Alertes de smog dans plusieurs régions du Québec

Une odeur de fumée flottait dans l’air à Montréal lundi. L’épisode de smog était causé par la fumée des feux de forêt en Ontario et au Manitoba.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une odeur de fumée flottait dans l’air à Montréal lundi. L’épisode de smog était causé par la fumée des feux de forêt en Ontario et au Manitoba.

Plusieurs régions du sud et du centre du Québec sont de nouveau tombées sous une alerte de smog lundi à cause des incendies de forêt qui font rage dans le nord-ouest de l’Ontario et au Manitoba. D’autres épisodes pourraient survenir prochainement et les effets sur la santé inquiètent.

À Montréal, une odeur de fumée flottait dans l’air lundi, causée par la fumée en provenance des provinces voisines et qui peut se déplacer sur plusieurs milliers de kilomètres.

« La poussière fine est transportée dans un panache vers le Québec. Ce sont les courants atmosphériques qui le poussent », explique Simon Legault, météorologue chez Environnement Canada. Il ajoute qu’il s’agit d’un épisode assez bref, mais « que les niveaux atteints sont somme toute assez importants ».

La région montréalaise sera touchée jusqu’à mardi dans la journée. Environnement Canada a également émis des alertes pour plusieurs secteurs qui touchent entre autres Québec, l’Estrie, les Laurentides et Gatineau.

Au total, 131 incendies sont actifs au Manitoba selon le dernier bilan des autorités publié il y a quelques jours. Il y en a 138 sur le territoire de l’Ontario et une dizaine ont été détectés dans la journée de dimanche dans la région du nord-ouest. « Il n’est pas impossible qu’il y ait d’autres retours de panache à la fin de la semaine ou la semaine prochaine », souligne M. Legault.

Des risques pour la santé

Selon Environnement Canada, les concentrations sont un peu plus élevées que ce qui était mesuré lors de l’épisode de smog de la semaine dernière.

À Montréal, l’Indice de qualité de l’air atteignait 118 à l’est et 117 au centre à 15 h, ce qui dépasse largement le seuil acceptable. Selon la Santé publique, le smog irrite les yeux et les voies respiratoires, et aggrave les symptômes des personnes atteintes de maladies cardiaques ou d’asthme.

Maximilien Debia, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, explique que le smog contient des particules « ultra-fines ». « Même si elles ne sont pas visibles, elles ont un impact sur la santé en période de grande contamination », dit-il. Ces particules ont la capacité de pénétrer profondément dans les voies respiratoires et de se déposer. Elles peuvent avoir des impacts cardiovasculaires.

Il pense que les périodes de smog seront « probablement de plus en plus intenses », une situation préoccupante que lui et ses collègues suivent de plus en plus.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Selon Environnement Canada, les concentrations sont un peu plus élevées que ce qui était mesuré lors de l’épisode de smog de la semaine dernière.

En Colombie-Britannique, des experts en santé estiment qu’un changement de mentalité et de nouvelles solutions sont essentiels, puisque l’exposition à la fumée des grands incendies de forêt devient un phénomène courant.

Bien que les effets à long terme sur la santé de l’exposition à la fumée des incendies de forêt n’aient pas encore été étudiés en profondeur, les liens entre les problèmes de santé ou la mort et la pollution de l’air en général offrent des indices, selon la Dre Courtney Howard, médecin urgentiste à Yellowknife.

« AVC, maladie cardiaque, cancer, maladies chroniques ou respiratoires, tout cela est aggravé par la pollution de l’air », estime-t-elle.

« Les mêmes raisons pour lesquelles nous voulons passer rapidement à une économie à faible émission de carbone pour réduire les impacts de la pollution atmosphérique liée aux combustibles fossiles font partie des raisons pour lesquelles nous nous inquiétons de la pollution liée aux incendies de forêt que nous voyons maintenant s’amplifier en raison des changements climatiques. »

Plus de feux de forêt

Dans le nord de l’Ontario, le nombre et l’ampleur des incendies de forêt cette année sont beaucoup plus importants que la moyenne. Il y a eu jusqu’ici 902 incendies de forêt cette année, alors que la moyenne sur 10 ans est de 520. Plus de 520 000 hectares ont été brûlés cette année ; la moyenne est de plus de 153 000 hectares.

Le gouvernement ontarien affirme que ces chiffres élevés sont le résultat de conditions de sécheresse extrême dans la majeure partie du nord de l’Ontario.

Selon Yves Bergeron, professeur d’écologie forestière à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, il est normal qu’il y ait des variations d’année en année lorsqu’il y a des feux de forêt. « Il y a des années où il y en a beaucoup, et d’autres, pas du tout », dit-il.

Mais il s’attend à ce que la superficie brûlée augmente un peu partout au pays à cause des changements climatiques.

« Mes travaux sont dans le nord du Québec, et cela pourrait augmenter au minimum de 25 % en 2100 dans cette région », souligne-t-il.

Le principal impact est la déforestation des forêts, qui ne peuvent plus se régénérer adéquatement si la fréquence est trop élevée.

Avec La Presse canadienne

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