Mises à pied massives chez GNL Québec et Gazoduq

GNL Québec et Gazoduq sont pour ainsi dire à l’arrêt, après une nouvelle vague de mises à pied.
Photo: Kevin Clancy Newsy / Asocciated Press GNL Québec et Gazoduq sont pour ainsi dire à l’arrêt, après une nouvelle vague de mises à pied.

Alors que GNL Québec a décidé de poursuivre l’évaluation environnementale fédérale de son projet, Le Devoir a appris que l’entreprise ainsi que la société Gazoduq ont licencié l’essentiel des employés qui étaient encore en poste. 

Selon des informations obtenues mardi, GNL Québec et Gazoduq sont pour ainsi dire à l’arrêt, après une nouvelle vague de mises à pied. Celle-ci survient alors que GNL Québec a choisi de poursuivre le processus d’évaluation environnementale fédérale de son projet d’usine de liquéfaction et de terminal maritime, malgré le rejet du projet par le gouvernement Legault.

Les deux entreprises, qui sont contrôlées par les mêmes actionnaires américains, ont d’abord répondu en refusant de commenter les informations obtenues par Le Devoir.

« Dans les circonstances, l’entreprise a pris l’approche prudente de ralentir considérablement ses activités et, malheureusement, a dû également procéder à des fins d’emploi », a par la suite admis GNL Québec. « Nous accompagnons ces employés dans cette transition et les remercions chaleureusement pour le cœur et l’énergie qu’ils y ont mis depuis 2014 à bâtir notre projet », a ajouté l’entreprise dans une réponse écrite.

L’entreprise Gazoduq, créée pour construire le gazoduc censé approvisionner l’usine en gaz naturel albertain, a offert une réponse similaire : « Gazoduq a réduit ses activités dans l’attente de la décision de GNL Québec et malheureusement, ceci a impliqué le départ d’employés qui ont été des alliés depuis les tout débuts du projet. Nous sommes extrêmement reconnaissants de leur appui et de leur travail. Ce n’est jamais une situation facile. »

Gazoduq a par ailleurs confirmé que son président, Louis Bergeron, a quitté son poste. GNL Québec a toutefois assuré que son président, Tony Le Verger, est, lui, toujours en poste.

Mardi, les deux entités avaient toujours au total huit lobbyistes inscrits au registre québécois. Tony Le Verger a un mandat actif de lobbyiste au registre québécois et au registre fédéral. Selon les informations disponibles, des « communications » ont notamment eu lieu avec le député conservateur de Chicoutimi–Le Fjord, Richard Martel, au cours des derniers mois. Deux autres lobbyistes ont eu des échanges avec des élus conservateurs.

Le Devoir a tenté à plusieurs reprises d’obtenir des précisions sur la position du Parti conservateur par rapport au projet GNL Québec. Toutes les demandes sont demeurées sans réponse. Le NPD et le Bloc québécois ont déjà fait connaître leur opposition formelle au projet.

Le Parti libéral du Canada a pour sa part affirmé, pour la première fois, son opposition au projet. « Il est clair pour nous qu’il ne verra pas le jour. Plusieurs enjeux environnementaux, tant au provincial qu’au fédéral, demeurent préoccupants et le gouvernement du Québec a refusé le projet au terme de son évaluation », a fait valoir un porte-parole du parti, qui s’est dit étonné de la décision de GNL Québec de poursuivre l’évaluation environnementale fédérale.

Le Devoir révélait lundi que les promoteurs du plus gros projet industriel de l’histoire du Québec ont demandé à l’Agence d’évaluation d’impact du Canada de continuer le processus d’examen. Un rapport « préliminaire » doit d’ailleurs être publié au cours des prochaines semaines. Des « conditions » pour la réalisation du projet doivent accompagner ce rapport.

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