Premier recours collectif de victimes de prêtres pédophiles au Québec

Des recours collectifs de victimes de prêtres pédophiles ont lieu dans plusieurs pays du monde, mais il s’agit du premier du genre à survenir au Québec.
Photo: Agence France-Presse (photo) Samuel Kubani Des recours collectifs de victimes de prêtres pédophiles ont lieu dans plusieurs pays du monde, mais il s’agit du premier du genre à survenir au Québec.

Québec – C’est lundi que commencera au palais de justice de Québec le premier recours collectif de l’histoire de la province mené au nom de présumées victimes de prêtres pédophiles.

 

Les agressions se seraient déroulées au séminaire Saint-Alphonse, à Sainte-Anne-de-Beaupré, en banlieue de Québec, de 1960 à 1987.

 

Au nom des victimes, le requérant Frank Tremblay allègue que les membres de la congrégation se sont concertés ou ont comploté pour commettre ou cacher des agressions.

 

M. Tremblay reproche aussi à la communauté religieuse et à l’établissement scolaire d’avoir comploté pour garder les présumées agressions secrètes.

 

La cinquantaine de victimes qui se seraient manifestées réclame chacune 100 000 $ aux prêtres visés, au séminaire Saint-Alphonse, qui est depuis devenu le collège Saint-Alphonse, et à la congrégation du Très-Saint-Rédempteur.

 

Frank Tremblay demande quant à lui des dommages-intérêts de 750 000 $.

 

Lors de son témoignage au procès du père Raymond-Marie Lavoie, qui était professeur et surveillant de dortoir au séminaire Saint-Alphonse, Frank Tremblay avait affirmé que son bourreau et ses collègues étaient des « démolisseurs d’enfants ».

 

Trois ans de prison

 

Le père Lavoie a plaidé coupable en juillet 2011 à 21 chefs d’accusation en lien avec des agressions sexuelles commises sur 13 pensionnaires. Il a été condamné à cinq ans de prison.

 

Les élèves, principalement de 1re et 2e secondaires, étaient agressés à l’occasion de cours de musique où ils se trouvaient seuls avec leur professeur ou lorsqu’il les invitait dans sa chambre, voisine du dortoir, pour passer la nuit.

 

Au cours de son procès, il avait affirmé avoir agi de son propre chef, sans se concerter ou comploter avec d’autres collègues, contrairement aux allégations des victimes.

 

Le directeur des communications de l’Association des victimes de prêtres, Carlo Tarini, déplore qu’aucune entente à l’amiable n’ait été conclue entre les différentes parties. « Pour les victimes, c’est une deuxième injustice. Après la première injustice d’avoir été violés et d’avoir vu leur enfance volée par des prêtres pédophiles, maintenant, en tant qu’adulte, ils sont obligés de venir raconter ces gestes pour obtenir une indemnisation », rage-t-il.

 

Il aurait souhaité que la congrégation prenne l’initiative de contacter tous les anciens élèves du séminaire et qu’elle mette sur pied un programme pour soutenir toutes les victimes. « C’est assez obtus et scandaleux de voir que des communautés religieuses utilisent l’argent qu’elles récoltent des chrétiens pour défrayer les honoraires des avocats pour défendre l’indéfendable », ajoute-t-il.

1 commentaire
  • Hermil LeBel - Inscrit 9 septembre 2013 13 h 52

    Les orphelins de la DPJ...

    Lorsque la vérité sortira au sujet des enfants de la DPJ et les réseaux pédocriminels alimentés par ces criminels à la solde de l'état voyou, le scandale qui s'ensuivra éclipsera sans aucun doute celui des orphelins de Duplessis. Comment expliquer la complaisance des journalistes à ce propos ?