«Vatileaks»: Nuzzi demande la clémence pour le majordome du pape

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	Le majordome de Benoît XVI, Paolo Gabriele, au centre, a été condamné samedi à un an et demi de prison pour avoir volé des documents confidentiels du pape.</div>
Photo: Agence France-Presse (photo) Osservatore Romano
Le majordome de Benoît XVI, Paolo Gabriele, au centre, a été condamné samedi à un an et demi de prison pour avoir volé des documents confidentiels du pape.

Cité du Vatican — L’auteur du livre sur le scandale « Vatileaks », Gianluigi Nuzzi, demande la clémence pour le majordome de Benoît XVI, Paolo Gabriele, condamné samedi à un an et demi de prison pour avoir volé des documents confidentiels du pape.
Plusieurs journaux européens ont publié lundi un éditorial de Gianluigi Nuzzi dans lequel le journaliste italien défend les actions de Paolo Gabriele, cherchant à les mettre dans un contexte qui, selon lui, n’a pas été complètement expliqué pendant le procès. M. Nuzzi a fourni un exemplaire de cet éditorial à l’Associated Press.

Samedi, le tribunal du Vatican a reconnu le majordome coupable d’avoir volé des documents confidentiels du pape et les avoir transmis à M. Nuzzi dans l’affaire des fuites au Vatican, le scandale « Vatileaks ». Mais il pourrait toutefois bénéficier d’une grâce pontificale, selon le Saint-Siège.
 
La sortie en mai du livre de Gianluigi Nuzzi, Sa Sainteté: Les documents secrets de Benoît XVI, avait donné de l’ampleur à cette affaire, alors que les fuites alimentaient déjà la presse italienne depuis plusieurs semaines.
 
L’ouvrage contient nombre des documents dérobés, dont une série de lettres et mémos confidentiels destinés au pape lui-même ou écrits de sa main et celle de son secrétaire particulier, Mgr Georg Gänswein.
 
Selon M. Nuzzi, Paolo Gabriele recevait des confidences, notamment de cardinaux du Vatican et d’évêques, qui venaient vers lui « jour après jour » avec leurs secrets et leurs soucis, en « espérant qu’il les transmettrait au pape ». Benoît XVI avait pour sa part demandé une plus grande transparence au sein de l’Église, et il était lui-même apparemment parfois volontairement laissé à l’écart.
 
« Gabriele doutait fortement que Benoît XVI soit toujours au courant ou reçoive des informations fiables », écrit M. Nuzzi.
 
M. Gabriele « m’a parlé avec cette profonde perplexité, son sentiment de gêne justifié par un amour filial pour le pape, une adoration pour sa simplicité, racontant des histoires d’homme au milieu des loups », poursuit M. Nuzzi.
 
De nombreuses questions que Paolo Gabriele a mises en lumière n’ont pas été expliquées, « mais elles expliquent certainement la frustration d’un homme qui, confronté à ces intrigues, a perçu la fragilité de son pasteur dans une bataille entre le bien et le mal », écrit M. Nuzzi.