Réduction des GES: les écologistes demandent à Québec d'agir rapidement

Québec doit passer à l'action et aller de l'avant avec son «propre plan de réduction des gaz à effet de serre», quitte à laisser quelques volets ouverts à la négociation avec Ottawa.

C'est ce qu'ont soutenu hier quatre des groupes environnementaux les plus impliqués dans le dossier des changements climatiques, soit Greenpeace, Équiterre, l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et la Coalition-Vert-Kyoto. Les quatre réagissaient à la nouvelle du Devoir d'hier, qui décrivait l'impasse dans laquelle les pourparlers Québec-Ottawa sont enlisés et le changement de priorités à Québec, où on est passé d'un «plan» à une «stratégie» de lutte contre les changements climatiques.

Dans la Vieille Capitale, selon une source digne de foi, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Thomas Mulcair, s'apprêterait à demander une rencontre au sommet à son homologue fédéral, Stéphane Dion, afin de faire passer les pourparlers infructueux à la vitesse grand V. Il a cependant été impossible de faire confirmer cette information par le ministre.

Pour Steven Guilbeault, de Greenpeace, «il est inacceptable qu'après deux ans et demi de travaux le gouvernement ne soit pas en mesure d'accoucher d'un plan de réduction des GES en accord avec les priorités du Québec. Au-delà des problèmes rencontrés avec Ottawa, Québec doit démontrer dans quelle mesure le protocole de Kyoto va changer ses priorités en transport. Qu'est-ce qu'il attend, par exemple, pour lancer un programme de captage des biogaz des sites d'enfouissement: plus de 2 % de réduction sont à portée de main de ce côté. D'autre part, ils nous disent à Québec qu'il faut attendre la Politique sur l'énergie avant d'accoucher d'un plan Kyoto: or, c'est exactement le contraire qui doit être fait!»

Québec va d'ailleurs dévoiler aujourd'hui un volet important de sa politique de transports en envoyant en audiences publiques le projet de prolongement de l'autoroute 25 et la construction d'un pont vers Laval. En guise de verre d'eau pour faire avaler la pilule aux adversaires du projet, le gouvernement va annoncer par la même occasion le prolongement du train de banlieue qui dessert Blainville jusqu'à Saint-Jérôme.

Du côté d'Équiterre, Hugo Séguin déclare qu'il «serait très embarrassant que le Québec, qui va être cet automne l'hôte de la 11e conférence des parties à la Convention sur les changements climatiques, n'ait pas un véritable plan de lutte contre les émissions de GES après avoir été le leader nord-américain de la ratification du traité de Kyoto».

Pour André Bélisle, porte-parole de l'AQLPA et de la Coalition-Vert-Kyoto, «le Québec serait en position de force et non de faiblesse devant Ottawa s'il avait en mains un plan de réduction des GES qui fait consensus et dont il demanderait à Ottawa de financer certains volets. On devrait déjà avoir en opération un système de redevances-remises pour l'achat et l'immatriculation des véhicules ainsi qu'un système d'inspection des véhicules légers et lourds. D'ailleurs, le programme promis pour les véhicules lourds n'est même pas en marche! Québec n'est pas plus sérieux que le fédéral envers l'Alberta, qui a remboursé sa dette avec l'argent du pétrole en hypothéquant l'avenir de la planète et qui demande aux contribuables canadiens de continuer à financer ses émissions».