes et valeurs du Québec de 2013, au 21e siècle. L'obscurantisme et l'aliénation des femmes ? Non merci !

      Louka Paradis, Gatineau

    • Léandre Nadeau - Inscrit 23 septembre 2013 16 h 47

      @Carl Brabant. Très intéressant votre commentaire.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 23 septembre 2013 17 h 23

      Bravo! Mr Brabant pour vos connaissances approfondies sur ce sujet...C'est très rafraichissant par rapport aux nombreux commentaires qui n'ont pas cette même base..
      Je veux juste ajouter un détail...Madame Leila B. devrait relire le Coran et les lois de la Sharia qui en découlent...Elles sont loin de faire justice aux femmes en comparaison aux hommes...

  • Diane Gélinas - Abonnée 23 septembre 2013 01 h 55

    Le port du voile au Québec, c'est là que le bât blesse

    1. «Par contre, elle (Leïla Benhadjoudja) juge très important de se fonder sur la réalité d’ici et non de l’Iran ou du Maroc pour réfléchir au port du voile.» (!!!)

    La réalité d'ici, c'est le choix d'un État neutre qui respecte toutes les religions;
    il est donc normal de demander à ses fonctionnaires et autres représentants
    de laisser leurs croyances au vestiaire durant leurs heures de travail!

    2. «La bonne nouvelle, c’est que des débats comme celui qui nous anime actuellement peuvent amener ces femmes à davantage se faire entendre.» (...)

    Et si, plutôt, ces débats fournissaient à nos soeurs voilées québécoises
    l'occasion d'apprécier la réaction viscérale d'une multitude de leurs soeurs
    québécoises face aux services de l'État rendus par des personne qui affichent
    leur religion. Pour reprendre votre texte : «ici, ce n'est pas l'Iran ni le Maroc».

    Ne réalisent-elle pas que leur obstination à afficher leur religion corrobore
    l'impression de leur refus d'intégration dans la société d'accueil? Après tout,
    il ne s'agit que de restrictions limitées aux employées des secteurs public et
    para-public, et seulement durant leurs heures de travail.

    3. «Je vois un changement. Je crois que certaines vont peut-être décider de se mobiliser.»

    Se mobiliser pour imposer leur point de vue à la société d'accueil?
    Ou plutôt se mobiliser pour analyser les motifs fondés sur la neutralité de l'État
    et en arriver à une prise de conscience de l'importance d'offrir les services de
    l'État sans afficher ses allégeances?

    Conclusion : La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres!

  • Carl Brabant - Abonné 23 septembre 2013 02 h 09

    Le voile coquet - ça arrive!

    J'ai enseigné dans un cégep jusqu'à janvier 2007.

    Il m'est arrivé de voir quelques jeunes filles voilée.

    Plus souvent qu'autrement, elles le portaient de manière coquette: voiles de couleurs vives, maquillage, vêtements qui les mettaient en valeur.

    Cette façon de faire respecte la lettre d'une obligation imposée du port du voile mais en contourne outrageusement l'esprit. C'est comme si elles avaient voulu clouer le bec à un père, un frère ou une communauté qui les obligeaient à le porter.

    Le plus pur style ado, mouture musulmane.

    Signe religieux? À d'autres!

  • Annie-Ève Collin - Inscrite 23 septembre 2013 05 h 49

    pour des raisons esthétiques ?

    Je porte de nombreux accessoires pour des raisons esthétiques, mais quand l'activité que je veux pratiquer exige de les enlever temporairement, ce n'est pas un problème. Ces dames qui portent un hidjab pour des raisons esthétiques peuvent-elles s'en départir à la piscine ? À la plage, pour pouvoir se baigner avec les autres? Dans un cours d'éducation physique ? Dans un milieu de travail où l'on demande de porter un uniforme et de ne rien lui ajouter ?