Le nombre de catastrophes climatiques a quintuplé en 50 ans

L’ouragan «Ida», qui a frappé la Louisiane, le Mississippi et Cuba la semaine passée, pourrait être la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire, selon le secrétaire général de l’OMM, détrônant «Katrina», qui avait coûté 163,6 milliards de dollars en 2005.
Photo: Yamil Lage Agence France-Presse L’ouragan «Ida», qui a frappé la Louisiane, le Mississippi et Cuba la semaine passée, pourrait être la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire, selon le secrétaire général de l’OMM, détrônant «Katrina», qui avait coûté 163,6 milliards de dollars en 2005.

Le nombre de catastrophes d’origine météorologique, climatique ou hydrologique a bondi au cours des 50 dernières années, faisant de plus en plus de dégâts, mais moins de victimes, ont souligné des agences de l’ONU mercredi.

Selon l’Atlas de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui répertorie le nombre de morts et les pertes économiques dues à ces catastrophes, leur nombre a été multiplié par cinq durant cette période. « Le nombre de phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes continue de progresser. Du fait des changements climatiques, ils deviendront plus fréquents et plus violents dans de nombreuses parties du monde », a affirmé le secrétaire général de l’agence onusienne, Petteri Taalas.

Au total, plus de 11 000 catastrophes attribuées à ces phénomènes ont été signalées au cours de ces cinq dernières décennies dans le monde, faisant un peu plus de deux millions de morts et des dégâts matériels s’élevant à 3640 milliards de dollars américains.

L’ouragan Ida, qui vient de frapper la Louisiane et le Mississippi, est un cas d’école. Selon M. Taalas, ce pourrait être la catastrophe météorologique la plus coûteuse de l’histoire, détrônant Katrina qui avait noyé La Nouvelle-Orléans en 2005 et coûté 163,6 milliards de dollars, et ce, bien qu’il n’ait fait qu’une poignée de morts, selon un bilan encore provisoire.

« Ce qui a fait la différence cette fois-ci », c’est la prévention, a souligné Mami Mizutori, qui dirige le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR), rappelant qu’après Katrina, La Nouvelle-Orléans a investi 14,5 milliards de dollars dans des dispositifs anti-inondation et des digues.

Une catastrophe par jour

En moyenne, une catastrophe d’origine météorologique, climatique ou hydrologique a été enregistrée chaque jour au cours des 50 dernières années, entraînant quotidiennement le décès de 115 personnes et des dégâts se chiffrant à 202 millions de dollars. Plus de 91 % de ces décès sont survenus dans des pays en développement.

Les sécheresses ont été responsables des plus grandes pertes de vies humaines au cours de ces 50 dernières années, faisant quelque 650 000 morts, suivies par les tempêtes (plus de 577 000 morts), les inondations (58 700 morts) et les températures extrêmes (près de 56 000 morts).

Néanmoins, l’amélioration des systèmes d’alerte précoce et de la gestion des catastrophes s’est traduite par une réduction considérable de la mortalité. Le nombre de morts a été ramené de plus de 50 000 par an dans les années 1970 à moins de 20 000 dans les années 2010. « Nous sommes simplement mieux armés que jamais pour épargner des vies », a souligné M. Taalas.

Il reste toutefois encore beaucoup à faire. La moitié seulement des 193 membres de l’OMM disposent de systèmes d’alerte précoce multidangers. L’OMM appelle également à améliorer les réseaux d’observation météorologique et hydrologique en Afrique, dans certaines zones d’Amérique latine et dans les États insulaires du Pacifique et des Caraïbes.

91 %
C’est le pourcentage de décès qui sont survenus dans des pays en développement.

Mme Mizutori s’est également réjouie, dans le communiqué, que de plus en plus de vies soient sauvées grâce aux systèmes d’alerte précoce. Mais, a-t-elle averti, « le nombre de personnes exposées aux risques de catastrophe ne cesse d’augmenter en raison de la croissance démographique dans les zones à risque et en raison de l’intensité plus forte des phénomènes météorologiques et de leur fréquence croissante ».

Quant aux pertes économiques, elles ont bondi, passant de 49 millions de dollars par jour en moyenne dans les années 1970 à 383 millions de dollars par jour de 2010 à 2019. Les tempêtes ont été la cause la plus fréquente de dégâts matériels et elles sont responsables des plus importantes pertes économiques sur la planète, selon l’OMM.

Sept des dix catastrophes les plus coûteuses de ces 50 dernières années se sont produites depuis 2005, dont trois rien qu’en 2017 : les ouragans Harvey (qui a causé pour près de 97 milliards de dollars de dégâts), Maria (près de 70 milliards de dollars) et Irma (près de 60 milliards de dollars).

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