Medicom renonce à construire une usine dans un milieu naturel

La Coalition verte estime que Medicom et sa filiale Meltech Innovation Canada ont fait le bon choix, car le terrain initialement considéré fait partie d’un écosystème comportant des zones humides.
Photo: Michael Dwyer La Presse canadienne La Coalition verte estime que Medicom et sa filiale Meltech Innovation Canada ont fait le bon choix, car le terrain initialement considéré fait partie d’un écosystème comportant des zones humides.

L’entreprise Medicom renonce à construire son usine de fabrication de filtres pour masques chirurgicaux sur le site du « Champ des monarques », un terrain fédéral situé au nord de l’aéroport Montréal-Trudeau. La nouvelle, relayée par Aéroports de Montréal (ADM) mardi, réjouit les groupes écologistes, qui craignaient la destruction de cet habitat du grand papillon.

La Coalition verte estime que Medicom et sa filiale Meltech Innovation Canada ont fait le bon choix, car le terrain initialement considéré fait partie d’un écosystème comportant des zones humides. « Ça montre une conscience écologique de l’entreprise », estime Patrick Barnard, membre de la Coalition verte.

Dans un message envoyé mardi aux groupes qui avaient participé à une consultation sur le projet, ADM a indiqué que « devant diverses options de lieux d’implantation pour son usine de toiles non tissées, la compagnie Meltech Innovation Canada a choisi de ne pas retenir l’emplacement situé sur le chemin de l’Aviation à YUL pour la réalisation de son projet ».

Le Champ des monarques se trouve dans un milieu naturel de 215 hectares, dont 150 appartiennent à Transports Canada, qui loue ces terrains à ADM. Soixante hectares sont de propriété municipale.

Par courriel, Medicom précise que sa filiale Meltech Innovation évalue plusieurs options de sites où construire son centre d’innovation des équipements de protection individuelle et son usine qui produira la masse filtrante utilisée dans la fabrication de masques chirurgicaux et de masques N95.

« La décision de ne pas construire cette usine sur le site d’ADM relève du fait que le site ne correspond plus à tous nos besoins », a précisé Gopinath Jeyabalaratnam, directeur des affaires publiques de Medicom. « Le site que nous allons choisir répondra aux normes techniques élevées et aux valeurs environnementales qui nous animent. » Une annonce à cet effet devrait être faite prochainement.

Un « pas en avant »

Les groupes écologistes souhaitent maintenant que le gouvernement fédéral s’engage à protéger l’ensemble du site. L’organisme TechnoparcOiseaux milite depuis des années pour la préservation du secteur, où 212 espèces d’oiseaux ont été recensées. Le site présente aussi un fort potentiel d’habitat pour le monarque en raison de la présence d’un grand nombre de plants d’asclépiade.

« La décision de Meltech est un bon pas en avant, et nous en sommes contents », a indiqué Katherine Collin, de TechnoparcOiseaux.

Mais selon elle, la bataille est loin d’être terminée. « Rien ne protège ces terres d’un autre projet de construction. Jusqu’à ce que Transports Canada accepte de modifier son bail avec ADM, toute partie des 150 hectares risque d’être visée. »

Katherine Collin rappelle d’ailleurs que selon le plan stratégique d’ADM, la majeure partie des 150 hectares loués est destinée à du développement commercial et industriel.

De son côté, la Ville de Montréal souhaite faire du Technoparc « le plus important parc scientifique et d’innovation au Canada », mais indique que son intention est de protéger les espaces à forte valeur écologique.

« Nous nous sommes engagés à tripler la superficie protégée dans ce territoire, et pour ce faire, nous souhaitons concentrer les activités économiques dans le secteur nord », a précisé Caroline Bourgeois, responsable des grands parcs au comité exécutif, dans une déclaration transmise au Devoir.

En campagne électorale, Projet Montréal s’était engagé à agrandir le parc-nature des Sources et à réclamer au gouvernement fédéral la protection du Champ des monarques.

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