En visite en Grande-Bretagne à compter de jeudi - Le pape fait l'éloge du cardinal Newman

Castel Gandolfo, Italie — Benoît XVI a fait l'éloge hier de John Henry Newman, ecclésiastique anglican qui s'était converti au catholicisme au XIXe siècle et qui sera béatifié par le pape à Birmingham, à l'occasion de sa visite jeudi au Royaume-Uni.

«Chers pèlerins francophones, dans quelques jours je vais partir au Royaume-Uni pour une visite apostolique. Je la confie à votre prière. Je me réjouis de me rendre dans ce grand pays», a déclaré le souverain pontife en français à un groupe de pèlerins après la prière de l'angélus dans sa résidence d'été de Castel Gandolfo, près de Rome.

«J'y présiderai les cérémonies de béatification du cardinal John Henry Newman. Sa personnalité et son enseignement peuvent être pour notre époque et pour l'oecuménisme une source d'inspiration où nous pourrons tous puiser», a ajouté le pape.

Benoit XVI avait annoncé l'année dernière des mesures pour faciliter la conversion des anglicans au catholicisme. L'initiative avait été source de tensions avec l'Église anglicane.

Proclamé «Vénérable» par le pape Jean-Paul II en 1991, le cardinal John Henry Newman sera béatifié le dimanche 19 septembre par Benoît XVI au cours d'une messe à Birmingham (centre de l'Angleterre), une étape préalable à une éventuelle canonisation qui ferait de lui un saint.

Quelque 65 000 personnes sont attendues à la cérémonie de béatification.

La visite d'État du pape, qui le conduira de jeudi à dimanche prochain à Édimbourg, à Glasgow, à Londres et à Birmingham, est la première d'un pape depuis que le roi d'Angleterre Henri VIII a rompu avec l'Église catholique en 1534.

Sondage


Par ailleurs, selon un sondage de la BBC publié hier, les catholiques britanniques sont persuadés que la visite du pape Benoît XVI au Royaume-Uni cette semaine va renforcer l'Église dans le pays, même si leur foi a été ébranlée par les scandales sur des sévices sexuels.

L'étude, réalisée auprès de 500 catholiques, révèle que les croyants britanniques ont une conception plus libérale de l'Église que le pape. Près de la moitié d'entre eux souhaitent une réforme du célibat des prêtres et une majorité réclame un plus grand rôle pour les femmes dans l'Église.

Parmi les personnes interrogées par l'institut ComRes entre le 6 et le 9 septembre, 52 % ont confié que le scandale mondial sur les cas de sévices sexuels par des mem-bres du clergé catholique avait ébranlé leur foi en la tête de l'Église.

Mais 70 % estiment que la visite de quatre jours du pape en Angleterre et en Écosse renforcera l'Église catholique en Grande-Bretagne, majoritairement anglicane.