«En ville, sans ma voiture!» - Les Montréalais appuient toujours l'idée d'une journée sans auto

Alors que la France envisage d'abandonner la journée à la suite de la baisse importante de popularité qu'elle a essuyée l'an dernier, l'Agence métropolitaine de transport (AMT) de Montréal compte bien reconduire l'événement en septembre prochain pour une troisième année consécutive. Appuyée massivement par la population, la version montréalaise du projet a donné des résultats très satisfaisants.

Le 22 septembre dernier, la journée sans voiture a attiré environ 25 000 participants à Montréal, soit près du double de la première édition de l'événement en 2003. Le périmètre a été élargi pour englober les rues situées entre le boulevard de Maisonneuve Ouest et René-Lévesque, et les rues McGill College et Saint-Urbain. L'arrondissement Plateau-Mont-Royal a lui aussi participé à l'événement, et les commerçants ont installé des terrasses improvisées sur les trottoirs. Les heures d'activité ont même gagné une demi-heure en matinée pour s'étendre de 9h30 à 15h30. Pour éviter de gêner les spectacles, les ateliers de dessin dans les rues, les expositions de transports alternatifs et les autres activités de la journée, le stationnement était interdit dans le périmètre fermé aux voitures.

Sensibiliser la population

Tous ces bouleversements des activités du centre-ville de Montréal peuvent incommoder bien des travailleurs du secteur. Pourtant, beaucoup de personnes touchées par la fermeture des rues ont laissé volontiers leur voiture à la maison pour utiliser un autre moyen de locomotion.

«Selon un sondage de la firme montréalaise Descarie et Complices, près de 40 % des participants utilisant habituellement leur voiture en solo pour se rendre au travail ont adopté ce jour-là un moyen de transport alternatif, soit le vélo, le métro, l'autobus ou le covoiturage», affirme la directrice des communications et du marketing de l'AMT, Manon Goudreault. Le sondage indique également que 68 % des participants ont déclaré que l'opération a contribué à leur faire considérer d'autres moyens de transport que la voiture dans leurs habitudes de déplacement au quotidien.

Des résultats tangibles

«En plus de la réussite de l'objectif de sensibilisation, la qualité de vie urbaine à l'intérieur du périmètre a été grandement améliorée lors de l'événement», constate Mme Goudreault. Au moment le plus calme de la journée de 2004, la mesure du bruit enregistrée était de 50 décibels alors que, la semaine suivante, au même endroit et à la même heure, elle était de 80 décibels. «L'amélioration est très significative. On a atteint un niveau de bruit semblable à celui que nous retrouvons à la campagne», poursuit-elle.

En ce qui a trait à la qualité de l'air, les équipements d'Environnement Québec ont enregistré une baisse de 90 % du taux de monoxyde d'azote et de 100 % du monoxyde de carbone dans l'environnement sans voiture, par rapport aux mesures effectuées par la direction de l'environnement de la Ville de Montréal au centre-ville le même jour hors du périmètre. «Réduire le nombre de voitures en circulation améliore grandement la qualité de l'air et, du coup, la santé de la population est bonifiée», affirme Mme Goudreault.

La France se lasse

La France, pays instigateur du projet en 1998, a vu la popularité de sa journée «En ville, sans ma voiture!» fondre ces dernières années. En 2002, alors que l'événement est devenu européen, plus de 1300 villes ont participé à l'opération dans près de 40 pays. Cette année-là, 98 villes de France étaient de la partie alors qu'en 2004, elles n'étaient plus que 58. Seulement quelques quartiers de Paris étaient fermés aux automobilistes.

Plusieurs élus incriminent le manque de soutien du ministère de l'Écologie. Pour ce qui est des Parisiens, ils n'avaient pas encore digéré les gigantesques embouteillages paralysant la capitale en 2003. À Rennes, une ville participante, plus de 50 % de la population a répondu par la négative à la question «Peut-on se passer de voiture?», a rapporté le quotidien Ouest-France à la suite de l'événement.

La situation de la France est très différente de celle de Montréal, affirme Mme Goudreault. «Dans les dernières années, il y a eu beaucoup de travaux de rénovation dans le réseau de transport en commun français et certains citoyens étaient frustrés de se faire demander d'utiliser le métro alors que plusieurs stations étaient fermées. De plus, l'événement n'était pas adapté aux petites villes plus dépendantes de l'automobile puisqu'elles ont des services de transport en commun moins développés», précise-t-elle.

