Benoit Charette ne marchera pas avec les jeunes pour le climat vendredi

En septembre 2019, environ 500 000 personnes avaient participé à l’imposante manifestation pour le climat à Montréal.
Jacques Nadeau Le Devoir En septembre 2019, environ 500 000 personnes avaient participé à l’imposante manifestation pour le climat à Montréal.

Le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, ne participera pas à l’une des manifestations organisées ce vendredi dans différentes villes du Québec dans le cadre d’une mobilisation mondiale en faveur d’une plus grande « justice climatique ».

Deux ans après l’imposante manifestation pour le climat organisée à Montréal, et à laquelle avait participé la jeune militante Greta Thunberg, plusieurs organisations étudiantes et des regroupements de jeunes ont prévu des manifestations dans une dizaine de villes de la province, dont Montréal et Québec.

Afin de participer à cette « journée de mobilisation mondiale pour la justice climatique », quelque 105 000 étudiants et étudiantes ont d’ailleurs voté en faveur d’une journée de grève, selon les données disponibles jeudi en début de soirée.

Le ministre Benoit Charette, qui avait pris part à la manifestation de Montréal en septembre 2019, à l’instar de plusieurs autres politiciens, ne sera pas présent cette fois. « Le ministre a d’autres engagements lors de l’évènement », a confirmé jeudi son cabinet, dans une réponse écrite au Devoir. L’adjoint parlementaire du ministre « pour le volet lutte contre les changements climatiques », Richard Campeau, sera toutefois présent, a-t-on précisé.

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, prendra part à la manifestation qui partira du Monument à Sir George-Étienne Cartier, au pied du Mont-Royal, en début d’après-midi. Elle sera notamment accompagnée de la députée Isabelle Melançon, ancienne ministre de l’Environnement et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’environnement. D’autres députés seront présents à la marche qui se déroulera à Québec.

Le Parti québécois a lui aussi prévu de participer à certaines des manifestations. Le chef Paul St-Pierre Plamondon « sera à Québec avec des militants », a indiqué la formation péquiste. Québec solidaire prévoit aussi de participer à des marches dans quatre villes.

Ces manifestations constituent la première mobilisation climatique majeure au Québec depuis le début de la pandémie. En septembre 2019, dans les rues de Montréal, environ 500 000 personnes avaient pris part à une imposante manifestation.

Réchauffement dangereux

Depuis deux ans, la science climatique a précisé son pronostic pour les décennies à venir, si l’humanité ne parvient pas à réduire substantiellement ses émissions de gaz à effet de serre (GES).

Dans un rapport publié au mois d’août, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat constate que même si les émissions de GES se stabilisent, puis diminuent au cours des prochaines décennies, la hausse moyenne des températures risque d’atteindre +2 °C d’ici une vingtaine d’années, puis près de +3 °C d’ici la fin du siècle, par rapport à l’ère préindustrielle.

Si ce dernier scénario se confirmait, le GIEC prévient que le monde tel qu’on le connaît deviendrait carrément « méconnaissable », avec un « recul de l’espérance de vie » et « un recul de la qualité de vie » dans plusieurs régions de la planète. « L’état de santé et de bien-être » de la population serait ainsi « substantiellement réduit » et cet état continuerait de se dégrader au cours des décennies suivantes.

Le GIEC met d’ailleurs en garde contre une hausse « majeure » des prix des aliments, des conflits et des migrations climatiques. Selon un rapport publié la semaine dernière par la Banque mondiale, la crise climatique devrait forcer plus de 200 millions de personnes à quitter leur région ou leur pays d’ici 2050.

Or, six ans après la signature de l’Accord de Paris, les États sont toujours loin de faire le nécessaire pour réduire les émissions de GES. En fait, il n’est pas question de stabilisation des émissions à l’heure actuelle, et encore moins de recul, mais bien d’une hausse pour les prochaines années. En calculant les engagements volontaires des États, l’ONU estimait la semaine dernière que les émissions sont en voie d’augmenter de 16 % d’ici 2030, par rapport à leur niveau de 2010, alors qu’elle devrait reculer d’au moins 50 %. Cela nous conduit vers un réchauffement d’au moins 2,7 °C, alors que nous avons déjà atteint + 1,1 °C.

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