Ottawa recule sur sa proposition de hausser le taux de glyphosate autorisé dans les récoltes

L’utilisation du glyphosate augmente année après année dans les champs québécois depuis 1992.
Photo: Jean-François Monier Agence France-Presse L’utilisation du glyphosate augmente année après année dans les champs québécois depuis 1992.

Le gouvernement fédéral annule toutes les consultations visant à augmenter la quantité de pesticide autorisée dans les récoltes. Les consommateurs n’auront plus à craindre de trouver davantage de glyphosate dans leur assiette.

Mieux connu sous la marque Roundup, le glyphosate élimine les mauvaises herbes, accélère la moisson et uniformise les rendements. Santé Canada avait publié en mai dernier un avis de consultation afin de hausser — parfois de tripler — la quantité « de résidus susceptibles de rester dans ou sur » les aliments comme le blé, les lentilles, l’avoine ou encore les haricots secs. Cette proposition avait soulevé un tollé, et Santé Canada avait ensuite repoussé la date limite des consultations.

Finalement, dans un communiqué publié mercredi, Santé Canada a annoncé « suspendre » pour un an ce projet d’augmentation des limites maximales de résidus (LMR).

« Par conséquent, aucune augmentation des LMR n’aura lieu avant au moins le printemps 2022 », a indiqué l’agence.

Plusieurs voix se sont élevées contre la proposition initiale du fédéral. Dans son communiqué de mercredi, Ottawa a annoncé qu’il entamera des consultations « au sujet de certaines dispositions de la Loi sur les produits antiparasitaires » afin « d’accroître la transparence et d’équilibrer le processus de demande d’approbation des pesticides au Canada ».

L’industrie agroalimentaire se conforme largement aux seuils actuels de résidus de glyphosate autorisés. Les plus récentes données de Santé Canada indiquent que seulement 0,6 % des échantillons analysés dépassent les normes en vigueur.

Les agriculteurs utilisent le glyphosate depuis des décennies, mais les effets qu’il pourrait avoir sur la santé des consommateurs demeurent flous. Classé en 2015 comme « cancérigène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé, il est interdit en Italie et en Allemagne. Santé Canada a homologué cet herbicide jusqu’en 2032, puisqu’on a jugé qu’il ne présentait « probablement pas de risque pour le cancer humain ».

L’utilisation du glyphosate augmente année après année dans les champs québécois depuis 1992. Les quantités vendues de glyphosate en 2019 (plus de 1878 tonnes) dépassent la moyenne des quatre dernières années (1680 tonnes) et représentent 54 % des ventes totales des herbicides, fongicides et insecticides en milieu agricole.

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