Des cerfs du parc Michel-Chartrand à Longueuil seront abattus

Plusieurs dizaines de cerfs se trouvent présentement dans le parc Michel-Chartrand. 
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Plusieurs dizaines de cerfs se trouvent présentement dans le parc Michel-Chartrand. 

Plusieurs cerfs de Virginie du parc Michel-Chartrand à Longueuil seront abattus, a confirmé lundi la Ville de Longueuil au Devoir. La municipalité se base sur les conclusions d’un rapport qui évoque « l’urgence de réduire le nombre de cerfs », afin d’« éviter des dommages additionnels sur les milieux naturels du parc ».

« Après avoir évalué toutes les possibilités, les membres concluent que la seule option viable à court terme pour obtenir des résultats durables est de procéder dès 2022 à la réduction de la taille du cheptel par une méthode de capture et d’euthanasie afin d’atteindre la capacité de support du parc », peut-on lire dans le rapport d’une table de concertation mise sur pied par la Ville en mai dernier et que Le Devoir a consulté. Des dizaines de cerfs pourraient ainsi être abattus d’ici l’automne prochain.

Selon le rapport, le nombre de cerfs dépasse de plus de cinq fois la capacité de l’écosystème. « Le rétablissement de l’équilibre écologique passe inévitablement par une réduction importante, urgente et durable du nombre de cerfs en surabondance dans le parc », insiste-t-on.

Soixante-dix cervidés se trouvent présentement dans le parc, selon un inventaire aérien fait au printemps cette année, alors qu’il y en avait une trentaine il y a un an. La capacité de support du parc est de 10 à 15 cerfs. Les bêtes se reproduisent rapidement, et la situation dans le parc, déjà fragilisée, est appelée à « se détériorer de manière exponentielle si aucune action rigoureuse n’est prise à court terme », mentionnent les auteurs.

La nouvelle mairesse, Catherine Fournier, n’était pas en mesure d’accorder une entrevue lundi en soirée et le fera plutôt mardi. La table avait été créée pour se pencher sur l’équilibre écologique et la préservation du parc Michel-Chartrand, et formuler des recommandations avant la fin de l’automne. La mairesse s’était engagée à les respecter lors de la campagne électorale.

En novembre l’année dernière, Longueuil avait annoncé l’abattage d’une quinzaine de bêtes en raison de leur surpopulation. Leur grand nombre menace la végétation et la biodiversité du parc, ainsi que la sécurité des automobilistes.

Cette décision avait toutefois provoqué un tollé, et une pétition de 40 000 noms avait été déposée. La mairesse de l’époque, Sylvie Parent, qui avait également reçu des menaces de mort, était alors revenue sur sa décision.

« Déplorable » et « scandaleux »

Ce nouveau changement de cap est « déplorable », pense Éric Dussault, directeur général de l’entreprise Sauvetage Animal Rescue, qui milite depuis des mois pour proposer d'autres solutions. « Quand on dit que c’est la seule avenue possible, je grince des dents. Je trouve ça scandaleux, c’est aussi simple que ça », lance-t-il.

Le groupe a notamment proposé de relocaliser les cerfs ou de faire un projet d’étude sur la stérilisation chimique. « Des experts de l’Ouest canadien nous disaient que c’était la bonne chose à faire et qu’ils seraient venus de Vancouver à Montréal pour nous aider », souligne le directeur général.

Il y a un an, l’avocate et militante pour les droits des animaux Anne-France Goldwater avait appuyé Sauvetage Animal Rescue et n’avait pas écarté de s’adresser aux tribunaux pour empêcher l’abattage des cerfs. « C’est sûr que nous allons discuter avec elle pour voir s’il y a la possibilité de faire quelque chose », mentionne Éric Dussault, qui a toutefois peu d’espoir. « J’ai vraiment l’impression que les cartes sont jouées et que ça va se faire rapidement », dit-il. Anne-France Goldwater n’a pas répondu au Devoir, lundi soir.

De leur côté, les auteurs du rapport mentionnent que la relocalisation des cerfs n’a pas été retenue notamment à cause de leur taux de mortalité élevé lorsqu’ils sont relocalisés et des risques élevés de blessure lors de la capture et du déplacement.

Ils ajoutent que, pour être efficaces, les méthodes de stérilisation doivent être faites sur de petites populations isolées et qu’elles sont « généralement accompagnées par une méthode de contrôle létal ».

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