Bayer se prépare à des échecs judiciaires liés au glyphosate

Le rachat en 2018 de l’agrochimiste américain Monsanto, producteur de l’herbicide Roundup accusé d’être cancérogène, a envoyé Bayer dans une salve de procédures judiciaires aux États-Unis.
Photo: Jean-François Monier Agence France-Presse Le rachat en 2018 de l’agrochimiste américain Monsanto, producteur de l’herbicide Roundup accusé d’être cancérogène, a envoyé Bayer dans une salve de procédures judiciaires aux États-Unis.

Le groupe allemand Bayer, propriétaire de Monsanto, a annoncé jeudi qu’il allait enregistrer une provision supplémentaire d’un montant brut de 5,6 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros), pour faire face aux conséquences potentielles de poursuites liées au glyphosate devant la justice américaine.

Pour anticiper une possible décision de justice défavorable, le groupe a indiqué dans un communiqué comptabiliser cette provision d’un montant brut de 5,6 milliards, avant impôts, au deuxième trimestre 2021, reflétant « l’exposition potentielle à long terme de la société ».

Depuis le rachat en 2018 de l’agrochimiste américain Monsanto, producteur de l’herbicide Roundup accusé d’être cancérogène, Bayer affronte une salve de procédures aux États-Unis.

L’annonce intervient après qu’un juge américain a rejeté en mai le plan proposé par Bayer pour tenter de limiter le coût des futures réclamations en recours collectif visant le Roundup.

Dans cette offre, le géant allemand prévoyait de mettre de côté jusqu’à 2,5 milliards pour parer aux poursuites futures, un montant jugé insuffisant par un juge américain.

Selon ce dernier, cet arrangement ne protège pas suffisamment les intérêts des personnes qui ont utilisé le Roundup avant février 2021 et n’ont pas encore été diagnostiquées d’un lymphome non hodgkinien, un cancer du système lymphatique.

Deux scénarios

L’affaire est donc retournée entre les mains de la justice américaine et Bayer explique avoir établi « deux scénarios de base ».

Le premier scénario repose sur l’obtention d’une décision favorable de la Cour suprême des États-Unis, une issue pour laquelle le groupe allemand estime avoir « de bonnes chances » et « des arguments solides ».

Une décision de justice défavorable au groupe supposerait que l’entreprise « active son propre programme de gestion des réclamations », a expliqué le patron Werner Baumann lors d’une conférence téléphonique jeudi.

C’est pour ce cas de figure que la somme de 5,6 milliards a été provisionnée. Une décision finale est attendue en 2022.

« Dans le cas d’une décision négative de la Cour suprême, Bayer mettra en place un programme d’administration des réclamations géré par des professionnels, qui sera assorti de valeurs d’indemnisation prédéterminées » pour indemniser les plaignants s’estimant victimes du Roundup, précise le communiqué.

Le Roundup, à base de glyphosate, est classé « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer, une émanation de l’OMS. Bayer réfute cette caractérisation.

Le groupe allemand a également confirmé son projet de remplacer à partir de 2023 ses produits à base de glyphosate sur le marché américain des pelouses et jardins par de nouvelles formules qui reposent sur des ingrédients actifs différents.

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