Conférence sur la déforestation - Le Brésil souhaite un «engagement éthique» pour sauver l'Amazonie

Brasilia — La ministre brésilienne de l'Environnement, Marina Silva, a appelé hier, à l'ouverture du colloque international sur l'impact de la déforestation de l'Amazonie sur le réchauffement de la planète et sur la biodiversité, à un «engagement éthique» des décideurs pour sauver l'Amazonie.

«Nous avons des problèmes très graves», a reconnu la ministre en évoquant les incendies volontaires qui, des années 70 à fin 2002, ont détruit au Brésil plus de 630 000 km2 des 3,68 millions de km2 que compte la forêt amazonienne dans ce pays, sur une surface totale de 5,5 millions de km2 répartis entre neuf pays.

D'août 2002 à août 2003, la destruction de la forêt a touché 23 750 km, soit 2,2 % de plus que lors des douze mois précédents.

Avec passion

Pour freiner la dévastation provoquée par l'avancée apparemment irrésistible des zones de culture (soja) et d'élevage, Mme Silva a proposé un «engagement éthique de la société, des investisseurs et du gouvernement».

«Sans engagement éthique, pas d'Amazonie durable», a estimé la ministre, elle-même fille de seringueiro (extracteur de caoutchouc) de l'État amazonien d'Acre (nord-ouest), frontalier de la Bolivie.

«Je parle de manière passionnée parce que je ne peux pas séparer ma condition de citoyenne amazonienne de ma condition de ministre de l'Environnement», a dit Marina Silva.

Quelque 800 scientifiques brésiliens et étrangers vont évaluer jusqu'à demain à Brasilia l'impact de la déforestation de l'Amazonie sur le climat. Près de 600 rapports de recherche ont été préparés pour cette troisième conférence du «projet à grande échelle sur la biosphère et l'atmosphère de l'Amazonie», le plus important programme de recherches environnementales dans les zones tropicales.