Nouveau scandale pour Benoît XVI - Ratzinger se serait opposé à défroquer un prêtre accusé de viols

La missive, écrite en latin et datant de novembre 1985, fait état d'inquiétudes sur l'effet qu'aurait la destitution du prêtre Stephen Kiesle, «considérant son jeune âge», sur le «bien de l'Église universelle». Kiesle était alors âgé de 38 ans.

La lettre est issue d'une correspondance de plusieurs années entre le diocèse d'Oakland et le Vatican sur l'éventualité de le défroquer, à sa demande, après une première sentence en 1978 pour avoir attaché et molesté deux jeunes garçons.

Dans sa lettre, Ratzinger reconnaît que les arguments avancés pour révoquer Kiesle sont «sérieux», mais il ajoute que de telles allégations nécessitent un examen attentif. Il demande aussi à l'évêque de fournir à Kiesle «une attention aussi paternelle que possible» dans l'attente d'une décision quant à son sort.

Le diocèse avait recommandé de défroquer Stephen Kiesle en 1981, année de l'arrivée de Joseph Ratzinger à la tête de la congrégation pour la Doctrine de la foi. Le cardinal Ratzinger n'avait répondu à l'évêque d'Oakland, John Cummins, que quatre ans plus tard, en 1985. Le prêtre mis en cause a finalement été démis de ses fonctions en février 1987, après avoir pu continuer à côtoyer des enfants à travers les activités de son église. Il s'est marié, puis a été accusé en 2002 de viols sur 13 enfants dans les années 1970. Il a reçu une sentence de six ans en 2004 pour avoir agressé une fillette en 1995 et figure au registre des délinquants sexuels.

Le Vatican, qui affirme que le cardinal Ratzinger n'a jamais empêché la révocation de prêtres pédophiles alors qu'il dirigeait la congrégation pour la Doctrine de la foi, a confirmé que la signature sur la lettre était bien celle du cardinal Ratzinger.

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