Il ne faut pas croire pour autant que la France jette l'éponge et cesse de faire des efforts de sensibilisation auprès de la population pour encourager l'utilisation du transport en commun. Depuis quelques années, la journée «En ville, sans ma voiture!» est comprise dans la Semaine de la mobilité, une initiative européenne pour tester et installer des pratiques de mobilité sécuritaires, accessibles et respectueuses envers l'environnement. À moins que le vent tourne, les Français feront la promotion du transport en commun par diverses activités durant cette semaine du mois de septembre, sans toutefois interdire radicalement l'automobile pour une journée.

L'appui montréalais toujours présent

À Montréal, l'événement profite toujours d'un soutien politique et populaire. Lors du sondage effectué en 2004 par la firme montréalaise Descarie et Complices à la suite de la journée sans voiture, 81 % des habitants de la région métropolitaine approuvaient l'événement. Chez les automobilistes voyageant en solo, ils étaient même 69 % à souhaiter le retour de l'événement cette année. «Avec toute l'information diffusée sur les problèmes causés par l'émission de gaz à effet de serre et les objectifs environnementaux à atteindre pour respecter le protocole de Kyoto, les Montréalais sont très sensibilisés à la cause», conclut Mme Goudreault. Avec cet appui provenant de la population, des entreprises et des organismes, tout indique que la journée «En ville, sans ma voiture!» de Montréal aura lieu encore une fois cet automne, au grand plaisir du nez et des oreilles de chacun.
2 commentaires
  • Martine Thibault - Inscrite 22 septembre 2005 09 h 31

    Sant ma voiture, non merci

    Sans ma voiture...non merci pour moi. Je le voudrais bien mais je ne peux me le permettre car je fais une intolérence sévère aux produits irritants. Le parfum étant l'un de cest produits, il m'est impensable de prendre le transport en commun. Ces produits m'irritent les voies respiratoires et lorsque le contact est prolongé, la sinusite s'ensuit. Je vous donne l'exemple que mon médecin m'a donné sur les effets que font ces irritants à mes sinus...c'est comme du jus de citron sur une coupure. Alors, comme mes sinus ont comme plein de petites coupures, chaque respiration est douloureuse, imaginez l'inconfort que je vis à longueur de jounée. Je suis comme en crise aïgue d'allergie (foin et herbe à puce)en plein mois d'août. Travaillant dans un bureau non fermé, je vis dans le parfum toute la journée car bien des gens ne peuvent concevoir de ne pas se parfumer. Étant chef de famille, je me dois de travailler comme la majorité du monde. Alors si je peux éviter les situations qui me rendront malade, je le ferai le plus possible croyez-moi.

  • Denis Roy - Abonné 17 septembre 2007 21 h 35

    Sans ma voiture ?

    J'essaie par tous les moyens de trouver un mode de transport adéquat, (du West-Island au Centre-ville).
    Je vous donne l'exemple du train de banlieue

    1) Dorion-Vaudreuil - Montréal 1 hr le matin, 1 hr le soir.
    2) Roxboro - Mtl 1/2 HEURE, mais toujours faut-il se rendre, sans compter que nous sommes tassé comme des sardines, et on se fait dire par le chauffeur de se tasser au milieu des wagons..... VOYONS DONC !!!

    Quand j'entends "Sans ma voiture....." J'ai de gros problèmes avec ça !!!

    J'ai déjà poliment demandé à ceux qui font les horaires de trains, pourquoi il n'y a pas d'express au heures des travailleurs le matin....ex: Ste Anne de Bellevue/Dorval/Gare Windsor.... Impossible, encore !!!
    Je vous garantie, que le train serait rempli.
    J'ai déjà encore une fois poliment demandé, pourquoi nous n'avons pas d'autobus express exemple de Ste Anne de Bellevue directement à Lionel Groulx......ou au Terminus du 1000 de Lagauchetière...?
    On me répond.... "Inutile d'y penser".

    Quelqu'un qui a besoin du train de la Zone 5 a la Zone 3 (20 minutes) doit payer ex: $131.00... Le même tarif que la personne qui part de la Zone 5 pour se rendre au Centre-Ville... Aucun tarif interzone n'existe....

    Pas très flexible notre transport en commun, et tant et aussi longtemps que cela ne changera pas, ils auront beau faire des choses comme ceci, mais si le servie n'y est pas, CEST COMPLETEMENT INUTILE.

    COMMENT QU'ILS PENSENT ACCROCHER LES GENS AU TRANSPORT EN COMMUN, QUAND ILS SONT ENTASSER DANS UN WAGON DE TRAIN, OU EN FAISANT MIROITÉ UN TRAJET DE 2 HRS PAR JOUR ....?