Les Établissements verts Brundtland - Une école où la priorité des jeunes est la qualité de l'environnement

Prônant l'écologie, le pacifisme, la solidarité et la démocratie, le mouvement des Établissements verts Brundtland (EVB) connaît un franc succès dans le milieu scolaire de la province, où plus de 950 établissements ont rejoint le réseau. Dès leur arrivée sur les bancs d'école, les enfants sont invités à s'engager socialement dans leur communauté par une foule de petits gestes leur permettant d'espérer vivre dans un monde meilleur comme récupérer, réduire sa consommation d'énergie et préparer des paniers de Noël pour les familles défavorisées.

Le réseau des Établissements verts Brundtland, instauré il y a 12 ans par la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) en collaboration avec Recyc-Québec, a adopté la théorie de l'effet papillon du météorologue Edward Lorenz voulant que le battement d'ailes d'un papillon puisse provoquer une tornade de l'autre côté du globe. Dans les écoles affichant fièrement le statut, on croit que chaque petit geste peut changer le monde. «Les EVB apprennent aux jeunes à penser globalement et à agir localement pour améliorer la vie en classe, à l'école et en communauté dans une perspective de développement durable», explique le secrétaire-trésorier de la CSQ et responsable du réseau EVB, Alain Pélissier.

S'investir dans nos communautés

Pour faciliter le parcours des participants au mouvement à travers la province, la CSQ s'apprête à lancer sa trousse «S'investir dans nos communautés... en citoyen du monde». Le document comprend un guide pour les enseignants et un pour les jeunes, en plus d'un passeport servant à noter les résultats de leurs actions.

«Le guide de l'enseignant propose de se situer par rapport aux valeurs présentes dans la vie de tous les jours en trois étapes, soit observer, analyser et essayer de transformer», indique le conseiller en éducation pour un avenir viable de la CSQ ayant élaboré la trousse, Jean Robitaille.

Le document comprend également des idées concrètes d'actions à suggérer aux élèves. «Nous proposons une démarche d'analyse de la consommation d'énergie dans l'école et nous donnons quelques trucs pour économiser. Il est aussi conseillé d'élaborer un code de conduite pacifique à respecter tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'école. Pour ce qui est du volet ''citoyen du monde'', nous proposons des associations avec des organismes ayant des projets de coopération internationale», poursuit M. Robitaille. La trousse suggère également de familiariser les jeunes à la démocratie en faisant élire un conseil étudiant.

Le guide pour les étudiants se veut plus technique. «Nous leur donnons des conseils pour les aider à construire des kiosques, à créer des affiches, à organiser des réunions et à parler aux médias. Quant au passeport, il sert à valoriser le travail des jeunes», explique M. Robitaille.

Le Carrefour de la citoyenneté responsable

Pour permettre aux participants du mouvement EVB de se rencontrer et d'échanger entre eux, la CSQ organise le Carrefour de la citoyenneté responsable (CCR) dans la ville de Québec les 19 et 20 mai prochains. L'événement, placé cette année sous la présidence d'honneur de la Commission canadienne pour l'UNESCO, lancera officiellement au Québec la Décennie des Nations unies pour l'éducation en vue du développement durable.

La première journée sera remplie de festivités afin de souligner l'importance des réalisations et de l'engagement des jeunes. La deuxième journée présentera un colloque de formation pour les enseignants et partenaires du réseau EVB. «Nous voulons que ce carrefour devienne une tradition annuelle et que sa ville d'accueil alterne chaque année entre Québec et Montréal au bénéfice du plus grand nombre de personnes possible», précise M. Pélissier.

Les jeunes profiteront de l'occasion pour remettre aux ministres de l'Environnement du Canada et du Québec, Stéphane Dion et Thomas Mulcair, l'«Appel des jeunes 2005». Il comprend plusieurs engagements des élèves et les demandes qu'ils font aux adultes et personnes influentes de ce monde pour que les jeunes d'ici et d'ailleurs puissent espérer vivre dans un monde écologique, solidaire, démocratique et pacifique. Le document circule actuellement dans les écoles pour recueillir le plus de signatures possible. En juillet prochain, l'Appel des jeunes 2005 sera également déposé à la rencontre du réseau francophone des acteurs de l'éducation à l'environnement Planèt'ERE 3, au Burkina Faso, afin d'inciter les jeunes d'ailleurs à entreprendre la même démarche.

Une influence grandissante

Les EVB sont maintenant connus et reconnus socialement au Québec. «Il y a des parents qui téléphonent à la Commission scolaire de Montréal pour savoir si l'école où ils enverront leurs enfants est une école verte Brundtland. C'est un projet rassembleur favorisant le développement des compétences des jeunes, leur esprit d'initiative et le sentiment d'appartenance à leur établissement et à leur communauté», explique M. Pélissier.

Lorsque les initiateurs du projet des écoles vertes de la CSQ ont demandé à l'ex-première ministre de Norvège Gro Harlem Brundtland de prêter son nom au mouvement après la publication du rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement qu'elle présidait, leurs ambitions étaient modestes. Pourtant, en 2002, la CSQ était présente au Sommet de la Terre à Johannesburg, en Afrique, pour présenter l'état de la situation du réseau EVB au Québec et faire valoir l'importance du rôle de l'éducation en matière de développement durable. Selon M. Pélissier, l'initiative québécoise EVB a déjà influencé d'autres pays de la francophonie comme Haïti et le Sénégal.

Le Canada anglais semble, lui aussi, s'intéresser au mouvement. Dernièrement, il y a eu une rencontre à Ottawa pour étudier la stratégie canadienne de développement durable en matière d'éducation. «Nos collègues anglophones ont été surpris de voir une organisation syndicale s'investir dans le domaine de l'éducation, mais ils trouvent le modèle intéressant. Comme nous sommes déjà présents dans tous les établissements scolaires du Québec par l'entremise de nos différents syndicats, c'est facile de communiquer de l'information de manière efficace. Il se peut que nos outils pédagogiques soient traduits en anglais pour en faire bénéficier le reste du Canada», conclut M. Pélissier.