Le pape pourrait modifier les règles du conclave pour accélérer la succession

Vatican — Le pape Benoît XVI pourrait modifier les règles qui encadrent la tenue du conclave de manière à accélérer le choix de son successeur.

Le porte-parole du Vatican, le révérend Federico Lombardi, a révélé mercredi qu'une nouvelle loi est à l'étude pour clarifier le processus.

La loi actuelle stipule que les cardinaux doivent attendre 15 jours après que la papauté soit devenue vacante avant d'organiser un conclave, d'où la date du 15 mars qui est évoquée depuis un moment. Ce délai vise à permettre à tous les cardinaux de se rendre à Rome, mais prend pour acquis que le pape est décédé et que des funérailles doivent être organisées.

Dans ce cas-ci, tous les cardinaux savent que le pontificat de Benoît XVI se terminera le 28 février, ce qui leur donne amplement de temps pour revenir à Rome.

De plus, certains experts rappellent que pratiquement tous les cardinaux seront à Rome pour la dernière audience générale du pape, le 27 février, et pour sa dernière rencontre avec les cardinaux, le lendemain.

Le préfet adjoint de la bibliothèque du Vatican, Ambrogio Piazzoni, a expliqué que la loi actuelle précise que les cardinaux qui sont à Rome doivent attendre 15 jours avant d'organiser le conclave, pour permettre à tous leurs confrères de se rendre à Rome. Rien n'interdirait toutefois le début du conclave avant l'expiration de ce délai de 15 jours.

Un expert américain précise de son côté qu'il serait grandement préférable que le pape Benoît XVI autorise un début hâtif du conclave, de manière à dissiper toute ambigüité. On croit que le conclave pourrait débuter autour du 10 mars, pour assurer que le nouveau pape aura été choisi à temps pour les célébrations de Pâques.


3 commentaires
  • Frédéric Jeanbart - Abonné 20 février 2013 13 h 04

    Je ne comprends pas

    Pourquoi vouloir "accélérer" la succession? Pour en bâcler la qualité de sélection? Car ne ne vois pas où est l'urgence contemporaine : qu'un pape meurt ou démissionne (bien que cela soit inédit), c'est le même contexe de succession qui devrait prendre place non? Alors, quelle est cette urgence les poussant à soudainment vouloir en accélérer le processus? Pour pousser à l'extrême, la Mafia est-elle dans le coup (une dynamique de dérèglementation qui nous a rendu vilnérables, et dont on a l'expérience au Québec)? Avait-on déjà choisit le nouveau Pape pour faire suite à une démission bizarre? En tout cas, c'est louche, au plus haut point!

    • Raymond Labelle - Abonné 20 février 2013 15 h 55

      Comme le dit l'article, il s'agit d'écourter le délai entre la fin du mandat du pape et le début du conclave. Ce délai était prévu pour permettre aux cardinaux de se rendre à Rome - car la date précise où le mandat d'un Pape prend fin n'est pas toujours prévisible (très très généralement, le décès d'un Pape). Comme, dans ce cas-ci, les cardinaux connaissent cette date avec précision et qu'ils seront pour la plupart à Rome de toute façon dès le 27 février, ce délai de 15 jours est inutile. Il pourrait être écourté.

      Cela n'écourte en rien la durée du conclave lui-même à partir de sa réunion, ni ne bâcle quelque procédure que ce soit quant au choix du Pape.

    • Marc Lacroix - Abonné 21 février 2013 07 h 45

      Vous sautez aux conclusions un peu rapidement, nous sommes dans des circonstances très différentes que celles imposées par le décès imprévu du pape et les moyens de transport actuels ne sont pas ceux du 19e siècle. Quant aux risques de pression de groupes externes, ce n'est pas quelques jours, de plus ou de moins, qui ferait une différence notable. Je ne vois simplement pas ce que l'organisation aurait à gagner à étirer les délais alors, où serait le problème ?