Hydro-Québec veut construire un câble sous-marin pour raccorder les îles de la Madeleine

Les îles de la Madeleine sont actuellement alimentées en électricité grâce à une centrale au mazout.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Les îles de la Madeleine sont actuellement alimentées en électricité grâce à une centrale au mazout.

Hydro-Québec souhaite construire un câble sous-marin entre la Gaspésie et les îles de la Madeleine pour raccorder l’archipel à son réseau. Cette solution de « transition énergétique », dont le coût est estimé à plus de 700 millions de dollars, doit permettre de réduire substantiellement la dépendance des Îles à la centrale thermique de Cap-aux-Meules.

Par voie de communiqué, Hydro-Québec a annoncé mardi que « la solution privilégiée » pour alimenter les îles de la Madeleine en électricité sera leur raccordement au moyen de câbles sous-marins de 225 km à partir de Percé, en Gaspésie. Selon la société d’État, 76 % de la population de l’archipel serait favorable à cette option, qui doit permettre de réduire de 95 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’endroit.

Les îles de la Madeleine, un haut lieu touristique du Québec, sont présentement alimentées en électricité par la plus grande centrale thermique à moteur diesel de la province. Selon le plus récent bilan disponible, la centrale de Cap-aux-Meules a généré près 136 000 tonnes de GES en 2019. Une fois que les Îles seront raccordées au réseau d’Hydro-Québec, en 2027, on prévoit que cette centrale sera toujours utilisée, mais uniquement « lors des pointes de consommation hivernale ».

« La transition énergétique aux îles de la Madeleine est une priorité, tant pour la communauté que pour notre gouvernement. La solution privilégiée permettra une réduction majeure de la consommation de combustibles fossiles en donnant accès aux Madelinots à une énergie propre et renouvelable. Elle sera déterminante pour l’atteinte des objectifs de décarbonisation de l’archipel et du Québec tout entier », a fait valoir le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, dans un communiqué publié mardi.

Hydro-Québec n’a pas précisé mardi quel pourrait être le coût total du projet, qui devra aussi faire l’objet d’une évaluation environnementale, notamment pour le passage du câble dans le golfe du Saint-Laurent. « En 2018, nous avions évalué le tout à 700 millions de dollars et le coût du projet sera plus élevé que cette évaluation préliminaire. [Par ailleurs], sur un horizon 40 ans, la solution privilégiée permettra des économies de 300 millions par rapport au statu quo », a précisé Hydro-Québec par courriel.

Dans une déclaration écrite, la société d’État promet également de mettre en œuvre des solutions pour maintenir les emplois qui seront perdus à la centrale thermique. « La réflexion se poursuit sur les différents scénarios qui permettront de maintenir 82 emplois, et ce, en collaboration avec les partenaires locaux. »

À voir en vidéo