22,5 degrés en décembre : nouveau record de chaleur dans l’Ouest canadien

De récentes études montrent la responsabilité directe du changement climatique dans certaines vagues de chaleur.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne De récentes études montrent la responsabilité directe du changement climatique dans certaines vagues de chaleur.

Après avoir suscité des inquiétudes mondiales en suffoquant cet été sous un dôme de chaleur historique, l’ouest canadien a enduré cette semaine une nouvelle montée record du mercure jusqu’à 22,5 °C.

Cette température a été enregistrée à Penticton, au centre de la Colombie-Britannique, qui subit depuis plusieurs mois des événements météorologiques extrêmes à répétition.

« C’est un record, ou bien ça égalise un record » remontant à 1982 en Ontario, a précisé jeudi à l’AFP Armel Castellan, météorologue chez Environnement Canada.

Penticton, qui compte quelque 33 000 habitants, se situe à quelques centaines de kilomètres de Lytton, municipalité à 250 kilomètres au nord-est de Vancouver qui a enregistré fin juin le record historique de température au Canada avec 49,6 degrés Celsius, et qui a été détruite à 90 % par un incendie de forêt.

À Penticton, « le record absolu était de 11,2 °C en 2012, puis hier la température maximale était de 22,5 °C, donc c’est sûr que c’est un record », a expliqué à l’AFP Gregory Yang, aussi météorologue chez Environnement Canada.

Cette région de l’intérieur de la Colombie-Britannique est aussi celle qui a subi cet été les effets du dôme de chaleur « historique », qui a fait plus de 500 morts, suivi par d’importants incendies.

« Depuis le mois de septembre, on a eu beaucoup, beaucoup de chaleur qui nous vient des subtropiques », a expliqué Armel Castellan.

Depuis environ une semaine, une « rivière atmosphérique » s’abat sur le sud-ouest de la Colombie-Britannique.

De violentes précipitations ont causé des inondations catastrophiques depuis la mi-novembre dans la province, événements qui ont été reliés aux effets du changement climatique par les autorités.

De récentes études montrent la responsabilité directe du changement climatique dans certaines vagues de chaleur. Ainsi, la canicule extraordinaire au pays en juin 2021, avec des températures frôlant les 50 °C, aurait été « presque impossible » sans le réchauffement, selon les scientifiques du World Weather Attribution.

L’inhabituelle chaleur hivernale s’est étendue à tout le nord-ouest des États-Unis, où des records de chaleur pour un mois de décembre ont été battus ou égalés mercredi en différents points des États de Washington, du Montana, du Wyoming et du Dakota du Nord. Les températures pouvaient y être supérieures de presque 20 degrés Celsius à la normale.

Jeudi, ce front chaud s’est décalé vers le centre du pays, avec par exemple un record de chaleur pour un 2 décembre enregistré à Omaha, dans le Nebraska, où il faisait 20 °C jeudi après-midi.

Système d’alerte

L’Ouest américain est confronté ces dernières années à des aléas météorologiques de plus en plus marqués, en Californie notamment.

Les autorités californiennes envisagent de mettre en place dès l’an prochain un système d’alerte aux vagues de chaleur qui classerait chacun de ces épisodes en fonction du nombre de morts redoutés afin de favoriser les mesures préventives.

Comme pour les ouragans, chaque vague de chaleur se verrait attribuer un nom et un indice de dangerosité.

Plutôt d’avertir qu’« il va faire 40,5 °C », l’alerte indiquerait « combien de personnes vont mourir », résume dans le Washington Post Larry Kalkstein, conseiller scientifique de la Fondation Adrienne Arsht-Rockefeller, qui promeut cette initiative.

L’équipe de M. Kalkstein prévoit trois catégories de vagues de chaleur. Un phénomène d’indice 1 ne présenterait pas de risque majeur, avec une augmentation de la mortalité comprise entre 0 % et 10 %.

La catégorie 3 serait beaucoup plus mortifère, comparable à la canicule exceptionnelle qui a sévi dans le nord-ouest des États-Unis et dans la Colombie Britannique en juin dernier.

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