Les changements climatiques causeraient une hausse des inondations en Europe

En Belgique et en Allemagne, en juin, des courants d’eau gonflés par la pluie sont devenus des rivières dangereuses, emportant des maisons, des routes et des ponts et causant des pertes de plusieurs milliards de dollars en dommage.
Photo: Thomas Frey / dpa via Associated Press En Belgique et en Allemagne, en juin, des courants d’eau gonflés par la pluie sont devenus des rivières dangereuses, emportant des maisons, des routes et des ponts et causant des pertes de plusieurs milliards de dollars en dommage.

Les changements climatiques seraient partiellement responsables des pluies extrêmes qui ont causé des inondations dans l’Europe de l’Ouest, le mois dernier, selon une étude.

Au moins 220 personnes sont décédées en Belgique et en Allemagne les 14 et 15 juin derniers lorsque des courants d’eau gonflés par la pluie sont devenus des rivières dangereuses, emportant des maisons, des routes et des ponts et causant des pertes de plusieurs milliards de dollars en dommage.

Une étude publiée jeudi par le groupe World Weather Attribution a été rédigée à partir de simulations à l’ordinateur et d’archives historiques pour examiner comment la température a affecté la pluie depuis la fin du 19e siècle. Bien que l’étude n’ait pas encore été évaluée par des scientifiques indépendants, ses auteurs utilisent des méthodes reconnues pour examiner rapidement des événements météorologiques spécifiques comme des inondations, des sécheresses et des vagues de chaleur.

Selon l’étude, la quantité de pluie qu’une large portion de l’Europe de l’Ouest, qui s’étire des Pays-Bas à la Suisse, peut recevoir en une journée a augmenté de trois pour cent (de 16 à 19 %) pendant la période observée, durant laquelle la température mondiale a monté de 1,2 degré Celsius.

Selon les experts, pour chaque degré Celsius qui s’ajoute au réchauffement climatique, l’air peut absorber sept pour cent plus d’eau. Lorsque cette eau est relâchée, cela crée des pluies diluviennes.

L’étude, conduite par près de 40 chercheurs provenant de six pays européens et des États-Unis, indique que le genre d’averses qui ont causé les inondations du mois dernier est de 1,2 à 9 fois plus plausible de se produire si la planète continue de se réchauffer.

Le coauteur Frank Kreienkamp, du service national météorologique allemand DWD, a affirmé que ces résultats soutenaient les prédictions publiées dans le dernier rapport des Nations unies.

« Les humains changent et réchauffent clairement le climat de la Terre, a-t-il indiqué. Avec ce réchauffement vient aussi une transformation des phénomènes climatiques extrêmes. »

Selon les auteurs, le dommage et les décès qui sont survenus dans ce désastre prouvent à quel point les pays devraient en faire plus pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et pour se préparer à ce genre de catastrophe.

« Ces inondations nous ont prouvé que même les pays développés ne sont pas protégés des impacts sévères des températures extrêmes que nous avons vues, a dit Friederike Otto, directeur associé de l’Institut des changements climatiques de l’Université Oxford.

« C’est un défi international urgent et nous devons agir. La science est claire et l’a été depuis des années. »

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