Un évêque albertain contre les sables bitumineux

Pour l'évêque du diocèse de Saint-Paul, dans le nord-est de l'Alberta, l'intensification de l'exploitation des sables bitumineux va à l'encontre du devoir moral de gérer harmonieusement la création et, partant, cette activité devient, à son avis, carrément injustifiable moralement.

Dans sa lettre pastorale du 25 janvier, Mgr Luc Bouchard dresse un bilan environnemental très documenté de l'exploitation des sables bitumineux dans son propre diocèse, lequel englobe la ville-champignon de Fort McMurray.

Ce projet, écrit-il à ses ouailles, détruit un écosystème forestier boréal de grande valeur, risque de polluer sérieusement la rivière Athabasca, d'augmenter les émissions de gaz à effet de serre (GES) et l'utilisation du gaz naturel, sans parler de la multipli-cation des étangs contaminés de rétention des eaux de processus.

«Je suis obligé de conclure que l'intégrité de la création dans le dossier des sables bitumineux est clairement sacrifiée pour des gains économiques. Les propositions de développer davantage les sables bitumineux posent un sérieux problème moral», écrit le prélat, qui se solidarise avec les écologistes et les autochtones aux prises avec la contamination de la rivière Athabasca.

Des conditions essentielles

Mgr Bouchard propose dix conditions à ce développement, auxquelles le gouvernement et les industriels doivent souscrire avant d'aller plus loin, écrit-il.

Parmi ces conditions, l'évêque de Saint-Paul mentionne tout particulièrement la nécessité d'effacer les émissions de GES de cette industrie polluante dans le cadre d'un plan national de lutte contre les changements climatiques, le respect de l'intégrité écologique de la rivière et des traditions autochtones, l'adoption d'un plan national de réduction de la consommation de pétrole, une réduction des surfaces forestières éliminées et des budgets suffisants pour les municipalités aux prises avec une pression économique que leurs infrastructures en matière de santé et de services sociaux ne peuvent supporter présentement.
1 commentaire
  • Michel Samson - Abonné 2 février 2009 08 h 50

    Oh maille gode !

    Un homme de robe qui aurait des couilles ? Les pétrolières auraient cessé de payer leur dîme ou refusé de contribuer au tronc des pauvres ? Bravo, curé, il faut répandre le message et la vision.