La Mohawk Kateri Tekakwitha sera canonisée à l'automne prochain

Le «Lys des Mohawks», Kateri Tekakwitha<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Stan Honda Le «Lys des Mohawks», Kateri Tekakwitha

Vatican — La Mohawk Kateri Tekakwitha, enterrée à Kahnawake dans la région de Montréal, sera canonisée le 21 octobre, a annoncé samedi dernier le pape Benoît XVI.

Kateri Tekakwitha, qui a passé la majeure partie de sa vie dans le nord de l'État de New York, deviendra la première Amérindienne à être sacrée sainte. Six autres personnalités seront également canonisées au cours de la cérémonie l'automne prochain, qui doit être célébrée au Vatican.

Le pontife a déjà sanctionné les miracles qu'aurait accomplis l'Amérindienne, ce qui constitue la dernière étape sur le parcours vers la sainteté. Surnommée le «Lys des Mohawks», Kateri Tekakwitha est née dans ce qui deviendra l'État de New York en 1656.

Les restes de Kateri Tekakwitha gisent dans un tombeau de marbre à l'église Saint-François-Xavier, à Kahnawake, près de Montréal.

Le diacre de l'église de Kahnawake, Ron Boyer, a souligné l'ardeur avec laquelle la communauté avait travaillé pour que l'Amérindienne soit faite sainte.

Il s'est déclaré satisfait, ajoutant en entrevue samedi qu'il songeait désormais à se reposer. M. Boyer a indiqué avoir travaillé à cette cause pendant les 29 dernières années, avec l'aide de son épouse et de leur ministère.

Le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, Richard Smith, a quant à lui indiqué que la communauté canadienne s'unissait à leurs «frères et soeurs américains pour accueillir cette joyeuse nouvelle», soulignant que Kateri Tekakwitha était un symbole de l'Église catholique d'un côté comme de l'autre de la frontière.

L'autochtone est décédée en 1680, à l'âge de 24 ans, et le processus de sa canonisation a été amorcé il y a plus d'un siècle, en 1884.

Elle avait été déclarée vénérable en 1943. Le pape Jean-Paul II l'avait béatifiée en 1980, faisant d'elle la «première autochtone d'Amérique» à recevoir ce titre.

La jeune femme a connu une vie difficile, ayant perdu mère, père et frère de la variole alors qu'elle n'avait que quatre ans. L'enfant, qui a gardé des cicatrices de la maladie, a été recueillie par son oncle et sa tante et a eu ses premiers contacts avec le christianisme par l'entremise de missionnaires. La Mohawk a embrassé la foi catholique avec ferveur après avoir été baptisée, à l'âge de 18 ans. Kateri Tekakwitha a continué à croire à la religion catholique, malgré une vive opposition, avant de s'installer dans la région actuelle de Kahnawake.

On prétend que ses cicatrices ont disparu à sa mort, révélant sa grande beauté, et que plusieurs personnes malades, qui avaient assisté à ses funérailles, ont par la suite guéri. La vision de Kateri Tekakwitha serait apparue à deux personnes dans les semaines suivant sa mort.

Le pape Benoît XVI a fait l'annonce de la canonisation à venir de l'Amérindienne samedi au Vatican, après avoir nommé 22 nouveaux cardinaux, dont l'archevêque de Toronto, Mgr Thomas Collins.