Fosses septiques: un droit acquis contesté

L'Association des entreprises spécialisées en eau du Québec (AESEQ) n'est pas d'accord avec la Régie du bâtiment, qui veut former uniquement les nouveaux entrepreneurs en construction qui voudront se spécialiser dans les systèmes résidentiels de traitement des eaux usées autonomes.

La Régie du bâtiment reconnaît que l'installation de fosses septiques et de champs d'épuration doit désormais faire l'objet d'une formation particulière. Mais elle serait prête à reconnaître un droit acquis aux 4200 entrepreneurs en construction qui détiennent présentement une licence en excavation et en terrassement. Pourtant, les exigences de leur formation générale en excavation et en terrassement «ne valident nullement les connaissances des entrepreneurs à propos du Règlement sur l'évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées et de son guide d'application dans le cas des travaux en assainissement autonome: or il s'agit d'activités à risque pour la santé publique et l'environnement», soutient l'AESEQ.

Pour les entrepreneurs spécialisés en eau, la réforme de la qualification professionnelle envisagée par la Régie du bâtiment doit valider les connaissances et l'expérience de la totalité des entrepreneurs qui veulent travailler dans le domaine de l'assainissement hors réseau afin de préserver la qualité des eaux publiques de surface et celle des nappes souterraines, un double enjeu environnemental et de santé publique.

Si on ne forme que les nouveaux entrepreneurs et qu'on reconnaît un droit acquis aux 4200 autres formés uniquement à l'excavation et au terrassement, soutient cette association de 300 membres, il faudra beaucoup de temps pour que les personnes dûment formées monopolisent ces travaux et mettent davantage le public et l'environnement à l'abri de problèmes.

Au Québec, 20 % de la population utilise une installation septique hors réseau. Selon l'AESEQ, si on calcule qu'on utilise en moyenne 150 litres d'eau par personne au Québec, cela représente 210 millions de litres par jour qui passent par ces installations septiques autonomes.